
La Nuit transfigurée de Schoenberg
Les liens entre poésie et musique
Les liens entre poésie et musique sont souvent
très intimes, que ce soit dans la musique populaire (un hit
serait-il aussi convaincant si des paroles n’étaient pas
intégrées à la musique?) que classique.
L’amour reste toujours un élément important pour tout créateur et La Nuit transfigurée de Schoenberg en reste un exemple éloquent. Schoenberg n’a pas encore 25 ans quand, à l’été 1899, il rencontre Mathilde Zemlinsky, la sœur de son ami Alexander, également compositeur. C’est pour elle que, en moins de trois semaines, il composera sa Nuit transfigurée. L’œuvre est donc fortement ancrée dans le romantisme, tant au niveau du propos que du traitement musical. Si Schoenberg éventuellement « détruira » la tonalité en mettant sur pied le dodécaphonisme (chaque demi-ton de la gamme possédant un statut égal, les notions de tonique et dominante deviendront désuètes), on perçoit plutôt dans cette œuvre de jeunesse l’influence de Wagner. (On pourra écouter ici Siegried Idyll et surtout les Wesendock Lieder de Wagner.)
La pièce est basée sur un poème de Richard Dehmel – un autre ami du musicien –, extrait de son recueil La femme et le monde. Un couple amoureux se promène, en apparence insouciant. La femme avoue alors qu’elle attend un enfant d’un autre mais obtient le pardon de son amant, séduit à la pensée qu’il pourra partager sa maternité. Heureux, sous la lune, ils avancent vers leur destin.
La Nuit transfigurée
Le choix d’intégrer un programme d’ordre narratif (le poème) à une œuvre de musique de chambre (l’original était pour sextuor à cordes) est particulièrement audacieux. Pourtant, si le texte sert d’inspiration à l’œuvre musicale, Schoenberg a choisi de raconter l’histoire en musique essentiellement. Chaque auditeur peut choisir à quel moment de l’audition tel ou tel élément de l’histoire se produit. Contrairement à Vivaldi par exemple, qui transcrit le souffle du vent ou le chant d’un oiseau en musique avec précision dans ses Quatre Saisons, Schoenberg se concentre plutôt sur les sentiments : peur, doute, tendresse, pardon, passion, extase. Les aigus du violon cherchent à évoquer l’inquiétude, alors que les altos semblent presque sérieux et dissociés de l’émotion. Les violoncelles quant à eux semblent être témoins de l’histoire. Le poète Dehmel lui-même, après avoir entendu l’œuvre, en aurait oublié la trame narrative lors de sa première écoute de l’œuvre, totalement envoûté.
Schoenberg a inclus trois passages de « musique de marche » (la première, la troisième et la cinquième sections) qui encadrent les moments de « dialogues » (la deuxième, alors que la femme explique sa situation; la quatrième, alors que l’homme la rassure).
En classe...
Pour des activités liées à ce sujet, voir La Nuit transfigurée de Schoenberg. D'autres activités et lesson disponibles ici.

Liste d’écoute
Se connecter | Sauvegarder | Régénérer| PARTAGEZ:

