Ce site sera beaucoup plus agréable à explorer avec un navigateur qui correspond aux standards du Web, mais il est accessible à tout navigateur ou autre logiciel de navigation sur Internet.

 

Les grands comédiens de l'histoire

Isabella Andreini | Richard Burbage | La Champmeslé | David Garrick | Edmund Kean |
Sarah Bernhardt | Eleonora Duse | Mei Lanfang | Emil Jannings | Helene Weigel |
Laurence Olivier | Gérard Philipe |

Isabella Andreini (1562-1604)

Isabella Andreini, gravure de 1588, lorsque la comédienne avait vingt-six ans.

Considérée comme la plus célèbre actrice de commedia dell'arte, Isabella Andreini a donné son nom au personnage d'Isabella, la grande amoureuse. Née Isabella Canali, cette italienne fait partie de la troupe des Gelosi quand elle rencontre Francesco Andreini dont elle devient l'épouse alors qu'elle avait seize ans. En 1603, elle est la première femme à se produire sur une scène en France, à la cour du roi Henri IV. À l'époque, les femmes étaient interdites de scène dans plusieurs pays. Reconnue aussi comme poétesse, ses poèmes et une partie de sa correspondance ont été publiés après sa mort. Isabella Andreini apporta une dimension plus étoffée aux rôles dits de prima donna innamorata – première amoureuse – qu'elle a interprétés. Son talent et sa beauté s'ajoutaient à sa culture et elle a révolutionné la scène italienne en mettant en valeur ses capacités exceptionnelles, particulièrement lors de La Pazzia d'Isabella (La Maladie d'Isabelle), pièce où elle interprétait une jeune femme qui parlait plusieurs langues. Décédée alors qu'elle accouchait de son huitième enfant à l'âge de quarante-deux ans, sa grande renommée lui valut des funérailles honorifiques à Lyon et on trouve son effigie sur une pièce de monnaie frappée en son honneur en 1604.

haut de la page

Richard Burbage (1568-1619)

Richard Burbage, autoportrait, vers 1600.

 

Acteur tragique fameux à son époque, ami et interprète de Shakespeare, Richard Burbage excellait comme tragédien ; il a créé les rôles d'Othello, Richard III, Hamlet, Macbeth et celui du roi Lear. Plusieurs Burbage de la même famille ont marqué le théâtre en Angleterre, comme administrateurs ou artistes. Fils de James Burbage, acteur et constructeur du premier théâtre de type élisabéthain, Richard débuta très jeune dans l'établissement de son père. À vingt ans, il possédait déjà une solide réputation et par la suite, il devint l'acteur anglais le plus populaire de son temps. Il a joué des personnages importants comme celui de Ferdinand dans La Duchesse d'Amalfi (vers 1613) de John Webster, celui de Volpone dans Volpone ou le renard (1606) de Ben Jonson ou celui de Hiéronimo dans La Tragédie espagnole (1587) de Thomas Kyd. Avec son frère Cuthbert, il fait démolir une salle familiale dont il utilise les matériaux pour construire le plus beau théâtre de Londres : le Globe. Dès 1603, la troupe du roi – King's men – se produit au Globe et y connaît de grands triomphes. Considérée comme la meilleure compagnie de Londres, cette troupe compte différents partenaires et sociétaires dont Shakespeare et Richard Burbage, qui en était l'acteur vedette.

haut de la page

La Champmeslé (1641-1698)

La Champmeslé : ce portrait anonyme a été peint du vivant de la comédienne.

