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Dans ces cinq pièces, David French relate les beaux et les moins beaux moments de Jacob Mercer et Mary Snow, de leur famille, de leur pays et de leur époque.

Peter Hinton

directeur artistique, Théâtre anglais du Centre national des arts

Je me souviens du David French des années 1970 au Tarragon : je me souviens de ses rires comme de ses colères. Il était animé d’une passion contagieuse; cette passion nous nourrissait et nous a donné ces pièces si magnifiques et si inspirantes.

Mallory Gilbert

ancienne directrice générale, Tarragon Theatre

La famille

Mercer

« C’est une autobiographie qui n’est pas tant fidèle aux faits qu’aux émotions. »
– David French

Cinq des douze pièces écrites par David French racontent l’histoire en partie autobiographique de la famille Mercer de Coley’s Point, à Terre-Neuve.

On pourrait remplir une grande salle de théâtre simplement avec les acteurs professionnels qui ont tenu les rôles de Jacob et Mary dans l’une ou l’autre des pièces de French mettant en vedette la famille Mercer. Et si l’on ajoute tous les comédiens amateurs qui ont incarné ces deux personnages dans des productions scolaires ou de théâtre communautaire, c’est probablement tout un stade qu’on pourrait remplir. Ainsi, la famille Mercer fait désormais partie de la mythologie canadienne. Dans Salt-Water Moon, Jacob Mercer et Mary Snow sont deux adolescents qui découvrent l’amour. Dans les trois pièces suivantes, ils sont mariés et ont des enfants. Jacob, qui est âgé de seize ans dans Soldier’s Heart, est le seul personnage qui apparaît dans les cinq pièces sur la famille Mercer.

« J’aimerais avoir l’occasion dans ma carrière de jouer Jacob dans les cinq pièces du cycle Mercer. »

- Jamie Mac,
incarnant Jacob Mercer dans la production 2011 de Salt-Water Moon
du Centre national des Arts

Dans Leaving Home, Mary et Jacob Mercer forment un couple dans la quarantaine vivant à Toronto avec leurs deux fils adolescents lorsque le plus âgé des deux, Ben, leur annonce qu’il va quitter le domicile familial. Après avoir connu un énorme succès à sa création à Toronto en 1972, la pièce a été montée au fil des ans par la plupart des compagnies de théâtre au Canada. C’est la première pièce canadienne à avoir eu une telle popularité. Leaving Home a fait la preuve qu’il y avait un public pour les œuvres écrites par des auteurs canadiens.

En 1973, la suite de Leaving Home, Of The Fields, Lately ouvre la troisième saison du Tarragon Theatre. Deux années ont passé et Ben Mercer revient à la maison pour les funérailles de sa tante. Il découvre alors que son père a fait une crise cardiaque et ne travaille plus. Il se retrouve devant un choix difficile : repartir ou rester pour aider la famille. « J’ai écrit cette pièce parce que le public me demandait constamment ce qui était arrivé à la famille Mercer après le départ de Ben », explique David French. La pièce, saluée par un prix Chalmers, a été adaptée pour la télévision de CBC et a fait l’objet d’un grand nombre de productions tant au Canada qu’à l’étranger, notamment à Broadway et dans une adaptation en espagnol qui a connu beaucoup de succès en Argentine.

David French a ensuite attendu onze ans avant de faire revivre les Mercer, cette fois avec Salt-Water Moon en 1984. La pièce est une présuite à Leaving Home. Jacob Mercer a alors 18 ans et il a quitté Toronto pour retourner dans son village natal de Coley’s Point (Terre-Neuve) dans l’espoir de reconquérir la belle et jolie Mary Snow. La première version de cette pièce comptait une bonne vingtaine de personnages. La version finale n’en compte plus que deux. French dit de cette pièce qu’elle parle de ses propres parents, mais aussi de lui-même et de sa femme. Malheureusement, ni son père ni sa mère n’ont pu voir la pièce puisqu’ils étaient tous deux décédés. Lors d’une production de l’œuvre, il a écrit dans son Mot de l’auteur : « J’ai le sentiment profond que, de toutes les pièces du cycle Mercer que j’ai écrites, Salt-Water Moon est celle qui les aurait le plus touchés. »

La pièce a donné lieu au fil des ans à des centaines de productions, dont une présentation annuelle en plein air au Rising Tide Theatre, à Terre-Neuve. Elle fut adaptée pour la radio de CBC, a été jouée à plusieurs reprises aux États-Unis, en Irlande et en Grande-Bretagne, notamment à Londres et au Festival d’Édimbourg. Après sa création au Tarragon Theatre, elle prit l’affiche pendant trois semaines au Bayview Playhouse, à Toronto.

La version française de la pièce, dans une traduction d’Antonine Maillet sous le titre Une lune d’eau salée, a été présentée partout au Canada. Salt-Water Moon a remporté le prix de la meilleure œuvre dramatique de la Canadian Authors Association, le prix de la critique de la Hollywood Drama-League et le prix Dora Mavor Moore de la meilleure nouvelle pièce.

En acceptant le Dora, David French s’est dit reconnaissant aux « deux personnes qui m’ont amené à vouloir mettre une lune dans le ciel, mes parents ».

Avec ses quatorze personnages, 1949 s’intéresse au clan élargi des Mercer au moment où Terre-Neuve s’apprête à joindre la Confédération canadienne. De Toronto où ils sont exilés, les Mercer voient dans cet événement de nouvelles perspectives pour leur terre natale, mais craignent qu’elle ne perde sa culture et son indépendance. La première de 1949 a eu lieu à Toronto au Canadian Stage en 1988.

Dans Soldier’s Heart, le jeune Jacob et son père Esau subissent les affres de la Première Guerre mondiale. La pièce, qui explore les conséquences de la Grande Guerre sur deux générations de Mercer, a été présentée au Tarragon Theatre en 2001, trente ans après les premiers pas sur scène des célèbres personnages de la famille Mercer.

À la fin de sa vie, David French travaillait à une sixième pièce du cycle Mercer, restée inachevée.

l'Arbre généalogique des Mercer