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Auteurs canadiens francophones

Gratien Gélinas | Claude Gauvreau | Réjean Ducharme
Michel Tremblay | Normand Chaurette | Michel Marc Bouchard | Jean-Marc Dalpé
Carole Fréchette
| Daniel Danis | Wajdi Mouawad

Pour tous les auteurs francophones du Canada, on consultera avec profit le site du Centre des auteurs dramatiques (CEAD): http://www.cead.qc.ca.

Gratien Gélinas (1909-1999)

© Palmer Harry, Archives nationales du Canada
Gratien Gélinas vers la fin de sa vie, en 1991.

Considéré comme le père de la dramaturgie québécoise, Gratien Gélinas fait ses débuts comme comédien, puis comme monologuiste à la radio où, pour la première fois en 1937, il donne voix à son personnage de Fridolin. Cet adolescent faussement naïf, qui commente avec humour les mœurs de son temps, passe ensuite à la scène dans des revues appelées les Fridolinades.

En 1948, la création de la pièce Ti-Coq reste un moment-phare de l'histoire du théâtre québécois. Ce texte dramatique est l’un des premiers à intégrer l’oralité du langage populaire, tout en mettant en scène des êtres du quotidien, touchés et bouleversés par les grands enjeux sociaux et politiques de l'époque. Enfant bâtard, Ti-Coq devient la figure-type du Canadien-français aux prises avec un sentiment identitaire déterminé par l’infériorité et l’illégitimité. En 1959, Gélinas crée sa comédie Bousille et les justes, une critique acerbe des comportements familiaux et religieux du Québec traditionnel, qui annonce la révolution tranquille.

Auteur, acteur, metteur en scène, fondateur et directeur du Théâtre la Comédie Canadienne, Gratien Gélinas fut un homme de théâtre à part entière. Il a également œuvré dans des organismes culturels d’importance comme la SDDIC – Société de Développement de l’Industrie du Cinéma, aujourd’hui Téléfilm Canada.

© Archives Nationales du Canada, photo de Basil Zarov
Hélène Loiselle, Juliette Huot, Gratien Gélinas et Paul Berval dans la version anglaise de Bousille et les justes de Gratien Gélinas à la Comédie Canadienne en 1961.

Titre : Bousille et les justes – Auteur : Gratien Gélinas – Production : Comédie Canadienne, 1959 ; version anglaise en 1961 – Mise en scène : Gratien Gélinas et Jean Doat – Décor : Jacques Pelletier – Costumes : Solange Legendre.

 

Par Gratien Gélinas :

  • Les Fridolinades [1938-1946], 4 vol., Éditions Quinze et Leméac.
  • Ti-Coq [1948], Éditions Quinze.
  • Bousille et les justes [1959], Éditions Quinze.
  • Hier les enfants dansaient [1966], Éditions Quinze.

Sur Gratien Gélinas :

  • Gratien, Ti-Coq, Bousille et les autres par Gratien Gélinas et Victor-Lévy Beaulieu, Stanké.
  • La ferveur et le doute, 2 vol. par Anne-Marie Sicotte, Québec/Amérique ; version courte disponible.
  • Prenez place! Gratien Gélinas (site Web par les Archives nationales du Canada) : http://www.archives.ca/05/0519_f.html

Avec Gratien Gélinas à l’ONF :

  • Fridolinons (1945) de Roger Blais, 34 min.

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Claude Gauvreau (1925-1971)

© Kèro
Claude Gauvreau

Claude Gauvreau se présentait souvent comme un poète révolutionnaire, et la place unique qu'il occupe dans le champ littéraire québécois le confirme. Inspiré de l'écriture automatique des surréalistes, il a inventé un langage poétique, l'exploréen, qui se caractérise par l'utilisation flamboyante de mots inventés et de collages verbaux. Ses pièces, dont Les oranges sont vertes et La Charge de l'orignal épormyable, exaltent le sentiment artistique face aux forces de l’obscurantisme et de l’ordre social. La grande résistance d'un certain public à l'œuvre novatrice de Gauvreau et une vie avec des moments de dépression ponctués d'épisodes d'internement psychiatrique ont contribué à coller à cet auteur l'étiquette de poète maudit, figure qui revient souvent dans son théâtre.

