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Les grandes institutions théâtrales

La Comédie-Française (Paris, France) | Le Théâtre d’art de Moscou (Russie) |
L’Abbey Theatre (Dublin, Irlande) | Le Piccolo Teatro (Milan, Italie) |
Le Festival d’Avignon (France) | Le Festival de Stratford (Canada) |
La Royal Shakespeare Company (Stratford, Angleterre) |
Le Royal National Theatre (Londres, Angleterre) | La Schaubühne (Berlin, Allemagne) |
Royal Dramaten (Stockholm, Suède)

La Comédie-Française

© Philippe Bernard
La Comédie-Française, Paris, 2004.

La Comédie-Française est la plus ancienne et la plus prestigieuse institution théâtrale toujours en activité en Occident. Elle naît en 1680, quand le roi Louis XIV ordonne à deux troupes rivales de se joindre pour former les Comédiens du roi, qui deviennent les seuls autorisés à monter le répertoire français à Paris. L’esprit de ce groupe va traverser les remous de l’histoire et se rendre jusqu’à nous. Malgré quelques réorganisations, dont la plus importante a lieu sous Napoléon en 1812, le fonctionnement de la troupe s’avère aujourd’hui sensiblement le même qu’au début du dix-neuvième siècle. Les acteurs permanents, appelés « sociétaires » – on en compte quarante aujourd’hui –, participent activement aux décisions de la compagnie. Les « pensionnaires » – vingt-trois aujourd’hui – bénéficient d’un contrat d’un an. De très grands acteurs, auteurs, metteur en scène et artisans y sont passés – Sarah Bernhardt, Jean-Louis Barrault, Ludmila Mikaël –, certains pour quelques années, d’autres pour toute leur vie. Les sociétaires, comme les pensionnaires, ne sont pas autorisés, sauf exception, à entretenir des activités théâtrales à l’extérieur de l’institution. Trois théâtres parisiens lui sont consacrés : la vénérable salle Richelieu, le Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre dans l’enceinte du Louvre.

Site internet : http://www.comedie-francaise.fr

Sur la Comédie-Française :

  • La Comédie-Française de P. Dux et S. Chevalley, Denoël.

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Le Théâtre d’art de Moscou

Le Théâtre d’art de Moscou dans les années vingt.

Les plus importantes manifestations théâtrales russes du vingtième siècle, ont eu lieu au Théâtre d’art de Moscou. Fondé en 1898 par Stanislavski et Nemirovich-Danchenko, le Théâtre d’Art va monter les plus grands auteurs russes : Tchekhov, Gorki, Tolstoï, en précisant la psychologie des personnages, comme le préconise Stanislavski. L’institution invite plusieurs artistes très innovateurs pour l’époque à créer en ses murs. Ainsi, les expérimentations de Meyerhold et Craig toucheront le jeu de l’acteur et la scénographie. Si la compagnie a le vent dans les voiles et que ses spectacles demeurent à l’avant-garde jusqu’en 1917, la Révolution russe et la disparition de Stanislavski rendent la gestion de l’institution plus difficile. Après une légère amélioration dans les années cinquante et une ferme volonté de redresser les affaires du théâtre dans les années soixante-dix, la compagnie parvient à traverser les années difficiles de l’histoire de Russie. Alliant aujourd’hui un répertoire actuel à une vision traditionnelle du métier, le Théâtre d’art de Moscou demeure une influence majeure pour les artisans du théâtre du monde entier.

Sur le Théâtre d’art de Moscou :

  • C. Amiard-Chevrel, Le Théâtre artistique de Moscou : 1898-1917, CNRS.

