Précédent Music For Dancing (1948)
Beckwith, John
Suivant Red Ear of Corn Suite, Ballet Suite (1949)
Weinzweig, John
Jouer

Taille du fichier: 13.83 Mo

Ce fichier audio dépasse les 6 Mo

09:36

Divertimento pour cordes (1948)

  • Compositeur: Morawetz, Oskar
  • Chef d'orchestre: Bernardi, Mario
  • Date de concert: 1971-01-07
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Morawetz, Oskar

Morawetz, Oskar

17 janv. 1917 - 13 juin 2007

Vue d'ensemble

Les brèves compositions pour orchestre à cordes étaient une forme d'expression musicale populaire parmi les compositeurs canadiens du milieu du XXe siècle. Voici un des nombreux excellents exemples de ce type d'écriture.   En savoir plus

Biographie

Né à Svetlá nad Sázavou, Tchécoslovaquie (aujourd’hui République tchèque), 17 janvier 1917;
décédé à Toronto, 13 juin 2007

En 2007, le Canada perdait l’un de ses compositeurs les plus éminents, les plus couverts d’honneurs et les plus joués. Au-delà de 120 orchestres ont interprété la musique d’Oskar Morawetz sur cinq continents, sous la direction de chefs d’orchestre de la trempe de Zubin Mehta, Charles Dutoit, Kurt Masur, Seiji Ozawa et Andrew Davis. Ses œuvres ont été jouées par des artistes aussi célèbres que Jon Vickers, Glenn Gould, Anton Kuerti, Ben Heppner, Itzhak Perlman, Yo-Yo Ma et l’ensemble Canadian Brass. En 1979, à l’occasion du cinquantième anniversaire de Martin Luther King, son Memorial to Martin Luther King a été radiodiffusé dans vingt-quatre pays, et par 250 stations de radiodiffusion aux États-Unis seulement. En 1994, la SOCAN lui a remis le prix Jan V. Matajcek pour la musique de concert, décerné à un compositeur pour un nombre inégalé d’interprétations d’une grande variété de ses œuvres, exécutées par des chefs d’orchestre et des interprètes de renommée mondiale.

Années de formation

Morawetz naît dans une petite localité située à 120 kilomètres au sud-est de Prague. Il se destine d’abord à la foresterie avant de bifurquer vers la musique, qu’il étudie à Prague, puis à Vienne et ensuite à Paris. Il possède un talent rare : celui de réduire, à vue, des partitions pour orchestre en les exécutant au piano. Recommandé pour un poste d’assistant chef d’orchestre à l’Opéra de Prague à dix-neuf ans, il décline l’offre. Chassé d’Europe par la montée du nazisme, Morawetz trouve successivement refuge en Italie, aux îles Canaries et en République dominicaine. Il arrive finalement au Canada en 1940, poursuivant ses études au Conservatoire royal de musique de Toronto et à l’Université de Toronto. Bien qu’il ait obtenu un doctorat en 1953, Morawetz se considère essentiellement comme un compositeur autodidacte. Il est naturalisé Canadien en 1946.

Premières œuvres et avalanche de prix

Vers la fin de ses études de baccalauréat au Conservatoire royal, Morawetz écrit son premier quatuor à cordes. Ce premier essai est couronné du prix de la Société canadienne des droits d'auteurs (CAPAC) en 1945. La même année, il écrit sa première œuvre pour orchestre, Carnival Overture, dont le caractère slave n’est pas sans évoquer son illustre compatriote Dvorák. Sir Ernest MacMillan dirige l’œuvre à Montréal plus tard dans l’année, et elle deviendra l’une des compositions les plus jouées de Morawetz dans la seconde moitié du XXe siècle. L’année suivante, il reçoit à nouveau le prix de la CAPAC pour sa Sonata Tragica pour piano. En 1962, son Concerto pour piano remporte le premier prix dans le cadre d’un concours parrainé par l’Orchestre symphonique de Montréal. Zubin Mehta dirige cette pièce, avec Anton Kuerti comme soliste, en 1963. Le maestro Mehta dirige aussi la création de sa Sinfonietta pour instruments à vent et percussions, pour laquelle Morawetz mérite une autre récompense, le Prix de la critique au Concours international de musique contemporaine de Cava dei Tirreni, en Italie, en 1966.

