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Les grands auteurs de l’histoire

Sophocle | William Shakespeare | Molière | Jean Racine |
Chikamatsu Monzameon | Carlo Goldoni | Friedrich Schiller | Henrik Ibsen |
Anton Tchekhov | Luigi Pirandello | Bertolt Brecht | Samuel Beckett |

Sophocle (497 av. J.-C. – 405 av. J.-C.)

Sophocle, tel que représenté par une statue de l’époque hellénistique.

Sophocle est le plus remarquable des trois grands auteurs de tragédie de la Grèce antique, avec Eschyle et Euripide. Des cent vingt-trois pièces qu’il a écrites, seulement sept nous sont parvenues, mais elles ont marqué l’imagination humaine à jamais : la littérature, le théâtre, le cinéma et la télévision ne seraient pas les mêmes sans des pièces comme Œdipe roi (~425), Antigone (~441) ou Électre (~415). Ce citoyen athénien, homme à la fois religieux et passionné, s’est vu confier des postes importants : entre autres, chef des armées et responsable du trésor fédéral des cités grecques. Ami de Périclès, celui qui a su canaliser l’énergie des Athéniens pour qu’ils conçoivent leur exceptionnelle cité, Sophocle était aussi un proche d’Hérodote, l’homme à l’origine de trois disciplines majeures du savoir humain : l’histoire, la géographie et l’ethnologie. Ses pièces, d’une exceptionnelle cohérence, montrent les conflits qui naissent lorsque les hommes défient à tort les limites de la condition humaine et outrepassent les lois ou les avertissements des dieux.

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William Shakespeare (1564-1616)

William Shakespeare, tel que gravé sept ans après sa mort par Marin Droeshout, sur la page frontispice de la première édition du théâtre complet de l’auteur.

L’art d’écrire pour le théâtre date de 2 500 ans et, au cours de ces vingt-cinq siècles, l’homme qui a su le mieux tirer parti de cet art s’appelle William Shakespeare. Né en Angleterre dans la petite ville de Stratford-upon-Avon sous le règne d’Élisabeth 1ère, il est allé à Londres tenter sa chance comme acteur à une époque où le théâtre et la langue anglaise connaissaient de concert un spectaculaire développement. Pour sa troupe, tout en demeurant acteur, il a écrit des comédies – La Mégère apprivoisée (1593), Le Songe d’une nuit d’été (1594), Comme il vous plaira (1599) –, des tragédies – Roméo et Juliette (1594), Hamlet (1600), Le Roi Lear (1605), Macbeth (1606) – et des pièces historiques sur les rois d’Angleterre – Richard III (1592), Richard II (1595) et Henri V (1598). Dans chacune de ses trente-sept pièces, chaque scène se fonde sur une situation dramatique d’une grande netteté qui pose des enjeux humains d’une vertigineuse profondeur. Écrites dans une langue libre, qui mêle la prose et les vers selon la nécessité dramatique, les pièces de Shakespeare sont de vastes poèmes théâtraux dont l’efficacité scénique demeure inégalée.

 

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Molière (1622-1673)

© Archivo Iconografico, S.A./CORBIS
Molière jouant César dans La Mort de Pompéi de Henri Thiriat. Gravure de Nicolas Mignard datant du dix-neuvième siècle.

Né à Paris, il s’appelait Jean-Baptiste Poquelin, mais comme le voulait la pratique à l’époque, il s’est donné un nom de scène. Comédien, auteur, chef de troupe et organisateur d’événements spéciaux, il est l’individu qui, avec l’auteur latin Plaute, a le plus marqué l’histoire du théâtre comique, avec ses trente-deux pièces dontDom Juan (1665), Le Misanthrope (1666), L’Avare (1668), Tartuffe (1664-1669), Le Bourgeois gentilhomme (1670) et Le Malade imaginaire (1673). L’idée de comédie telle que nous l’entendons aujourd’hui nous vient beaucoup de Molière, qui lie à jamais la comédie au rire, alors qu’auparavant on la considérait comme un genre plaisant, mais où le rire était facultatif. Il innove en fondant une part importante de son humour sur les tares psychologique de ses personnages. Et, surtout, il utilise ce rire pour critiquer les mœurs de son temps ; ainsi, dans L’École des femmes (1662), il remet en question la façon dont les jeunes filles sont éduquées. Premier auteur de théâtre à se mêler de questions sociales, il sera attaqué par certaines élites tout au long de sa carrière.

Sur Molière

  • Un site internet : http://www.toutmoliere.net/
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    Jean Racine (1639-1699)

    © Gallica-BNF
    Portrait de Jean Racine par son fils aîné Jean-Baptiste (1678-1747).

