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08:58

Overture to a Fairy Tale (1956)

  • Compositeur: Morawetz, Oskar
  • Chef d'orchestre: Bernardi, Mario
  • Date de concert: 1972-02-02
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Morawetz, Oskar

Morawetz, Oskar

17 janv. 1917 - 13 juin 2007

Vue d'ensemble

Le compositeur a précisé que son ouverture n'est pas destinée à un conte de fées particulier. Cela n'empêche pas l'auditeur d'évoquer le conte de son choix pour accompagner la musique. On retrouve ici bien entendu des éléments enjoués et menaçants et, comme dans la plupart des contes de fées, une fin heureuse. En savoir plus

Connexion Musicale

Du texte à la musique

Du texte à la musique se penche sur des compositions orchestrales inspirées par la littérature à partir d'œuvres des compositeurs canadiens Linda Bouchard, Oskar Morawetz, Gary Kulesha, Violet Archer et Robert Turner. En savoir plus

Biographie

Né à Svetlá nad Sázavou, Tchécoslovaquie (aujourd’hui République tchèque), 17 janvier 1917;
décédé à Toronto, 13 juin 2007

En 2007, le Canada perdait l’un de ses compositeurs les plus éminents, les plus couverts d’honneurs et les plus joués. Au-delà de 120 orchestres ont interprété la musique d’Oskar Morawetz sur cinq continents, sous la direction de chefs d’orchestre de la trempe de Zubin Mehta, Charles Dutoit, Kurt Masur, Seiji Ozawa et Andrew Davis. Ses œuvres ont été jouées par des artistes aussi célèbres que Jon Vickers, Glenn Gould, Anton Kuerti, Ben Heppner, Itzhak Perlman, Yo-Yo Ma et l’ensemble Canadian Brass. En 1979, à l’occasion du cinquantième anniversaire de Martin Luther King, son Memorial to Martin Luther King a été radiodiffusé dans vingt-quatre pays, et par 250 stations de radiodiffusion aux États-Unis seulement. En 1994, la SOCAN lui a remis le prix Jan V. Matajcek pour la musique de concert, décerné à un compositeur pour un nombre inégalé d’interprétations d’une grande variété de ses œuvres, exécutées par des chefs d’orchestre et des interprètes de renommée mondiale.

Années de formation

Morawetz naît dans une petite localité située à 120 kilomètres au sud-est de Prague. Il se destine d’abord à la foresterie avant de bifurquer vers la musique, qu’il étudie à Prague, puis à Vienne et ensuite à Paris. Il possède un talent rare : celui de réduire, à vue, des partitions pour orchestre en les exécutant au piano. Recommandé pour un poste d’assistant chef d’orchestre à l’Opéra de Prague à dix-neuf ans, il décline l’offre. Chassé d’Europe par la montée du nazisme, Morawetz trouve successivement refuge en Italie, aux îles Canaries et en République dominicaine. Il arrive finalement au Canada en 1940, poursuivant ses études au Conservatoire royal de musique de Toronto et à l’Université de Toronto. Bien qu’il ait obtenu un doctorat en 1953, Morawetz se considère essentiellement comme un compositeur autodidacte. Il est naturalisé Canadien en 1946.

Premières œuvres et avalanche de prix

Vers la fin de ses études de baccalauréat au Conservatoire royal, Morawetz écrit son premier quatuor à cordes. Ce premier essai est couronné du prix de la Société canadienne des droits d'auteurs (CAPAC) en 1945. La même année, il écrit sa première œuvre pour orchestre, Carnival Overture, dont le caractère slave n’est pas sans évoquer son illustre compatriote Dvorák. Sir Ernest MacMillan dirige l’œuvre à Montréal plus tard dans l’année, et elle deviendra l’une des compositions les plus jouées de Morawetz dans la seconde moitié du XXe siècle. L’année suivante, il reçoit à nouveau le prix de la CAPAC pour sa Sonata Tragica pour piano. En 1962, son Concerto pour piano remporte le premier prix dans le cadre d’un concours parrainé par l’Orchestre symphonique de Montréal. Zubin Mehta dirige cette pièce, avec Anton Kuerti comme soliste, en 1963. Le maestro Mehta dirige aussi la création de sa Sinfonietta pour instruments à vent et percussions, pour laquelle Morawetz mérite une autre récompense, le Prix de la critique au Concours international de musique contemporaine de Cava dei Tirreni, en Italie, en 1966.