Trois personnes ont marqué sa vie et son écriture : son frère, le peintre Pierre Gauvreau qui l'initie à l'art moderne, sa muse, l’actrice Muriel Guilbeault, dont le suicide le laissera à jamais inconsolable, et Paul-Émile Borduas, artiste automatiste dont il appuie par sa signature le manifeste du Refus Global, en 1948. Gauvreau s'enlève la vie en 1971, laissant derrière lui une oeuvre poétique, radiophonique et dramatique considérable qui reste encore à découvrir.

© André Le Coz
Robert Lalonde, Robert Gravel et Michelle Rossignol lors de la création de Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau, TNM, 1971.

Titre : Les oranges sont vertes

Auteur : Claude Gauvreau

Production : Théâtre du Nouveau Monde, saison 1971-1972

Mise en scène : Jean-Pierre Ronfard

Scénographie et éclairages : Jean-Paul Mousseau

Costumes : Lydia Randolph.

 

De Gauvreau :

  • Les Entrailles [1944-1946] dans Oeuvres créatrices complètes, Parti Pris.
  • Le Vampire et la Nymphomane [1949] dans Oeuvres créatrices complètes, Parti Pris.
  • La Charge de l'orignal épormyable [1956] dans Oeuvres créatrices complètes, Parti Pris.
  • La Reprise [1958-1967] dans Oeuvres créatrices complètes, Parti Pris.
  • Les oranges sont vertes [1958-1970], l'Hexagone.

Extrait vidéo de Gauvreau (real audio) :

Avec Claude Gauvreau à l'ONF :

  • Nuit de la poésie, 27 mars 1970 (1971), Jean-Claude Labrecque et J.-P. Masse, 112 min.
  • Claude Gauvreau (1977), Jean-Claude Labrecque, 10 min.
  • Claude Gauvreau – Poète (1974), Jean-Claude Labrecque, 56 min.

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Michel Tremblay (1942)

© Monic Richard
Michel Tremblay

Plus de vingt-six pièces traduites en vingt-six langues font de Michel Tremblay l'auteur le plus reconnu et le plus traduit du Québec. Originaire du Plateau Mont-Royal, quartier montréalais anciennement pauvre et ouvrier, il y situe beaucoup de ses drames dont Les Belles-Soeurs qui fit scandale dès sa première représentation en 1968. Le langage des quinze ménagères de la pièce, le joual (parler populaire québécois), provoqua chez les spectateurs un effet miroir qui s’est en fait révélé comme une formidable prise de parole libératrice.

L’œuvre de Tremblay est peuplée de personnages qui reviennent d’une pièce à l’autre, avec pour seul bagage leur quête désespérée du bonheur, compromise par un univers social étouffant et aliénant. Le dramaturge place ce « monde ordinaire » dans des formes dramatiques singulières, utilisant le chœur antique – Les Belles-Soeurs –, le montage parallèle – À toi, pour toujours ta Marie-Lou – ou la multiplication d’un même personnage à des âges différents – Albertine, en cinq temps. Son parcours artistique est lié à celui d'André Brassard, metteur en scène privilégié de son théâtre.

Écrivain prolifique, Tremblay produit toujours romans, pièces, scénarios de films et de télé-séries, attendus par des milliers de lecteurs et de spectateurs.

© Robert Etcheverry
Nicole Leblanc, Denise Filiatrault, Sylvie Drapeau, Louise Laprade, Henri Chassé et Guy Provost dans Bonjour, là, bonjour de Michel Tremblay, TNM, 1987.

Titre : Bonjour, là, bonjour

Auteur : Michel Tremblay - Production : Théâtre du Nouveau Monde, saison 1987-1988

Mise en scène : René Richard Cyr

Costumes : Suzanne Harel – Scénographie : Danièle Lévesque

Éclairages : Michel Beaulieu

Musique : Michel Smith

Accessoires : Richard Lacroix.

 

Sur Michel Tremblay :

De Michel Tremblay :

  • Les Belles-Soeurs [1968], Leméac.
  • À toi, pour toujours, ta Marie-Lou [1970], Leméac.
  • Sainte Carmen de la main [1975], Leméac.
  • Albertine en cinq temps [1983], Leméac.
  • Encore une fois, si vous permettez [1983], Leméac.

À l’ONF :

  • Les trois Montréal de Michel Tremblay ou Promenade dans l’imaginaire d’un écrivain (1989), Michel Moreau, 58 min.
  • Françoise Durocher, waitress (1972), André Brassard et Michel Tremblay, 29 min.
  • Un miroir sur la scène (1999), Jean-Claude Coulbois, documentaire en deux parties.