Originaire de Rouen, en France, Marie Desmares débute dans une troupe de campagne et la beauté de sa voix harmonieuse lui vaut rapidement les faveurs du public. Jeune veuve, elle y fait la connaissance de Charles Chevillet, acteur connu comme Monsieur de Champmeslé. Elle l'épouse et prend son nom. À cette époque, l'église refusait l'enterrement religieux aux comédiens et ces derniers adoptaient souvent des pseudonymes. La Champmeslé doit sa célébrité aux qualités mélodieuses de sa voix quand elle récitait ses vers. La déclamation théâtrale obéissait à des règles rigoureuses et, avec sa diction chantée, la Champmeslé excellait dans son art. Avec son mari, elle se joint à la troupe des Comédiens du Roi en 1668 et se produit au théâtre du Marais, à Paris. Elle triomphe ensuite à l'Hôtel de Bourgogne où elle incarne les grandes héroïnes de Jean Racine, un de ses amis intimes ; elle crée les rôles-titres de Bérénice (1670), Iphigénie (1674), Phèdre (1677), ainsi que celui de Monime dans Mithridate (1673). Contemporaine de Molière, la Champmeslé compte parmi les premiers sociétaires de la Comédie-Française, où elle joue jusqu'à sa mort. Jean de La Fontaine écrivit des vers pour cette tragédienne à la voix enchanteresse et dont il fait l'éloge dans son poème Belphégor.

Sur la Champmeslé :

  • Un livre rare : La Champmeslé d'Émile Mas, F. Alcan (1932).
  • Dédicace de « Belphégor » (1682), conte en vers, tiré de la de la cinquième partie des Contes et nouvelles de Jean de La Fontaine.
  • Poème « Belphégor » sur internet : http://www.lafontaine.net/fables/12belphegor.php

haut de la page

David Garrick (1717-1779)

© Shakespeare Birthplace Trust - Gravure de Oakheart
Gravure de Oakheart montrant David Garrick jouant Richard III, vers 1745.

Acteur anglais célèbre pour la vérité et le naturel de son jeu, David Garrick a aussi dirigé un des plus fameux théâtres de Londres au dix-huitième siècle : le Drury Lane. Né à Hereford, il arrive à Londres en 1737. Il débute comme acteur professionnel après avoir étudié en droit et exercé le métier de marchand de vin. En 1741, il triomphe dans le rôle-titre de Richard III de Shakespeare et par la suite travaille régulièrement dans les trois grands théâtres irlandais et anglais de l'époque : le Smock Alley Theatre de Dublin, le Covent Garden de Londres ainsi que le Drury Lane qu'il dirige de 1747 à 1776. Auteur de quelques comédies, cet homme de théâtre effectue des réformes scéniques majeures : il augmente l'éclairage du plateau et interdit aux spectateurs de s'asseoir sur la scène – pratique courante à l'époque –, mais double leurs places dans la salle. Garrick joua la plupart des grands rôles de Shakespeare, dont il a produit vingt-quatre pièces, faisant en sorte que cet auteur atteigne l'envergure qu'on lui connaît. Acteur au tempérament puissant, il se surpassait autant dans la tragédie que dans la comédie. Sa gestuelle tragique s'inspirait des attitudes, des gestes et des expressions du visage de ses contemporains, ce qui renouvelait le travail de l'acteur, alors basé sur la déclamation traditionnelle.

haut de la page

Edmund Kean (1787-1833)

© Shakespeare Birthplace Trust
Edmund Kean jouant Richard III, vers 1820.

Figure emblématique du mouvement romantique anglais, l'acteur britannique Edmund Kean excellait dans les rôles sombres et il a marqué son époque par ses interprétations de Iago dans Othello et du rôle-titre de Richard III de Shakespeare. Enfant illégitime d'acteurs, adopté et éduqué par une amie de sa mère et un frère de son père, Kean fréquente les scènes dès son enfance et sa jeunesse tumultueuse a certainement contribué à en faire le génie rebelle qu'il est devenu. Il connaît son premier succès dans Le Marchand de Venise de Shakespeare en remplaçant de pied levé un collègue qui jouait Shylock. L'intensité de son jeu et le réalisme tragique dans la composition de ses personnages lui ont permis de révolutionner son art en mettant au rancart la déclamation emphatique de mise au début du dix-neuvième siècle. Acclamé par les nobles qui admiraient l'acteur tout en reprochant à l'homme son aversion pour les convenances, sa vivacité d'esprit et son panache l'ont rendu populaire autant que son talent sur les planches. Il a inspiré Alexandre Dumas qui a écrit une pièce montrant, sur fond d'intrigue amoureuse, un Kean cynique qui garde son masque d'acteur même en dehors de la scène. Après des tournées en France, en Italie et aux États-Unis, il meurt après avoir joué le rôle d'Othello tandis que son fils jouait Iago.