    Racine est considéré comme le plus grand auteur de la tragédie française classique. La richesse des situations, la profondeur psychologique des personnages, la force d’évocation et la musicalité des vers, la structuration exemplaire des œuvres et la noblesse des sentiments mêlée à ce que la passion a de plus dévastateur font la beauté de ses onze tragédies. Orphelin en bas âge, il acquiert une éducation rigoureuse au couvent de Port-Royal. En 1664, la troupe de Molière le lance en créant sa tragédie La Thébaïde, puis l’année suivante, Alexandre le Grand. Mais Racine préfère le style de jeu d’une troupe concurrente, celle de l’Hôtel de Bourgogne, à qui il confie cette dernière pièce, puis les suivantes. Molière, trahi, lui en voudra toujours. La création d’Andromaque (1667) établit la réputation de Racine, que le public trouve désormais, pour la tragédie, supérieur au vieux Corneille. Suivent, entre autres, Britannicus (1668), Bérénice (1672) – avec la Champmeslé – et Bajazet (1672). Après Phèdre (1677), il se retire du théâtre pour devenir historiographe du roi Louis XIV. Il reviendra à l’écriture dramaturgique quand Madame de Maintenon lui demande des pièces à sujet biblique pour les couventines de Saint-Cyr ; il écrira alors Esther (1689) et Athalie (1691).

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    Chikamatsu Monzaemon (1653-1724)

    Malheureusement peu connu en Occident, Chikamatsu Monzaemon est le plus grand auteur de théâtre du Japon. À cause de l’envergure, de la variété et de la profondeur de son œuvre – on lui attribue 130 pièces –, on le compare souvent à Shakespeare. Fils de samouraï, il reçoit une solide éducation littéraire à la cour de Kyoto, puis commence à écrire pour une troupe de kabuki de cette cité. Il devient vite reconnu pour ses pièces de type wagoto où les scènes de tendresse amoureuse alternent avec des péripéties spectaculaires ; l’intrigue tourne habituellement autour d’un gentilhomme qui, tombé amoureux d'une prostituée, est rejeté par sa famille. En 1705, il se joint comme auteur au Théâtre Takemoto à Osaka, qui présente des spectacles de marionnettes de type bunraku. Ces marionnettes réalistes, manipulées avec précision et raffinement, permettent une dramaturgie subtile et complexe. Jusqu’à la fin de sa vie Chikamatsu écrit pour ce théâtre près de cent pièces. Si certaines sont épiques, comme Les Batailles du Kokusenya (1715), elles sont surtout intimistes et racontent le drame de relations amoureuses interdites par la société comme Suicides d’amour à Amijima (1720).

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    Carlo Goldoni (1707-1793)

    Carlo Goldoni, portrait d'époque.

    « Papa » Goldoni, comme le surnommaient les Vénitiens, est le plus grand auteur comique italien ; il a écrit plus de cent comédies, sans parler d’une quinzaine de tragi-comédies et de nombreux livrets d’opéra et de divertissements musicaux. Au moment où il commence à écrire pour le théâtre, la commedia dell’arte – ce théâtre en partie improvisé, avec des personnages masqués comme Arlequin et Pantalon – existe depuis deux siècles et les personnages qu’elle caricature ont disparu de la réalité quotidienne des habitants de Venise. Si Goldoni devient célèbre en réactivant la commedia dell’arte traditionnelle dans une comédie comme Arlequin, serviteur de deux maîtres (1745), il en repense ensuite les personnages en fonction de la réalité de son temps et les intègre à des pièces, comme L’Honnête fille (1749), dont le comique naît de l’observation des mœurs de ses concitoyens. Il innove en devenant le premier auteur comique à s’inspirer de façon réaliste des petits détails de la vie quotidienne, traitant avec humour, par exemple, des tracas qu’occasionnent les vacances – La Trilogie de la villégiature (1761) – ou des amours d’une aubergiste – La Locandiera (1753).

     © Yves Renaud
    © Yves Renaud
    La Locandiera de Carlo Goldoni, production du Théâtre du Nouveau Monde, 1993, mise en scène de Martine Beaulne. Présente sur la photo : Sylvie Drapeau.

    Titre : La Locandiera

    Auteur : Carlo Goldoni

    Traduction : Marco Micone

    Production : Théâtre du Nouveau Monde, 1993

    Mise en scène : Martine Beaulne – Costumes : Jean-Yves Cadieux

    Scénographie : Claude Goyette

    Éclairages : Michel Beaulieu.

     

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    Friedrich Schiller (1759-1805)

    © Josée Lambert
    Marie Stuart de Friedrich von Schiller, NCT, 1995. Présents sur la photo : Marthe Turgeon, Philippe Cousineau, Paul Latreille, Jean-Guy Viau.