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Réjean Ducharme (1943)

© D.R.
Réjean Ducharme

Tout le monde connaît Réjean Ducharme, mais personne ne l'a jamais vu. Cet auteur prodige publia son premier roman chez Gallimard à vingt-quatre ans. Il vit depuis toujours dans l'anonymat et refuse systématiquement toutes les entrevues qu’on lui propose. Pourtant, son théâtre et ses romans nous plongent dans un univers si intime et si singulier qu'on croit parfois entendre sa voix inconnue. La langue de Ducharme frappe l’imagination avec ses jeux de mots et un brillant amalgame de joual et de français poétique. Marquée par les thématiques de l'enfance et de la solitude, son oeuvre exprime la difficulté de vivre avec l'autre. On y retrouve souvent des personnages d'adolescents attardés ou de grands enfants qui s'isolent de la société de consommation et refusent le monde des adultes en chassant l'angoisse par les fous rires. En faire Le Cid maghané Ducharme s'est mesuré au répertoire pour le tourner en dérision en trafiquant la langue classique du Cid de Corneille. Ses deux pièces les plus marquantes, Ha ha!... et Ines Péré et Inat Tendu, reprennent les grands thèmes de son oeuvre et portent à la scène des personnages tissés d'un rare mélange de violence destructrice et d'innocence tyrannique.

© Yves Renaud
Martin Drainville et Pascale Montpetit dans Ines Pérée et Inat Tendu de Réjean Ducharme, TNM, 1991.

Titre : Ines Pérée et Inat Tendu

Auteur : Réjean Ducharme

Production : Théâtre du Nouveau Monde, 1991

Mise en scène : Lorraine Pintal

Costumes : François Laplante

Éclairages : Michel Beaulieu

Scénographie : Danièle Lévesque

Accessoires : Jean-Marie Guay

Musique : Philippe Ménard.

 

De Ducharme :

  • Le Cid maghané [1968], non publié, disponible au CEAD.
  • Ines Pérée et Inat Tendu [1968, 1975], Leméac.
  • Ha ha!..., [1978], Gallimard, aussi aux éditions Lacombe.

Scénario et dialogues de Réjean Ducharme à l’ONF :

  • Les Beaux Souvenirs (1981), Francis Mankiewicz, 113 min.

Scénario et dialogues de Réjean Ducharme au cinéma de répertoire :

  • Les Bons Débarras (1980), Francis Mankiewicz, 120 min.

Sur Ducharme, un excellent documentaire :

  • La vie a du charme (1992), Jean-Philippe Duval, 53 min.

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Carole Fréchette (1949)

© Rolline Laporte
Carole Fréchette

Carole Fréchette compte parmi les dramaturges québécois les plus joués en France. Après un diplôme en interprétation à l'École nationale de théâtre, Carole Fréchette fait ses armes comme actrice et auteure dans le collectif féministe le Théâtre des Cuisines. En 1988, elle écrit seule Baby blues puis, en 1991, Les quatre morts de Marie. Cette pièce raconte les quatre grandes étapes de la vie du personnage principal, de l'enfance à l'âge adulte ; chaque étape, comme une petite mort, révèle à Marie sa propre solitude. Dans un style direct, cette auteure de l'intime traite de sujets comme la peur de la mort, la difficulté de trouver sa place dans le monde ou la fuite du temps et ce, avec un certain sens de la dérision auquel elle ajoute une touche de poésie. Souvent ses pièces ont comme toile de fond des problématiques sociales ou politiques comme le chômage – Les sept jours de Simon Labrosse –, la condition féminine ou l’indifférence de l’occident face au reste de la planète, comme Le Collier d’Hélène dont les nombreuses productions de par le monde confirment la pertinence de cette auteure. En 2001, l’actrice française Romane Bohringer a mis en scène la pièce Les Sept jours de Simon Labrosse qui a été jouée deux cents fois.

© Josée Lambert
Suzanne Lemoyne dans Les Quatre Morts de Marie de Carole Fréchette, productions Branle-Bas, 1998.

Titre : Les Quatre Morts de Marie

Auteur : Carole Fréchette - Productions Branle-Bas, 1998

Mise en scène : Martin Faucher

Scénographie : Linda Brunelle

Éclairages : Sonoyo Nishikawa

Costumes : Marc Senécal

Musique : Michel F. Côté et Luc Bonin.

 

De Carole Fréchette :

  • Les quatre morts de Marie [1991], Actes Sud - Papiers.
  • Les sept jours de Simon Labrosse [1995], Actes Sud - Papiers.
  • Le collier d'Hélène [2000], dans Écrits nomades, #2, Lansman.
  • Violette sur la terre [2001], Actes Sud - Papiers.
  • Jean et Béatrice [2002], Actes Sud - Papiers.