Sur Edmund Kean

  • Kean, pièces en cinq actes d'Alexandre Dumas, dans Drames Romantiques d'Alexandre Dumas et Claude Aziza, Omnibus. (Jean-Paul Sartre a réécrit cette pièce dont une version est disponible dans la collection « Folio » de Gallimard.)

haut de la page

Sarah Bernhardt (1844-1923)

© Gallica-BNF
Sarah Bernhardt dans le rôle-titre de L'Aiglon d'Edmond Rostand, Théâtre Sarah-Bernhardt, 1900.

Adulée pour sa voix d'or, ses interprétations magistrales, ses somptueux costumes et les excentricités de sa vie privée, la « divine Sarah » a connu de son vivant une célébrité qui persiste encore aujourd'hui. À dix-sept ans, Henriette Rosine Bernard a le théâtre dans le sang et entre au Conservatoire de Paris. Engagée à la Comédie-Française dès sa sortie, elle y reste un an. Cette actrice française prend le pseudonyme de Sarah Bernhardt et connaît le succès en 1869 dans la pièce Le Passant de François Coppée. Tragédienne de talent, elle triomphe dans Phèdre de Racine – qu'elle reprend fréquemment de 1874 à 1914 –, Ruy Blas (1879) de Victor Hugo et La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils. Audacieuse, elle interprète les rôles-titres de Hamlet (1899) de Shakespeare, Lorenzaccio (1896) d'Alfred de Musset, pièce jugée injouable qu'elle sort de l'oubli, et crée L'Aiglon (1900) d'Edmond Rostand à l'âge de cinquante-six ans. Applaudie et idolâtrée en France, en Amérique, en Europe centrale et en Russie, elle mène un grand train de vie et marque l'imagination de ses contemporains. Amputée d'une jambe à soixante-dix ans, elle continue à jouer assise. Même ses funérailles furent théâtrales : 600,000 personnes saluèrent les cinq chars couverts de camélias blancs qui conduisirent sa dépouille au cimetière du Père-Lachaise.

© Shakespeare Birthplace Trust - London Adelphi theater
Sarah Bernhardt jouant Hamlet, 1899.

 

De Sarah Bernhardt :

  • Ma double vie, Phébus.
  • L'art du théâtre : la voix – le geste – la prononciation, l'Harmattan.

Sur Sarah Bernhardt :

  • Sarah Bernhardt vue par les Nadar de Félix Nadar, Paul Nadar, Pierre Spivakoff, Éditions Herscher.
  • Sarah Bernhardt d'Arthur Gold et Robert Fizdale, Gallimard.
  • Madame Sarah Bernhardt de Cornelia Otis Skinner, Fayard.

haut de la page

Eleonora Duse (1858-1924)

Eleonora Duse (à gauche, de face) dans La Ville morte de Gabriele D'Annunzio, 1898.