Une veine tragique

Bien que beaucoup des premières compositions de Morawetz soient empreintes de gaieté et de légèreté (par exemple, Carnival Overture, Divertimento pour cordes, Overture to a Fairy Tale, The Railway Station, Souvenirs from Chilhood et l’opérette Father William), tout autres sont ses œuvres de maturité et de vieillesse, qui expriment souvent la tristesse, la tragédie et la souffrance. Ses chefs-d’œuvre Memorial to Martin Luther King (1968) et From the Diary of Anne Frank (1970) sont représentatifs de cette veine plus sombre. Comme il le notera lui-même, « les drames importants de la vie (…) sont tragiques par nature. » Ayant quitté l’Europe in extremis, tout juste avant que la guerre n’embrase le continent, et sachant à quelles horreurs il a échappé de peu, Morawetz est particulièrement sensible à la souffrance et aux tragédies humaines. Outre les œuvres susmentionnées, on peut citer, dans le même esprit, Who Has Allowed Us to Suffer? (une composition qui intègre aussi des extraits du Journal d’Anne Frank), Psalm 22 (sur les dernières paroles du Christ en croix : « Mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné? »), A Child’s Cry from Izieu (pour violon et piano, une œuvre commémorant le triste sort subi à Auschwitz par 41 orphelins du village français d’Izieu), Passacaglia on a Bach Chorale (à la mémoire de John F. Kennedy), Crucifixion (à la mémoire de Martin Luther King) et Prayer for Freedom (sur les souffrances et les humiliations subies par les hommes et les femmes de race noire).

Autres œuvres

Beaucoup des œuvres les plus connues de Morawetz sont écrites pour orchestre, mais la musique de chambre occupe aussi une place importante dans son catalogue. Cette part de sa production inclut des sonates pour violon (3), pour flûte, pour hautbois, pour clarinette, pour basson, pour cor, pour trompette et pour tuba (toutes avec piano). On lui doit aussi un quintette de cuivres et un autre pour une paire inusitée d’instruments, l’alto et la harpe, ainsi que trois quatuors à cordes, dont le plus connu est le deuxième. Un Duo pour violon et piano, œuvre de jeunesse, compte parmi ses compositions les plus fréquemment exécutées, de même que Who Has Allowed Us to Suffer?, très émouvante pièce vocale a cappella. Morawetz a composé plusieurs concertos pour des instruments qui ont rarement droit à un tel honneur : la clarinette, le basson, la harpe et le quintette de cuivres.

La « limpidité » de sa musique

Le fait que la musique de Morawetz plaise tant au public est certainement attribuable, en grande partie, à son constant souci de « limpidité » qui n’a, cependant, jamais pris le pas sur son intégrité artistique. Une pensée mélodique et une vitalité rythmique imprègnent la plupart de ses œuvres, toujours avec la plus grande sincérité. « Depuis mon enfance, la musique représente pour moi quelque chose d'extrêmement émotionnel », affirme-t-il. Le sérialisme, les techniques d’avant-garde et l’utilisation de formules mathématiques sont aux antipodes de son esthétique musicale. Quand on l’accuse d’être réactionnaire, il répond : « Je ne crois pas que l’on peut juger de la valeur d’une oeuvre selon qu’elle a vingt ans d’avance ou de retard sur son temps. Les vrais chefs-d’oeuvre sont ceux qui m’ont subjugué à tel point que je n’avais plus envie de parler à quiconque pour le reste de la soirée. »