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Normand Chaurette (1954)

© Josée Lambert
Jean-Louis Millette, Andrée Lachapelle, Julie McClemens, Marc Béland dans Le Passage de l'Indiana de Normand Chaurette, Théâtre Ubu et CNA, 1996.

Titre : Le Passage de l'Indiana

Auteur : Normand Chaurette

Coproduction : Théâtre Ubu et Centre National des Arts ; création au Festival d'Avignon, 1996

Mise en scène : Denis Marleau

Scénographie : Michel Goulet

Costumes : Lyse Bédard

Éclairages : Guy Simard

Musique : Denis Gougeon.

Normand Chaurette jouit d'une reconnaissance internationale considérable et deux de ses pièces ont été présentées au Festival d'Avignon par le Théâtre UBU, dirigé par Denis Marleau. Important dramaturge, romancier et traducteur québécois, il se démarque au début des années quatre-vingts avec la production de Rêve d’une nuit d’hôpital et la publication de Provincetown playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans.

Fréquenter l'œuvre théâtrale de Chaurette permet de rencontrer une langue poétique, rigoureuse, et musicale. Ainsi la pièce Le Petit Köchel, est construite à la manière d'une cantate à quatre voix tout comme on retrouve un quatuor de personnages dans Le Passage de l’Indiana. L'auteur privilégie des formes dramatiques éclatées avec un caractère littéraire et fragmenté qui rendent parfois ses textes difficiles à interpréter. On retrouve dans ses pièces les thèmes de la monstruosité, de l'enfance, de la mort et du temps.

Normand Chaurette a traduit Shakespeare dont il s'approprie férocement la langue pour en restituer l'âme farouche. Et comme la traduction et la création se confondent parfois, une traduction inachevée de Richard III a inspiré à cet auteur l'un de ses plus beaux textes, Les Reines, où six aspirantes à la royauté hantent les couloirs d'un château londonien en quête de pouvoir et de légitimité.

De Chaurette :

  • Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans [1978], Leméac.
  • Fragments d'une lettre d'adieu lus par des géologues [1986], Actes Sud - Papiers.
  • Les Reines [1991], Actes Sud - Papier.
  • Le Passage de l'Indiana [1996], Actes Sud - Papiers.
  • Le Petit Köchel [2000], Actes Sud - Papiers.

Sur Chaurette :

  • La Société de Normand Chaurette, publication du Théâtre Ubu dirigée par Jean-Michel Sivry.

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Jean-Marc Dalpé (1957)

© Suzanne Langevin
Jean-Marc Dalpé

Les pièces « coup de poing » de Jean-Marc Dalpé colorent à grands traits rouges le paysage littéraire franco-canadien. Originaire d'Ottawa, cet acteur, poète, romancier et dramaturge a reçu deux fois le prix du Gouverneur Général du Canada. En 1979, après l'Université d’Ottawa et le Conservatoire de Québec en interprétation, Dalpé participe à la fondation du Théâtre de la Vieille 17 à Ottawa. Dans différentes villes et en région, il présente avec cette troupe des créations collectives de même que ses propres textes. Il a également collaboré régulièrement avec le Théâtre du Nouvel Ontario. Orateur éloquent, il participe à des soirées de contes ou de poésie et joue souvent dans ses spectacles. Son théâtre, aux engrenages dramatiques implacables et à la langue d’une éblouissante rigueur rythmique, allie le suspense et la tragédie du quotidien pour raconter, dans un style cru et direct, la réalité de gens issus des milieux populaires. Que ce soit chez les petits pégreux de Trick or treat ou dans Le Chien, où Jay tente en vain de se réconcilier avec un père alcoolique et violent, les pièces de Dalpé font apparaître les blessures profondes de chaque être ainsi que les mécanismes sociaux qui les ont engendrées.

© Yves Renaud
Maxime Denommée, Pierre Curzi et David Boutin dans Trick or treat de Jean-Marc Dalpé, Théâtre de la Manufacture, 1999.

Titre : Trick or treat

Auteur : Jean-Marc Dalpé

Production : Théâtre de la Manufacture, 1999

Mise en scène : Fernand Rainville

Assistance à la mise en scène : Allain Roy

Décor : Réal Benoît

Costumes : Mireille Vachon

Éclairages : Martin Labrecque

Musique originale : Larsen Lupin.