Eleonora Duse sut développer un style unique et devint une célébrité qui conserva toujours une aura de mystère. Fille d'acteurs italiens, née à Vigevano, la Duse apprit son métier dans sa famille et vouait une admiration profonde à Sarah Bernhardt. Elle se révèle à elle-même plus qu'au public quand, à quatorze ans, elle interprète Juliette dans Roméo et Juliette (1872) de Shakespeare, puisque c'est son interprétation du rôle titre de Thérèse Raquin (1879) d'Émile Zola qui marque un tournant dans sa carrière. Par la suite, elle impressionne dans La Dame aux camélias (1882) d'Alexandre Dumas fils, La Locandiera (1884) de Goldoni, Cavalleria Rustticana (1884) de Giovanni Verga ou Hedda Gabler (1898) d'Ibsen un de ses auteurs de prédilection. Des tournées internationales ont fait connaître la Duse en Égypte, en Russie, aux États-Unis et en Amérique du Sud. On dit qu'après l'avoir vue jouer, Stanislavski eut l'inspiration de créer le Théâtre d'art de Moscou. En 1886, elle fonde sa propre troupe et l'auteur Gabriele d'Annunzio écrit pour elle La Giaconda (1899) et Francesca (1902). Avec ses postures sculpturales et son expressivité contenue, peu de bijoux et de maquillage, la Divina Eleonora marqua son époque avec un jeu naturel et son refus des artifices.

Sur Eleonora Duse :

haut de la page

Mei Lanfang (1894-1961)

Mei Lan Fang dans la pièce traditionnelle La Beauté ivre; l'acteur joue le rôle de Yang Yuhuan, la concubine favorite de l'empereur Minghuan qui, après avoir été rejetée, noie son chagrin d'amour dans l'alcool.

Célèbre pour ses interprétations inégalées de personnages féminins, l'acteur chinois Mei Lanfang fut le premier à faire connaître hors de son pays l'art de l'Opéra de Pékin. Issu d'une famille d'acteurs, il commence son apprentissage dès l'âge de huit ans, comme le veut une tradition qui se perpétue encore aujourd'hui. Apparu au dix-neuvième siècle, l'Opéra de Pékin produisait des spectacles acrobatiques mettant en vedette uniquement des hommes. Au début du vingtième siècle, le maître Wang Yaoqing, qui forma Mei Lanfang, accorda une plus grande importance aux rôles féminins et l'Opéra de Pékin monta de nombreuses pièces avec une femme comme personnage principal. Plus tard, Mei Lanfang changea la tradition en formant des femmes pour jouer ses rôles. Il se produisit sur scène dès douze ans et, pendant sa carrière, incarne une centaine de rôles fort différents : guerrière redoutable, concubine de roi, paysanne, fée, prisonnière des Tartares, favorite d'un empereur, jeune veuve, héroïne commandant l'armée qui sauve la Chine... Sa renommée gagna les États-Unis, le Japon et l'URSS où l'Opéra de Pékin présenta ses spectacles dans les années trente. Il suscita l'admiration de Stanislavski, Meyerhold et Brecht. Musicien, peintre et érudit, il innove en créant des danses ainsi que des costumes aujourd'hui intégrés au répertoire de l'Opéra de Pékin. Ambassadeur d'un art qu'il appelait lui-même «le théâtre nouveau des formes anciennes», Mei Lanfang a fait l'objet d'un culte sans précédent de la part de ses compatriotes

Sur Mei Lanfang

  • L'Art théâtral de Mei Lanfang de Fu Qiumin, éditions You-Feng.
  • Brève présentation du cirque et de l'Opéra de Pékin :
    http://www.wannabi.com/index1.html [cliquer Chine à gauche]

haut de la page

Emil Jannings (1884-1950)