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L’Abbey Theatre

L’Abbey Theatre de Dublin est le théâtre national de l’Irlande. Alors que les fondateurs, Lady Gregory ainsi que le grand poète et dramaturge William Butler Yeats, y travaillent depuis 1897, le lieu est trouvé et l’institution officiellement fondée en 1904. On y engage les grands acteurs locaux qui se dévouent presque exclusivement au répertoire irlandais. Ils interprètent des textes qui mettent tout d’abord en scène l’identité nationale, le folklore et la vie paysanne pour ensuite céder la place à la réalité urbaine. De grands dramaturges irlandais, notamment J.M. Synge et Sean O’Casey, permettent au théâtre d’obtenir une réputation internationale. Fait assez unique dans l’Europe anglophone de l’époque, le théâtre reçoit une aide financière de l’État à compter de 1925. Suite à un incendie survenu en 1951, l’Abbaye poursuit ses activités dans d’autres lieux. En 1966, une fois le théâtre relogé dans un bâtiment moderne, construit sur l’ancien site de la rue Abbey, une petite salle dédiée à des productions expérimentales – The Peacock – s’ajoute à l’architecture du lieu. Aujourd’hui encore, l’Abbey se consacre à la littérature dramatique nationale en favorisant la découverte d’auteurs contemporains et en revisitant régulièrement les classiques du répertoire irlandais.

Site internet (en anglais) : www.abbeytheatre.ie

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Le Piccolo Teatro

La nouvelle salle du Piccolo Teatro, à Milan.

Premier théâtre sédentaire d’Italie, en opposition aux troupes itinérantes qui sillonnent ce pays à l’époque, le Piccolo Teatro de Milan tire son nom de la petite salle – piccolo veut dire petit – qu’il occupe en 1947, année de sa fondation par l’administrateur Paolo Grassi et le metteur en scène Giorgio Strehler. Ils sont les premiers à réclamer une pratique théâtrale destinée à toutes les couches de la société, alors que les troupes itinérantes présentent des spectacles divertissants à un public financièrement aisé. Leur initiative incite rapidement plusieurs autres créateurs italiens à mettre sur pied des institutions semblables. Afin d’ouvrir son art à tous, le Piccolo propose des abonnements pour inciter tous les groupes composant la société italienne – étudiants, ouvriers, employés de bureau… – à trouver leur place au théâtre. Le choix des pièces respecte cette thématique sociale. Strehler privilégie un répertoire très ouvert sur l’Europe et principalement sur la France, où ses spectacles connaissent le succès. Le concepteur Ezio Frigerio a marqué l’histoire de l’institution, tout comme l’auteur italien Carlo Goldoni particulièrement avec les six différentes mises en scènes de Strehler pour Arlequin serviteur de deux maîtres. Ébranlé par la mort de Strehler en 1997, le Piccolo continue d’écrire son histoire et les spectateurs italiens semblent suivre ses audaces avec fidélité.

Site internet (en italien) : www.piccoloteatro.org

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Le festival d’Avignon

© Pascal Victor
Cour d'honneur of the Palais des papes in Avignon, prestigious scene of the Festival d'Avignon (France).

La manifestation théâtrale française possédant la plus importante réputation internationale est sans nul doute le festival d’Avignon (ville du sud de la France). Le metteur en scène Jean Vilar lui donne son coup d’envoi en 1947. Si la première édition ne compte que trois spectacles, la seconde, se déroulant durant les jours ensoleillés de juillet, attire déjà davantage de spectateurs. Grâce aux efforts constants de Vilar, l’événement va prendre de l’ampleur d’année en année, alors que de grands classiques français et étrangers composent l’essentiel du répertoire présenté. Les lieux historiques d’Avignon, tel le majestueux palais des Papes, servent de théâtres à ces nombreuses représentations. La performance de Gérard Philipe dans Le Cid (1951) de Corneille figure parmi les moments légendaires de l’événement. À compter de 1968, le festival prend un nouvel élan. Il s’ouvre aux autres arts, multiplie les sites, invite davantage de compagnies et favorise même l‘apparition d’un festival « off », qui compte de nos jours environ sept cents spectacles! Depuis la mort de Vilar en 1971, ses successeurs ont su conserver la vitalité et le sens de cette célébration qui, plus de cinquante-cinq ans après sa naissance, continue à battre au rythme du monde. Des artistes québécois, dont principalement Denis Marleau, s’y sont fait remarquer.