 

De Jean-Marc Dalpé :

  • Le Chien [1988], Éditions Prise de Parole.
  • Il n'y a que l'amour, Éditions Prise de Parole, Recueil qui comprend les pièces Blazing Bee to win, Give the lady a break, La Cinq, Un épisode de télé, L'âme est une fiction nécessaire, Je lui dis, Mercy.
  • Ed-dy [1993], Boréal.
  • Lucky Lady [1994], Boréal.
  • Trick or Treat [1997], Éditions Prise de Parole.

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Michel Marc Bouchard (1957)

© Yves Médam
Michel Marc Bouchard

Michel Marc Bouchard a donné au théâtre plus d'une vingtaine de textes dont plusieurs occupent une place de choix dans la dramaturgie québécoise. La longévité de la pièce jeune public L'Histoire de l'oie ou le succès mondial de ses Feluettes témoignent du rayonnement international dont jouit son oeuvre, traduite dans une dizaine de langues.

Né au Lac Saint-Jean, il complète en 1980 un baccalauréat en théâtre à l'université d'Ottawa. Marqué par ses origines rurales, Michel Marc Bouchard dépeint un certain « Québec profond » partagé entre les valeurs traditionnelles et celles de la modernité. Ainsi, Roberval – pour Les Feluettes – ou Saint-Ludger de Milot – pour Les Muses orphelines – deviennent le cadre et les témoins silencieux de drames ordinaires rendus universels par leur résonance mythologique. La figure du marginal, dont la volonté d'émancipation se voit brimée par les structures familiales et religieuses, est récurrente chez cet auteur et engendre des questions sur la quête d'identité, l'homosexualité, le conformisme et l'altérité. Bouchard écrit pour le théâtre d'été des comédies qu’il considère comme des exercices de style et à travers lesquelles il remet en question les comportements amoureux.

© Robert Laliberté
Jean-François Blanchard et Denis Roy dans Les Feluettes de Michel Marc Bouchard, CNA et Théâtre PàP, 1987.

Titre : Les Feluettes

Auteur : Michel Marc Bouchard

Coproduction : Théâtre Français du CNA et Théâtre Petit à Petit, 1987

Mise en scène : André Brassard

Scénographie : Richard Lacroix

Costumes : Marc-André Coulombe

Éclairages : Claude Accolas.

 

Site Web : www.michelmarcbouchard.com

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Daniel Danis (1962)

© Paul Cimon
Daniel Danis

Originaire du Saguenay, Daniel Danis est joué au Canada, en Europe, et tout spécialement en France. Qualifié de théâtre de la mémoire, l'œuvre de cet auteur élève le banal au niveau de l'universel au moyen d'une langue originale, à la fois quotidienne et poétique ; souvent, comme dans Celle-là et Cendres de cailloux, des récits qui intègrent des actions remplacent les dialogues traditionnels. Habités par le chaos et par le souvenir d'un évènement tragique, ses personnages cherchent à se réconcilier avec un monde contemporain en perte de repères symboliques. Imprégnée des odeurs de la nature, de la pierre humide, de la boue et de la chair, l'écriture de Danis, qui pratique également la sculpture, prend place dans de vastes espaces – Le Langue-à-langue des chiens de roche  ou dans l’enfermement d’un huis-clos – Celle-là. En 1996, il écrit sa première oeuvre jeune public, Le Pont de pierre et la peau d'images. Sa pièce e est créée à Paris en 2005 dans une mise en scène d'Alain Françon.

© LaRoche Lab Solution
Marco Poulin et Nathalie Poiré dans Cendres de cailloux de Daniel Danis, Théâtre Blanc, 1994.

Titre : Cendres de cailloux

Auteur : Daniel Danis

Production : Théâtre Blanc, saison 1994-1995

Mise en scène : Gil Champagne

Scénographie et éclairages : Jean Hazel

Costumes et accessoires : Lucie Larose

Musique originale : Marc Vallée.

 

Site web :

 

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Wajdi Mouawad (1968 - ...)

© Maryse Warda

Wajdi Mouawad s’est joint au Centre national des Arts en septembre 2007.