Né en Suisse, d'un père américain et d'une mère allemande, Theodor Friedrich Emil Janenz connut la célébrité, au théâtre autant qu'au cinéma, sous le pseudonyme d'Emil Jannings. Un ami accessoiriste l'initie à la scène et il quitte sa famille à dix-huit ans pour devenir acteur ambulant. Il interprète à cette époque des rôles comme ceux de Karl Moor dans Les Brigands de Schiller ou le rôle-titre dans Le Roi Lear de Shakespeare. Remarqué pour son jeu expressif par Max Reinhardt, il obtient un engagement au Deutsches Theater de Berlin et, avec sa stature imposante et ses mimiques démonstratives, il devient la coqueluche du public en jouant les personnages d'auteurs allemands tels Wedekind et Goethe. Emil Jannings connaît son plus grand succès sur scène avec le rôle du juge Adam dans La Cruche cassée (1918) de Heinrich Von Kleist. Comblé d'honneurs par le régime nazi, ce grand acteur allemand du début du vingtième siècle fait peu d'apparitions sur les planches ou à l'écran après 1930. À la fin de la Deuxième guerre, sa réputation décline dans les milieux du cinéma américain et il termine ses jours en Autriche.

Avec Emil Jannings au cinéma de répertoire :

  • Le professeur Immanuel Rath dans L'Ange Bleu (1930), Joseph von Sternberg, 99 min.

haut de la page

Helene Weigel (1900-1971)

Helene Weigel dans le rôle avec lequel elle a marqué l'histoire du théâtre : celui d'Anna Fierling, le personnage principal de Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht. Mise en scène de Brecht avec le Berliner Ensemble, 1954.

Titre : Mère Courage et ses enfants

Auteur : Bertolt Brecht – Production : Berliner Ensemble, 1954.

La renommée d'Helene Weigel repose sur son talent de comédienne ainsi que sur son engagement artistique et politique. D'origine autrichienne, elle débute à la Volksbühne de Vienne après des études en théâtre, puis Max Reinhardt l'engage au Deutsches Theater en 1922. Sa rencontre avec Bertolt Brecht – qu'elle épouse en 1929 – l'incite à préciser son style et à contribuer au développement d'une contre-culture en phase avec le mouvement prolétarien. Pendant la Deuxième guerre, elle accompagne son époux en Suisse, au Danemark et aux États-Unis où elle joue dans les pièces qu'il produira à l'étranger comme Grand-peur et misère du Troisième Reich (1938), créée à Paris. De retour en Allemagne, son interprétation marquante de la mère dans Mère Courage (1948) de Brecht la rend célèbre. Avec son mari, elle fonde en 1949 à Berlin-Est le Berliner Ensemble dont elle assure la direction jusqu'à sa mort. Le travail collectif du Berliner Ensemble fait école parce qu'il fusionne l'art et l'esprit critique ; le théâtre devient un mode de connaissance qui propose une réflexion sur un environnement concret. Helene Weigel a connu le succès dans plusieurs pièces de Brecht comme Les Fusils de la mère Carrar (1937) ou Le Cercle de craie caucasien (1945).

© Berliner Ensemble
Théâtre du Berliner Ensemble, la compagnie fondée par Hélène Weigel et Bertolt Brecht en 1949.

haut de la page

Laurence Olivier (1907-1989)

© Shakespeare Birthplace Trust - Angus Mc Bean
Laurence Olivier jouant le rôle-titre de Coriolan de Shakespeare, Royal Shakespeare Company (Angleterre), 1959.

Titre : Coriolan

Auteur : William Shakespeare

Production : Royal Shakespeare Company, 1959

Mise en scène : Peter Hall

Costumes : Riette Sturge Moore.

Personnalité connue internationalement, Laurence Olivier a exercé parallèlement les métiers d'acteur au théâtre et au cinéma, metteur en scène, directeur de théâtre, producteur et réalisateur de films. Né Laurence Kerr, il étudie l'art dramatique à Oxford, et durant les années vingt, il joue surtout des rôles légers. Dans les années trente, cet acteur anglais laisse sa marque avec une solide technique vocale et un jeu physique très agile quand il incarne des personnages Shakespeariens tels Othello, Hamlet ou Richard III, sans oublier sa magistrale interprétation du rôle-titre dans Œdipe (1945) de Sophocle. Lui et son collègue John Gielgud jouaient en alternance les rôles de Roméo et Mercutio dans Roméo et Juliette (1935). Son talent se manifeste aussi dans un style contemporain, particulièrement avec le rôle d'Archie Rice dans L'Amuseur (1957) de John Osborne. Codirecteur de l'Old Vic company de 1944 à 1949, il a été le premier directeur du National Theater de 1962 à 1973. Il réalise et joue dans ses propres mises en scène à partir de 1950, n'hésitant pas à utiliser les coups de théâtre pour mieux personnaliser ses rôles. Artiste ayant voué une partie de sa carrière à Shakespeare, sur scène et au cinéma, Laurence Olivier représente l'artiste britannique typique avec un style réaliste et une prestance altière.