    Titre : Marie Stuart

    Auteur : Friedrich von Schiller

    Traduction : Normand Chaurette

    Production : Nouvelle Compagnie Théâtrale, saison 1994-1995

    Mise en scène : Alice Ronfard

    Costumes : François Barbeau

    Décor : Raymond-Marius Boucher

    Musique : Jean Sauvageau et Marcel Brunet

    Éclairages : Michel Beaulieu.

    Avec Goethe, Schiller est l’un des deux plus grands classiques du théâtre allemand. Dès sa jeunesse, en dépit d’une sévère éducation, il s’intéresse aux nouveaux idéaux de son temps : égalité entre les êtres humains, fraternité et liberté. Dès sa première pièce, Les Brigands (1882), il enthousiasme la jeunesse en montrant une bande de jeunes devenir hors-la-loi parce qu’ils croient que c’est là la seule façon de réaliser leurs idéaux dans un monde injuste et corrompu. En 1895, après des années difficiles, il enseigne l’histoire à l’université d’Iéna, puis il revient au théâtre grâce à l’influence de Goethe dont il devient le collaborateur au théâtre d’état de Weimar. Tous deux sont convaincus que le théâtre a une fonction sociale et qu’il doit déboucher sur des débats d’idées. Ainsi Schiller utilisera le théâtre pour dénoncer la tyrannie, exalter la liberté et exprimer un désir de justice dans des pièces comme Don Carlos, infant d’Espagne (1787), Marie Stuart (1800) et Guillaume Tell (1804).

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    Henrik Ibsen (1828-1906)

    Portrait d'Henrik Ibsen. Gravure anonyme provenant de Les Revenants, Tresse et Stock, Paris, 1890.

    L’invention du théâtre réaliste, qui aborde directement des problèmes sociaux, voilà la contribution la plus connue d’Ibsen à l’évolution du théâtre. Mais cet auteur norvégien, très ouvert sur l’Europe de son temps, vivant aussi bien en Italie, qu’en Allemagne ou en Autriche, a laissé bien plus. D’abord marqué par le romantisme, il utilise le folklore de son pays pour écrire Peer Gynt (1867), l’histoire teintée de fantastique d’un beau parleur qui part à la conquête du monde mais n’arrive jamais à définir sa propre identité. Son réalisme social, dont témoignent des pièces comme Les Piliers de la société (1875) ou Un ennemi du peuple (1883), – qui raconte comment une ville persécute un médecin voulant dénoncer un problème de pollution industrielle –, a marqué le théâtre contemporain. Cet auteur s’est aussi intéressé à la situation des femmes, que les lois ne considéraient pas comme des individus à part entière, dans sa fameuse pièce Maison de poupées (1879). Comme tous les grands auteurs, Ibsen était un formidable créateur de personnages comme le montrent son chef-d’œuvre Hedda Gabler (1890) et son drame Les Revenants (1881).

    © Pierre Desjardins
    Hedda Gabler d'Henrik Ibsen, TNM, 1996. Présents sur la photo : Sylvie Drapeau et Denis Bernard.

    Titre : Hedda Gabler

    Auteur : Henrik Ibsen

    Production : Théâtre du Nouveau Monde, saison 1995-1996

    Mise en scène : Lorraine Pintal

    Costumes : François Barbeau

    Scénographie : Raymond-Marius Boucher

    Éclairage : Guy Simard

    Musique : Catherine Gadouas

    Accessoires : Michèle Gagnon.

     

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    Anton Tchekhov (1860-1904)

    Tchekhov en 1890.

    Tchekhov est probablement l’auteur le plus aimé des gens de théâtre. Ses quatre grandes pièces – La Mouette (1895), Oncle Vania (1900), Les Trois Sœurs (1903) et La Cerisaie (1904) – ont marqué le théâtre moderne autant que notre façon de voir la vie. Cet auteur russe, né dans une famille pauvre, a commencé à écrire des contes et des récits pour faire vivre sa famille alors qu’il étudiait en médecine. Le théâtre l’intéresse dès sa jeunesse, mais ce n’est que dans les dernières années de sa courte vie qu’il a connu le succès au théâtre, et ce, grâce au metteur en scène Constantin Stanislavski, qui comprenait la dimension novatrice du théâtre de Tchekhov. En effet, Tchekhov a remplacé le héros principal par un groupe de personnages dont le spectateur observe les relations. Ces personnages, sans grande importance politique ou sociale, n’accomplissent pas d’actions exceptionnelles ; au contraire, on les voit vivre un enchaînement de petites scènes en apparence insignifiantes, mais à travers lesquelles ont peut entrevoir toute la profondeur et toute la complexité de la vie humaine.

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    Luigi Pirandello (1867-1936)

    © Louise Oligny
    Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello, production de l'École d'art de Moscou, 1989. Présent sur la photo : Oleg Belkin.

