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© Bernd Uhlig
Vu de la coulisse côté cour : salle, sièges et scène avec décor et arrière-scène au Théâtre de l'armée russe à Moscou, 1994.

Titre : L'Orestie

Auteur : Eschyle

Production :

Mise en scène : Peter Stein.

La production professionnelle d’un spectacle de théâtre

Dans les compagnies francophones du Canada, la production d’un spectacle comporte des similitudes, mais elle présente aussi des différences selon l’âge et les budgets de l’organisme. Plusieurs étapes mènent à la production professionnelle d’un spectacle de théâtre.

La programmation d’un théâtre

Le directeur artistique, souvent aidé d’un comité artistique, décide des spectacles qui vont constituer la programmation annuelle d’un théâtre. Il prépare une saison qui répond à l’engagement artistique de son institution et qui répond aux attentes des spectateurs. Pour ce faire, il doit lire une quantité impressionnante de pièces, nouvelles ou anciennes. Lorsqu’il s’agit d’un texte d’ici, c’est souvent par l’intermédiaire d’une lecture publique du Centre des Auteurs dramatiques (CEAD) que la rencontre se produira. Il arrive parfois qu’un auteur ou un metteur en scène propose une pièce au directeur artistique.

Une fois les textes sélectionnés, il faut trouver metteurs en scène et équipes de création pour les monter. Généralement, le metteur en scène choisit les concepteurs qui vont participer à l’élaboration d’un spectacle. Toutefois, l’auteur et surtout le directeur artistique peuvent faire valoir leurs préférences.

Compagnie invitée ? Co-production ?

Les grands théâtres (ex : Théâtre du Nouveau Monde (TNM), Trident) possèdent leur propre lieu et produisent les spectacles de leur saison. D’autres théâtres (ex : le Théâtre français du Centre national des Arts (CNA), Cercle Molière), en plus des spectacles qu’ils produisent, accueillent les projets déjà élaborés par des compagnies itinérantes. On dit de ces compagnies qu’elles sont invitées dans un théâtre. Plusieurs lieux offrent des saisons complètes de spectacles invités. Certaines oeuvres seront parfois créées en co-production dans le théâtre qui les accueille ou alors elles y passeront quelques jours dans le cadre d’une tournée. Il arrive qu’une affinité artistique se développe entre une institution et une compagnie invitée à plusieurs reprises. Les deux parties conviennent alors d’un partenariat que l’on appelle la résidence. Les compagnies invitées ou en résidence (ex : le Théâtre PàP à l’Espace Go), bien qu’elles aient des comptes à rendre à l’institution qui les accueille, bénéficient souvent d’une carte blanche pour le contenu artistique de leurs spectacles. Les co-productions entre un théâtre et une compagnie plus petite sont assez courantes. Il arrive également que des institutions établies dans deux villes différentes co-produisent un même spectacle.

Le calendrier de production

Une fois la programmation d’un théâtre déterminée et le calendrier de la saison fixé, le directeur de production établit l’échéancier pour chaque production ; il fixe les délais qui correspondent au travail de chacune des équipes. Les concepteurs du décor, des costumes, de la musique, de la bande sonore, des éclairages, des maquillages, les acteurs, les chanteurs et les musiciens (si c’est le cas) trouvent dans ce calendrier les échéances qu’ils doivent respecter. Ils ne sont pas les seuls à devoir se fier à cet horaire, le directeur de production, l’assistant metteur en scène, les agents de communications, les responsables des abonnements et l’administrateur du théâtre doivent eux aussi articuler leur travail en fonction des dates dictées par cet échéancier.

La première lecture représente un événement important dans la production d’un spectacle. Tous les artisans de la production se réunissent pour entendre les acteurs lire le texte à voix haute pour la première fois. Le metteur en scène présente le concept de base de sa mise en scène. Les premiers contacts se font entre les acteurs, le texte et les différents concepteurs ; les idées commencent à germer. Cette étape équivaut à l’acte de naissance d’une production théâtrale. Un délai, qui permet aux comédiens de réfléchir plus longtemps à leur personnage, peut s’écouler entre la lecture, et le début des répétitions.