Site internet du Festival d’Avignon : www.festival-avignon.com/fr

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Le Stratford Festival of Canada

© Stratford Festival (Canada)
Scène du Festival Theatre de Stratford, Canada, conçue par Tanya Moiseivitsch.

Depuis plus d’une cinquantaine d’année, le festival de Stratford (Ontario) obtient un succès qui n’a d’égal que sa notoriété à l’échelle internationale. Tout a commencé avec le rêve de Tom Patterson, un journaliste local qui fonde en 1952 le Stratford Shakespearean Festival of Canada, une manifestation estivale entièrement consacrée à l’œuvre de William Shakespeare et dont la direction artistique est confiée à Tyrone Guthrie. De cet événement va naître la plus grande compagnie de théâtre dédiée au répertoire classique en Amérique du Nord. Après s’être longtemps consacrée aux pièces de Shakespeare, la compagnie entreprend de jouer d’autres grandes œuvres comme les tragédies grecques et les comédies de Molière. Des auteurs plus contemporains comme Beckett, Brecht, Tennessee Williams ainsi que des auteurs canadiens comme Timothy Findley trouveront par la suite une place sur leur scène. L’institution produit et accueille également des opéras et des pièces de théâtre musical. De très grands acteurs, canadiens et étrangers, ont foulé la scène de Stratford. Parmi eux Christopher Plummer, Albert Millaire et Jean-Louis Roux. La saison s’étend maintenant d’avril à novembre, avec une assistance de plus de 600 000 personnes chaque année, et comprend une foule d’activités parallèles : concerts, récitals, discussions et lectures discussions et lectures. Richard Monette dirige ce festival depuis 1994.

Site internet (en anglais) : http://www.stratfordfestival.ca

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La Royal Shakespeare Company

© Royal Shakespeare Company
Vue extérieure du théâtre de la Royal Shakespeare Company à Stratford-upon-Avon, Angleterre.

Structurée de façon semblable à la Comédie-Française, la Royal Shakespeare Company réside à Stratford en Angleterre, là où William Shakespeare est né en 1564. Les metteurs en scène Peter Hall et Peter Brook en assument la direction lors de sa fondation en 1962. La compagnie obtient de nombreux succès dans les années soixante, avec des pièces de Shakespeare mais également avec des productions plus expérimentales comme Marat/Sade de Peter Weiss. Malgré le départ de Brook pour Paris en 1970, la Royal Shakespeare Company continue à prendre de l’expansion sous l’influence de nouveaux directeurs. Ainsi, la compagnie ouvre son répertoire à des œuvres contemporaines et joue sur plusieurs scènes à la fois. En 1986 est inauguré The Swan, une magnifique réplique d’un théâtre élisabéthain qui servira à la représentation des pièces écrites à l’époque de Shakespeare. Avec un nouveau directeur artistique depuis 2002, la compagnie continue à produire des mises en scène classiques ou actuelles qui savent tirer profit de la technologie moderne. La Royal Shakespeare Company demeure fidèle à une mission qui n’a guère changé depuis sa naissance : faire un théâtre de haute qualité et servir de plate-forme aux grands artisans du théâtre britannique.

Site internet (en anglais) : www.rsc.org.uk

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Le National Theatre

© Gauthier Deblonde
Extérieur du National Theatre de Londres (Royaume-Uni).