    Titre : Six personnages en quête d'auteur (présenté à la troisième édition du Festival de Théâtre des Amériques

    Auteur : Luigi Pirandello

    Production : École d'art de Moscou, 1989

    Mise en scène : Anatoli Vassiliev.

    Imaginez une situation théâtrale où la vérité est vraiment différente selon le point de vue de chacun des personnages. Imaginez un personnage reprochant au comédien qui l’interprète de ne pas le jouer comme il faut. Imaginez un théâtre qui brouille la frontière entre la réalité et la fiction. Un homme a écrit ce théâtre : Luigi Pirandello, dans des pièces comme Chacun sa vérité (1917), Six personnages en quête d’auteur (1921), Henri IV (1922) ou Ce soir, on improvise (1930). Avec le théâtre de Pirandello, tout devient incertain. Avant, on croyait que le théâtre pouvait montrer toute la vérité d’une situation : il suffisait de trouver le bon point de vue, « le bon angle ». Pirandello montre que la vie est multiple et insaisissable mais que l’art, lui, doit choisir une forme ; par conséquent, une pièce de théâtre, si habile soit-elle, ne peut pas rendre compte des multiples dimensions d’un personnage ou d’une situation. Pirandello ne cesse de montrer que les apparences sont encore plus trompeuses que l’on ne le croit habituellement, mais surtout, il a créé des personnages d’une exceptionnelle justesse psychologique.

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    Bertolt Brecht (1898-1956)

    © André Degaine. Image dans Histoire du théâtre dessinée, Nizet, 1992.
    Portrait dessiné de Bertolt Brecht.

    Comment faire un théâtre qui permet d’observer le fonctionnement des êtres humains en société et qui donne des outils pour changer le monde? Comment faire un théâtre qui pose la question : comment être bon dans un monde qui ne l’est pas? Voilà ce qui préoccupait l’auteur et metteur en scène allemand Bertolt Brecht. Dans les années vingt, à Munich, puis à Berlin, il se fait remarquer par sa personnalité hors du commun, sa poésie novatrice et… l’insuccès de ses premières pièces, jusqu’à ce qu’il triomphe en 1928 à la création de son Opéra de quat’sous. Lorsque les nazis prennent le pouvoir en 1933, Brecht doit fuir l’Allemagne. Au cours d’un exil de quinze ans, il écrit ses plus grandes pièces dont Mère Courage et ses enfants (1939), La Vie de Galilée (1938-1947), La Bonne Âme de Se-tchouan (1938-1942) et Le Cercle de craie caucasien (1944-1945). En 1948, il revient à Berlin car la RDA (l’Allemagne de l’Est) lui offre de diriger un théâtre : ses mises en scène au Berliner Ensemble révolutionneront le théâtre par leur clarté. À la fois praticien et penseur, Brecht a laissé de nombreux textes de réflexion qui inspirent encore les gens de théâtre.

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    Samuel Beckett (1906-1989)

    © Robert Etcheverry
    En attendant Godot de Samuel Beckett, TNM, 1992. Présents sur la photo : Rémy Girard et Normand Chouinard.

    Titre : En attendant Godot

    Auteur : Samuel Beckett

    Production : Théâtre du Nouveau Monde, 1992 Mise en scène : André Brassard

    Scénographie : Stéphane Roy

    Costumes : Luc J. Béland

    Éclairages : Michel Beaulieu

    Accessoires : Lucie Thériault

    Musique : Michel Smith.

    Imaginez la situation suivante : deux clochards au croisement d’une route près d’un arbre chétif tuent le temps comme ils le peuvent en attendant un certain Godot qui doit leur donner du travail. Arrive un messager qui leur dit que Godot viendra demain. Au deuxième acte, presque semblable au premier, les deux clochards ne sont pas certains s’ils sont vraiment au même endroit et si c’est effectivement le lendemain. Le même messager (mais selon lui, pas le même) revient leur dire que monsieur Godot passera sûrement le lendemain… À sa création, dans un petit théâtre de Paris en 1953, En attendant Godot de Samuel Beckett a enthousiasmé beaucoup de gens, mais en a dérouté encore plus. Or, pour beaucoup d’artistes, il s’agit là de la plus importante pièce du vingtième siècle ; elle montre de façon radicale la situation de l’homme contemporain, dont les repères familiers sont devenus incertains et qui attend absurdement un sauveur qui n’arrivera jamais. Avec des textes comme Fin de partie (1958), Oh les beaux jours (1963), Pas moi (1975) ou Berceuse (1981), Beckett ira de plus en plus loin, concentrant l’identité humaine dans la souffrance corporelle de chaque individu, et utilisant un langage de plus en plus réduit, compact, énigmatique.

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