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Mari et femme, compositeurs Robert et Clara Schumann

Amitiés musicales

Les liens rapprochés entre compositeurs

Si la pratique d'un instrument se conjugue généralement au singulier (que ce soit dans le local de pratique ou sur la scène), le plaisir musical se décline plutôt au pluriel. Il n'est donc pas étonnant que plusieurs musiciens ou compositeurs aient ainsi développé des liens privilégiés. Certains compositeurs se côtoyaient sur une base régulière, notamment Joseph Haydn (qui a écrit 104 symphonies) et Wolfgang Amadeus Mozart (auteur de nombreux concertos pour piano) qui, en dépit de leur différence d'âge, ont entretenu des liens d'amitié profonds. Le flamboyant Franz Liszt et le plus réservé Frédéric Chopin ont quant à eux conversé pendant de nombreuses années. Liszt deviendra aussi un fervent défenseur de la musique de Richard Wagner (dont on peu entendre Siefried Idyll), qu'il fréquentera également en tant qu'ami. Les deux compositeurs sont d'ailleurs enterrés côte à côte.

Une toile d'influences

Parfois, l'amitié mène à l'amour, comme ce sera le cas pour le couple formé par Robert et Clara Schumann (tous deux compositeurs, même si Clara fera une grande carrière d'interprète). Dans leur journal intime, écrit à quatre mains, ils partagent aussi bien l'expression des sentiments amoureux que leurs impressions musicales. (Dans Adieu Robert Schumann, R. Murray Schafer évoque la descente tragique de Schumann dans la folie comme si elle était racontée par Clara). Parmi le cercle d'amis qui gravitent autour du couple, on trouve également les compositeurs Félix Mendelssohn (qui sera parrain d'un des enfants Schumann et auteur notamment de la Troisième Symphonie, « Écossaise ») et Johannes Brahms (dont la Première Symphonie fut surnommée la Dixième de Beethoven).

Brahms rendra la pareille à Antonín Dvořák quelques années plus tard et une amitié fidèle unira les compositeurs jusqu'à la mort de Brahms. Ce dernier corrigera d’ailleurs les épreuves de la Neuvième Symphonie de Dvořák.

Plusieurs cercles de musiciens ont également vu le jour au fil des siècles. Georg Philipp Telemann (compositeur du Concerto pour alto), un ami de Georg Friedrich Haendel (qui a notamment écrit la célèbre Royal Fireworks Music), fonde ainsi, en 1704, le Collegium Musicum qui, quelques années plus tard (de 1729 à 1739), sera placé sous la direction de Johann Sebastian Bach (auteur du Concerto brandebourgeois no 5). Les membres de ce groupe informel de musiciens amateurs se rencontraient chaque semaine en plein air ou dans un des cafés de la ville, notamment au Café Zimmermann, à Leipzig.

Franz Schubert fréquente également les cafés de façon hebdomadaire et présente ses œuvres aux musiciens qui s'y retrouvent. Dans une ambiance qui s'approche d’une jam session (que les artistes du jazz et des variétés connaissent bien), les Schubertiades regroupent une vingtaine de participants déchiffrant des œuvres du compositeur, choisies en fonction des partitions disponibles et des instrumentistes ou chanteurs présents ce jour- là. C’est peut-être dans de telles circonstances que le Rondo en la majeur, pour violon et cordes a été entendu la première fois.

S'inspirer de thèmes déjà existants

L'amitié transcende parfois les époques lorsque des compositeurs s'inspirent de thèmes d'autres compositeurs pour leur rendre hommage. Ils énoncent d'abord le thème original qu'ils transformeront à leur gré, grâce aux variations. La variation est une forme musicale qui consiste à transformer ou à modifier un thème, mais sans le rendre méconnaissable. Pour ce faire, on peut choisir de modifier la mélodie, le rythme, le tempo, la tonalité ou le mode, l'harmonie (par exemple, les accords d'accompagnement) et le timbre (qui le chante ou quel instrument le joue). Paul Hindemith se sert ainsi d’un thème de Weber dans ses Métamorphoses symphoniques sur des thèmes de Carl Maria von Weber comme matériau de base mais le transforme si bien qu’on a de la difficulté à le reconnaître. 

Certains compositeurs ont également utilisé leur propre nom ou celui d'un ami pour écrire le thème d'une œuvre. Bach a peut-être été le premier à utiliser les quatre lettres de son nom B-A-C-H (si bémol - la - do -si bécarre selon l'équivalent allemand) pour signer certaines de ses œuvres d'une façon personnelle et unique. On retrouve notamment cette signature dans certaines cantates et dans la fugue incomplète de L'art de la fugue, l'œuvre ultime du compositeur.

En classe...

Pour des activités liées à ce sujet, voir Amitiés Musicales. D'autres activités et lesson disponibles ici.

Lucie Renaud