De Laurence Olivier :

  • Confessions d'un acteur, Buchet/Chastel.

Sur Laurence Olivier :

Avec Laurence Olivier, au cinéma de répertoire :

  • George de Winter dans Rebecca (1940), Alfred Hitchcock, 130 min.
  • Rôle titre dans Henry V (1944), Laurence Olivier, 137 min.
  • Rôle titre dans Hamlet (1948), Laurence Olivier, 153 min.
  • Rôle titre dans Richard III (1955), Laurence Olivier, 155 min.
  • Dr. Christian Szell dans Marathon Man (1976), John Schlesinger, 125 min.

haut de la page

Gérard Philipe (1922-1959)

Acteur français mythique incarnant l'éternel jeune homme, Gérard Philipe a joué dans vingt pièces et trente films durant sa courte vie. Né à Cannes, il étudie en philosophie et se destine à une carrière en droit. Il débute au Casino municipal de Nice dans Une Grande Fille toute simple (1942) d'André Roussin et l'année d'après, il s'installe à Paris, s'inscrit au Conservatoire et participe à la création de Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux. Comédien d'exception remarqué dans Caligula (1945) d'Albert Camus, ce jeune premier devint rapidement une vedette et fit preuve d'un engagement d'homme public que peu de ses contemporains eurent le courage d'assumer pendant la Deuxième guerre. À partir de 1951, son travail avec le metteur en scène Jean Vilar lui permet d'œuvrer à l'édification d'un théâtre rigoureux aux aspirations populaires et de satisfaire son besoin de renouvellement sur le plan artistique. Après le succès éclatant de la pièce Le Cid (1951) de Corneille au Festival d'Avignon, il adhère à la troupe du Théâtre national populaire dont Vilar est nommé le directeur. Il y interprétera plusieurs de ses grands rôles dont Lorenzaccio (1953) de Musset et Le Prince de Hombourg (1951) de Heinrich Von Kleist. Élu président du Syndicat français des artistes en 1958, il meurt subitement l'année suivante, en pleine gloire.

Sur Gérard Philipe :

  • Gérard Philipe : biographie de Gérard Bonal, Seuil, collection « Points ».
  • Gérard Philipe : souvenirs et témoignages d'Anne Philippe et Claude Roy, Gallimard.
  • Gérard Philipe ou La jeunesse du monde de Maurice Périsset, A. Lefeuvre.
  • Un site internet : http://givcos.free.fr/index.html

Avec Gérard Philipe, au cinéma de répertoire :

  • Rôle titre dans Fanfan la tulipe (1952), Christian Jaque, 102 min.
  • Amadeo Modigliani dans Montparnasse 19 (1958), Jacques Becker, 108 min.

haut de la page

Mentionnons en terminant d'autres grands acteurs de l'histoire qui pourraient s'ajouter à ceux que nous vous avons présentés :

Roscius, Montfleury, Talma, Tomasso Salvini, Henry Irving, Mounet-Sully, Coquelin aîné, Rachel, Karl Valentin, Margarita Xirgù, Paul Robeson, Maria Casarès, Madeleine Renaud, Bernhard Minetti, Alfred Lunt & Lynn Fontane, Vittorio Gassman, Bibi Andersson, Joseph Chaikin, Ryszard Cieslak.