Considérée comme la plus grande institution théâtrale en Angleterre, le Royal National Theatre possède une riche histoire. Si l’idée d’un théâtre national en Grande-Bretagne naît en 1848, ce n’est qu’en 1963 que le Royal National Theatre sera inauguré. Pour marquer sa naissance, son premier directeur, Laurence Olivier, signe une mise en scène d’Hamlet de Shakespeare dont le succès passera à l’histoire. L’année suivante, la compagnie procède à sa première tournée mondiale. En présentant en 1967 la pièce Rosencrantz et Guildenstern sont morts, le National met au monde un jeune auteur britannique voué à une grande carrière : Tom Stoppard. C’est en 1976-77 que seront inaugurées les trois salles du South Bank, l’édifice qui abrite toujours la compagnie. De 1988 à 1997, le metteur en scène Richard Eyre prend en charge le théâtre pour lui offrir des années fastes. Sa grande ouverture d’esprit teinte le choix très diversifié des spectacles qu’il programme. Sous ses auspices, le répertoire côtoie sans accrochages l’avant-garde et la comédie musicale. Depuis avril 2003, le nouveau directeur du Royal National Theatre, Nicholas Hytner, semble décidé à conserver le rythme de croisière exubérant qui caractérise l’établissement.

Site internet (en anglais) : www.nt-online.org

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La Schaubühne de Berlin

© Schaubühne
Extérieur de la Schaubühne de Berlin (Allemagne).

Considérée comme la plus grande compagnie théâtrale allemande, la Schaubühne a été fondée en 1962 à Berlin-Ouest. Bien qu’il s’agisse d’un théâtre privé, cet établissement reçoit une aide financière de l’administration fédérale du pays. Dans les années soixante-dix, les directeurs imaginent un théâtre entièrement voué à la création et choisissent de programmer les textes d’auteurs contemporains qui ne sont pas joués ailleurs en Allemagne. En 1981, la Ville de Berlin offre à la troupe un édifice des années vingt, le bâtiment Mendelssohn, qui sera aménagé en trois salles modulables. Depuis les années quatre-vingts, le théâtre se consacre à des textes classiques et contemporains, autant allemands qu’étrangers. Parmi les classiques, notons les incontournables tragédies grecques et Shakespeare. Du côté des contemporains on retrouve les grandes pièces de Handke, Müller et Strauss. Si la compagnie invite à l’occasion des metteurs en scènes étrangers, ce sont Klaus Michael Grüber et Peter Stein qui signent plusieurs mises en scènes dans les murs de l’institution. Incroyablement dynamique, la Schaubühne est aujourd’hui un théâtre très ouvert sur le monde. Encore attaché à revisiter les classiques, il ose également monter les œuvres des auteurs les plus percutants de notre époque comme Sarah Kane et le Canadien Georges F. Walker.

Site internet (en allemand) : www.schaubuehne.de

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Le Royal Dramaten

© Roger Stenberg/Dramaten
Extérieur du Royal Dramaten, Stockholm, Suède

Communément appelé le Dramaten, le Théâtre royal dramatique est l’un des deux théâtres nationaux de Suède. Il donne des représentations sur six scènes différentes de la ville de Stockholm. La compagnie nourrit un esprit de troupe basé sur des principes semblables à ceux de la Comédie-Française et occupe une place centrale dans l’activité théâtrale suédoise. Elle a aussi brillé dans le monde entier, grâce à de nombreuses tournées internationales. C’est surtout le metteur en scène et cinéaste Ingmar Bergman, avec ses interprétations ingénieuses de Strindberg, Shakespeare ou Ibsen, qui a forgé l’impressionnante notoriété du Dramaten. Réputé pour revisiter les auteurs classiques, le groupe a également créé la plupart des pièces du renommé dramaturge suédois contemporain, Lars Norén. Les plus grands acteurs de Suède se sont produits au sein du Dramaten depuis sa naissance et de nombreux artistes étrangers, comme Robert Lepage, ont été invités à travailler avec eux. Depuis sa création, le théâtre fait beaucoup d’efforts pour promouvoir la culture locale, en Suède comme ailleurs. En 2003, la direction de la compagnie l’a prouvé plus que jamais en mettant sur pied un programme de soutien pour les jeunes auteurs suédois, un bel exemple de la vigueur dont elle sait faire preuve.

© Roger Stenberg/Dramaten
Intérieur du Royal Dramaten, Stockholm, Suède.

 

Site internet (en danois) : www.dramaten.se

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