En salle de répétition, les comédiens procèdent tout d’abord à un travail de table où le metteur en scène discute des enjeux que présente le texte qu’il va monter. À ce moment, les acteurs commencent à apprivoiser leurs rôles et le metteur en scène exprime sa vision des personnages et de la pièce dans son ensemble. Le conseiller dramaturgique peut assister ou participer à cette étape. Les acteurs entrent ensuite dans une autre phase du travail de répétition. Un découpage des différentes scènes de la pièce permet de travailler avec les acteurs concernés par chacune des scènes. Les scènes sont rejouées sans cesse, jusqu’à ce qu’on trouve la manière, le ton et l’intention convenant au personnage et à la situation. Les acteurs et le metteur en scène bénéficient généralement de six à huit semaines pour mener le spectacle à terme.

Les concepteurs font quelques visites aux acteurs durant les répétitions. Le concepteur de costumes va prendre les mensurations des comédiens. Le concepteur d’environnement sonore viendra leur faire entendre les musiques qui accompagneront leur jeu. Le scénographe viendra présenter la maquette du décor dans lequel ils évolueront. Selon les choix de la mise en scène, des spécialistes du chant, des combats, de la diction ou de la danse viendront offrir un entraînement particulier aux acteurs.

Dans certains théâtres (ex : TNM, CNA), les concepteurs disposent de matériel appartenant à l’institution. Ailleurs, il faudra louer, acheter ou construire les éléments nécessaires aux différents concepteurs. Peu de théâtres au Canada disposent d’un lieu consacré à la réalisation des costumes ou des décors (le Centre national des Arts a cette chance). Généralement, des ateliers externes, où travaillent de précieux spécialistes, permettent de mener les projets à terme.

Parallèlement au travail des artistes, toute une équipe travaille à la promotion des spectacles. Des agents de communication et marketing se chargent de faire la publicité des productions auprès des médias (journaux, télévision, radio, Internet). Ils voient aussi à la réalisation de l’affiche, des dépliants, des programmes. Pour obtenir les fonds nécessaires à la réalisation des spectacles, des administrateurs et le responsable des communications ont depuis longtemps travaillé aux diverses demandes de subventions et commandites. D’autres ont œuvré au développement de public et à la gestion des abonnements. Les tâches administratives à accomplir au sein d’un théâtre sont aussi innombrables qu’essentielles à la bonne marche de la saison. De leur côté, les attachés de presse doivent s’assurer que les spectacles bénéficient d’une bonne visibilité dans les médias. Ils contactent les journalistes afin de les inciter à rencontrer le metteur en scène et les acteurs. Si la production remporte les faveurs du public ou de la critique, des supplémentaires ou même une reprise seront envisagées.

L’entrée en salle

Avec l’entrée en salle, s’unissent le travail des concepteurs et des acteurs sur le plateau. Après le réglage des intensités de son et d’éclairage, vient l’heure de l’enchaînement technique. À ce moment, le travail des différents concepteurs est mis à l’épreuve. Heureusement, il reste encore une ou deux semaines avant la première. Cette période va servir à tous les artisans du spectacle pour parfaire les détails et corriger les problèmes. Pour la répétition générale, les acteurs jouent la pièce avec la version définitive de toutes les conceptions. Il s’agit du test ultime, de la dernière occasion d’expérimenter avant le soir de la première.

Sources de subvention

La plupart des théâtres professionnels au Canada sont des entreprises privées à but non lucratif ; ils sont admissibles à des subventions du Conseil des arts du Canada et d’instances provinciales comme le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Ontario Arts Council ou le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick. Certaines villes et municipalités, par exemple Montréal, Québec, Caraquet, Ottawa et Toronto sont dotées d’organismes qui subventionnent les arts.

Canada

Conseil des Arts du Canada

Alberta
Alberta Foundation for the Arts [site web en anglais]

Colombie-britannique
British Columbia Arts Council [site web en anglais]

Programmes de subventions en théâtre :
http://www.bcartscouncil.ca/programs/program.php?active_page=760 [site web en anglais]

Manitoba
Manitoba Arts Council – Conseil des arts du Manitoba

Nouveau-Brunswick
Conseil des arts du Nouveau-Brunswick – New-Brunswick Arts Board

Secrétariat à la culture et aux sports, cliquer sur programmes pour les organismes artistiques professionnels (en format PDF) : http://www.gnb.ca/0007/arts/index-f.asp

Ontario
Conseil des arts de l’Ontario – Ontario Arts Council

Recherche - subventions pour les théâtres :
http://www.arts.on.ca/userfiles/HTML/nts_1_363_2.html

Québec
Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ)

Programmes de subvention en théâtre :
http://www.calq.gouv.qc.ca/artistes/theatre.htm

Saskatchewan
Saskatchewan Arts Board [site web en anglais]

Subventions :
http://www.artsboard.sk.ca/Grants/grants.shtml