Une existence comblée d’honneurs

Il est peu probable qu’un autre compositeur canadien ait récolté davantage de prix, de distinctions, de médailles, d’honneurs et d’hommages qu’Oskar Morawetz. En plus des récompenses susmentionnées, il a reçu des bourses du Conseil des Arts du Canada en 1960, 1967 et 1974. En 1971, pour sa pièce From the Diary of Anne Frank, le Fonds J. I. Segal pour la culture juive au Canada lui a décerné un prix spécial « pour la plus importante contribution à la culture et à la musique juives au Canada ». En 1987, Morawetz est devenu le premier compositeur à recevoir l’Ordre de l’Ontario. Deux ans plus tard, il a été fait membre de l’Ordre du Canada. Également en 1989, son Concerto pour harpe a été couronné d’un prix Juno. En 1992, il a reçu la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada et en 2001, il remportait son deuxième prix Juno de la « meilleure composition classique » (pour From the Diary of Anne Frank). En 2002, la Médaille du Jubilé d’or de la reine lui a été attribuée. Il a aussi été finaliste aux prix Juno à trois autres occasions, en 1987 pour Overture to a Fairy Tale, en 1991 pour Memorial to Martin Luther King, et en 2008 pour A Child’s Cry from Izieu. En 2008, il a obtenu à titre posthume la Médaille d’argent commémorative de Jan Masaryk pour « avoir fait honneur à la République tchèque ». La musicothèque du nouveau Centre musical du Lac MacDonald, au Québec, a été baptisée en son honneur, et renferme au-delà de mille ouvrages et partitions provenant des archives du compositeur.

Programme de concert

Oscar Morawetz: Né à Svetlá nad Sázavou, Tchécoslovaquie (aujourd’hui République tchèque), 17 janvier 1917; 
décédé à Toronto, 13 juin 2007

Oscar Morawetz peut sans doute se prévaloir d'être le compositeur canadien le plus joué, mais c'est à sa première œuvre pour orchestre, le Carnival Overture, écrite à l'âge de vingt-deux ans, qu'il doit la meilleure part de cette réputation. La présentation d'une œuvre canadienne est toujours l'occasion de grandes réjouissances dans Ie ciel .... et pour le compositeur, mais le grand cas fait de cette réalisation de jeunesse ne laisse pas de se montrer parfais gênant pour Morawetz.

On Ie juge trop souvent sur cette première bouture, et cet aîné qui lui inspire une fierté légitime ne doit pas masquer la profonde évolution de ses conceptions musicales. Morawetz, dont Ie talent s'allie à un sens avisé des possibilités d'exécution, décide alors que Ie temps est venu d'écrire une œuvre qui évincerait le Carnival Overture ou, du moins, partagerait avec lui les honneurs du premier rang. Pour parvenir à ses fins, il la dote de quelques-uns des traits qui ont fait la fortune de sa première composition brièveté, gaieté, intelligibilité, sans oublier la grande envolée d'apothéose si séduisante pour un chef d'orchestre.

Il ne faut pas y chercher d'intrigue; l'œuvre réunit cependant tous les ingrédients essentiels du conte de fée et exprime un étonnement émerveillé devant la réalisation de l'impossible (ou presque). Certains motifs ont la légèreté des elfes, d'autres adoptent le ton mystérieux du présage pour se charger, au point culminant, d'une véritable menace. Ce scénario sans visages échappe à tout autre commentaire, sinon que l'auditeur attentif ne saurait douter, à la fin, de la mort de la sorcière malfaisante.

En décembre 1956, Thomas Mayer, chef attitré de ce qui était à l'époque l'Orchestre symphonique d'Halifax, entend parler de l'ouverture en cours de composition et s'offre à la créer. En raison des moyens limités de l'ensemble d'Halifax, Morawetz supprime les partitions de harpe et de trombone. Or un conte de fée sans harpe est aussi démuni qu'un arbre de Noël sans décoration; le compositeur relève quand même Ie défi et réussit à créer les effets recherchés au moyen d'autres instruments, dont le piccolo l'œuvrée en l'espace de trois semaines, est dédiée au père du musicien.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1956

Histoire, politique et affaires sociales

  • La loi controversée visant la création du Pipeline transcanadien est déposée à la chambre des communes.
  • Élection en Saskatchewan : la Co-operative Commonwealth Federation de Tommy Douglas remporte une quatrième majorité consécutive.
  • Le Congrès des métiers et du travail du Canada fusionne avec le Congrès du travail du Canada pour former le Congrès du travail du Canada.
  • Le Japon est admis aux Nations unies.
  • 96 membres du Congrès américain signent le Manifeste du Sud, un protêt contre le jugement de la Cour suprême de 1954 sur la déségrégation de l’éducation publique.
  • Crise du canal de Suez : le Royaume-Uni et la France commencent à bombarder l’Égypte afin de forcer la réouverture du Canal de Suez.
  • Lester B. Pearson propose une résolution couronnée de succès à la Crise du canal de Suez, qui lui permettra de remporter le Prix Nobel de la paix l’année suivante.