Au cours des quinze dernières années, Wajdi Mouawad s’est imposé au Canada comme en Europe par la vigueur de sa parole et la singulière netteté de son esthétique théâtrale. Il s’est acquis une réputation internationale grâce à un théâtre mu par une très puissante quête humaniste, théâtre qui met de l’avant l’acteur comme porte-parole au sens fort de ce terme. Sa démarche va toujours dans le sens d’une prise de parole qui installe une tension entre la nécessité de la résistance individuelle et le non moins nécessaire renoncement à l’emprise du moi. À ce propos, il aime citer Kafka : « Dans le combat entre toi et le monde, seconde le monde. » Né au Liban en 1968, Wajdi Mouawad fuit la guerre avec sa famille qui s’installe à Montréal après un passage de quelques années à Paris. En 1991, après ses études en interprétation à l’École nationale de théâtre du Canada, il entreprend une quadruple carrière de comédien, d’auteur, de metteur en scène et de directeur artistique. Que ce soit à travers ses pièces (une quinzaine de textes dont Journée de noces chez les Cromagnons, Littoral, Rêves, Incendies et Forêts), ses adaptations (dont Voyage au bout de la nuit d’après Céline et Don Quichotte d’après Cervantès) ou ses mises en scène (mentionnons Macbeth avec le Théâtre Ô Parleur, qu’il a fondé avec Isabelle Leblanc, Les Troyennes et Les Trois Sœurs au Théâtre du Trident, Œdipe roi au Théâtre Denise-Pelletier, Reading Hebron avec le Théâtre Teesri Dunyia, Trainspotting et Six personnages en quête d’auteur au Théâtre de Quat’Sous), Wajdi Mouawad exprime l’idée que « l’art est un témoignage de l’existence humaine à travers le prisme de la beauté ».

De 2000 à 2004, on a confié à Wajdi Mouawad la direction du Théâtre de Quat’Sous, à Montréal; il y a précisé sa volonté de faire en sorte que l’art dramatique prenne sa place comme voix dans la Cité, une voix qui ne capitule pas devant la pensée unique, une voix soucieuse du devoir de mémoire, une voix qui cherche le sens du présent. Et en 2005, il fonde deux compagnies de création qui se répondent de part et d’autre de l’Atlantique : Abé carré cé carré, à Montréal (qu’il codirige avec Emmanuel Schwartz), et Au carré de l’hypoténuse, à Paris.

Wajdi Mouawad a aussi réalisé un long métrage, Littoral, d’après sa pièce de théâtre du même titre. Il est également l’auteur d’un roman, Visage retrouvé. Il a publié sous le titre « Je suis le méchant! » une série d’entretiens de fond avec le metteur en scène André Brassard (qui de 1982 à 1989 a été directeur artistique du Théâtre français du CNA) et a lui-même fait l’objet d’un livre d’entretiens réalisés par le sociologue Jean-François Côté : Architecture d’un marcheur. Entretiens avec Wajdi Mouawad.

En janvier 2002, le gouvernement français a décerné à Wajdi Mouawad le titre de chevalier de l’Ordre National des Arts et des Lettres pour l’ensemble de son œuvre. Wajdi Mouawad a reçu plusieurs prix pour ses textes, ses productions et ses mises en scène, notamment le Prix littéraire du Gouverneur général du Canada dans la catégorie Théâtre pour Littoral en 2000 et le prix de la Francophonie en 2004 pour l’ensemble de son œuvre, décerné par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). En mai 2005, il a refusé le Molière du meilleur auteur francophone afin de protester contre l’indifférence des directeurs de théâtre à l’égard des auteurs vivants. L’organisme québécois Les Artistes pour la paix l’a honoré en le proclamant « Artiste de la paix de l’année 2006 ». Source : Centre national des Arts du Canada

© Pascal Sanchez
Steve Laplante, Claude Despins, Isabelle Leblanc, Miro et Manon Brunelle lors de la création de Littoral de Wajdi Mouawad, Théâtre Ô Parleur et FTA, 1997.

Titre : Littoral

Auteur et metteur en scène : Wajdi Mouawad

Production : Théâtre Ô Parleur et Festival de Théâtre des Amériques, 1997

Costumes et scénographie : Michelle Laliberté et Charlotte Rouleau

Éclairages : Michel Beaulieu

Musique originale : Mathieu Farhoud-Dionne.

 

Site web :

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D’autres auteurs qui pourraient s’ajouter à ceux que nous vous avons présentés :

Marcel Dubé, Françoise Loranger, Yves Sauvageau, Suzanne Lebeau, Louis-Dominique Lavigne, Herménégilde Chiasson, René-Daniel Dubois, Larry Tremblay, Lise Vaillancourt, Yvan Bienvenue, Serge Boucher, François Archambault, Évelyne de la Chenelière, Jean-Rock Gaudreault, Emma Haché.