Nature, science et technologie

  • Le Musée Alexander Graham Bell est inauguré à Baddeck, Nouvelle-Écosse.
  • Le premier câble de téléphone transatlantique entre en opération (entre Terre-Neuve et l’Écosse).
  • Winnipeg se connecte au relais radio micro-ondes du TransCanada Telephone System via MTS, ce qui permet de recevoir la programmation de CBC Television le jour même.
  • Le ruban vidéo est lancé par Ampex. Le premier format pratique qui connaîtra le succès commercial est connu sous le nom de Quadruplex 2".
  • Le disque dur est inventé par une équipe d’IBM menée par Reynold B. Johnson.

Arts, lettres et divertissement

  • Le pianiste Glenn Gould joue en Union soviétique.
  • Le Canada remporte six médailles, dont deux d’or, aux Olympiques d’été de Melbourne, en Australie.
  • Jean-Paul Lemieux peint Le Visiteur du soir.
  • Paul-Émile Borduas termine sa peinture Le Chant de la pierre.
  • Pierre Berton publie son premier livre, The Mysterious North, un récit de ses voyages dans le Nord du Canada. Il remporte le prix du Gouverneur général.
  • Farley Mowat publie son aventure classique pour jeunes adultes, Lost in the Barrens (Perdus dans les terres arides).
  • Painters Eleven participe à la 20e exposition annuelle des American Abstract Artists à New York et retient l’attention nationale.
  • Fernand Leduc devient le premier président de l’Association des artistes non-figuratifs de Montréal.
  • Les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon reçoivent officiellement leurs blasons.
  • Le déménagement de l’Office national du film d’Ottawa à Montréal encourage la production de films en français.
  • Elvis Presley fait une première incursion dans les palmarès américains avec Heartbreak Hotel.

Connexion Musicale

Cette pièce brève créée en 1957 est une des compositions orchestrales canadiennes les plus connues. La musique ne suit pas la narration d'un conte de fées particulier, mais évoque plutôt certaines caractéristiques que l'on retrouve dans tous les contes de fées. Morawetz explique que l'exposition contient trois types de motifs : certains ont la légèreté des elfes, d'autres sont mystérieux, et d'autres enfin sont gais et dansants. Ces thèmes évoluent selon les couleurs orchestrales, les différentes combinaisons rythmiques et sont parfois combinés les uns aux autres. La musique devient menaçante, puis très calme et douce. Enfin, la coda apporte une fin joyeuse.

Le module Du texte à la musique se penche sur des compositions orchestrales inspirées par la littérature. Nous avons retenu cinq compositeurs canadiens – Linda Bouchard, Oskar Morawetz, Gary Kulesha, Violet Archer et Robert Turner. Les sources d’inspiration de ces œuvres musicales sont très variées – romans d’amour du Moyen Âge (Exquisite Fires de Bouchard), contes de fées (Overture to a Fairy Tale de Morawetz), The Waves de Virginia Woolf (The Boughs of Music de Gary Kulesha), Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (Prélude-Incantation de Violet Archer) et poème du Canadien Earle Birney (Group of Seven de Robert Turner).

Dans certains cas, le texte littéraire sert d'inspiration générale au climat musical, dans d'autres cas il fait office de support plus précis pour la musique et dans un cas seulement, c'est le texte lui-même qui est mis en musique. Les activités d'écoute guidée et d'apprentissage invitent les élèves à s'intéresser à l'histoire qui a inspiré la musique et à voir comment la musique peut refléter, renforcer ou souligner le texte.

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