Une veine tragique

Bien que beaucoup des premières compositions de Morawetz soient empreintes de gaieté et de légèreté (par exemple, Carnival Overture, Divertimento pour cordes, Overture to a Fairy Tale, The Railway Station, Souvenirs from Chilhood et l’opérette Father William), tout autres sont ses œuvres de maturité et de vieillesse, qui expriment souvent la tristesse, la tragédie et la souffrance. Ses chefs-d’œuvre Memorial to Martin Luther King (1968) et From the Diary of Anne Frank (1970) sont représentatifs de cette veine plus sombre. Comme il le notera lui-même, « les drames importants de la vie (…) sont tragiques par nature. » Ayant quitté l’Europe in extremis, tout juste avant que la guerre n’embrase le continent, et sachant à quelles horreurs il a échappé de peu, Morawetz est particulièrement sensible à la souffrance et aux tragédies humaines. Outre les œuvres susmentionnées, on peut citer, dans le même esprit, Who Has Allowed Us to Suffer? (une composition qui intègre aussi des extraits du Journal d’Anne Frank), Psalm 22 (sur les dernières paroles du Christ en croix : « Mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné? »), A Child’s Cry from Izieu (pour violon et piano, une œuvre commémorant le triste sort subi à Auschwitz par 41 orphelins du village français d’Izieu), Passacaglia on a Bach Chorale (à la mémoire de John F. Kennedy), Crucifixion (à la mémoire de Martin Luther King) et Prayer for Freedom (sur les souffrances et les humiliations subies par les hommes et les femmes de race noire).

Autres œuvres

Beaucoup des œuvres les plus connues de Morawetz sont écrites pour orchestre, mais la musique de chambre occupe aussi une place importante dans son catalogue. Cette part de sa production inclut des sonates pour violon (3), pour flûte, pour hautbois, pour clarinette, pour basson, pour cor, pour trompette et pour tuba (toutes avec piano). On lui doit aussi un quintette de cuivres et un autre pour une paire inusitée d’instruments, l’alto et la harpe, ainsi que trois quatuors à cordes, dont le plus connu est le deuxième. Un Duo pour violon et piano, œuvre de jeunesse, compte parmi ses compositions les plus fréquemment exécutées, de même que Who Has Allowed Us to Suffer?, très émouvante pièce vocale a cappella. Morawetz a composé plusieurs concertos pour des instruments qui ont rarement droit à un tel honneur : la clarinette, le basson, la harpe et le quintette de cuivres.

La « limpidité » de sa musique

Le fait que la musique de Morawetz plaise tant au public est certainement attribuable, en grande partie, à son constant souci de « limpidité » qui n’a, cependant, jamais pris le pas sur son intégrité artistique. Une pensée mélodique et une vitalité rythmique imprègnent la plupart de ses œuvres, toujours avec la plus grande sincérité. « Depuis mon enfance, la musique représente pour moi quelque chose d'extrêmement émotionnel », affirme-t-il. Le sérialisme, les techniques d’avant-garde et l’utilisation de formules mathématiques sont aux antipodes de son esthétique musicale. Quand on l’accuse d’être réactionnaire, il répond : « Je ne crois pas que l’on peut juger de la valeur d’une oeuvre selon qu’elle a vingt ans d’avance ou de retard sur son temps. Les vrais chefs-d’oeuvre sont ceux qui m’ont subjugué à tel point que je n’avais plus envie de parler à quiconque pour le reste de la soirée. »

Une existence comblée d’honneurs

Il est peu probable qu’un autre compositeur canadien ait récolté davantage de prix, de distinctions, de médailles, d’honneurs et d’hommages qu’Oskar Morawetz. En plus des récompenses susmentionnées, il a reçu des bourses du Conseil des Arts du Canada en 1960, 1967 et 1974. En 1971, pour sa pièce From the Diary of Anne Frank, le Fonds J. I. Segal pour la culture juive au Canada lui a décerné un prix spécial « pour la plus importante contribution à la culture et à la musique juives au Canada ». En 1987, Morawetz est devenu le premier compositeur à recevoir l’Ordre de l’Ontario. Deux ans plus tard, il a été fait membre de l’Ordre du Canada. Également en 1989, son Concerto pour harpe a été couronné d’un prix Juno. En 1992, il a reçu la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada et en 2001, il remportait son deuxième prix Juno de la « meilleure composition classique » (pour From the Diary of Anne Frank). En 2002, la Médaille du Jubilé d’or de la reine lui a été attribuée. Il a aussi été finaliste aux prix Juno à trois autres occasions, en 1987 pour Overture to a Fairy Tale, en 1991 pour Memorial to Martin Luther King, et en 2008 pour A Child’s Cry from Izieu. En 2008, il a obtenu à titre posthume la Médaille d’argent commémorative de Jan Masaryk pour « avoir fait honneur à la République tchèque ». La musicothèque du nouveau Centre musical du Lac MacDonald, au Québec, a été baptisée en son honneur, et renferme au-delà de mille ouvrages et partitions provenant des archives du compositeur.

Programme de concert

Oskar Morawetz: Né à Svetlá nad Sázavou, Tchécoslovaquie (aujourd'hui République tchèque), 17 janvier 1917; décédé à Toronto, le 13 juin 2007

Oskar Morawetz nait en Tchécoslovaquie en 1917. En 1940, il vient au Canada Professeur de musique a I'Université de Toronto, c'est I'un des compositeurs les plus féconds et les plus joués du pays.

Commandé par Radio-Canada en 1948, le Divertimento pour cordes est une des premières compositions de Morawetz. Une version revue pour Ie festival de Stratford de 1955, a été jouée près de cent fois au Canada et à l'étranger, entre autres à l'Exposition universelle de Bruxelles, sous la direction de Boyd Neel.

Le Divertimento enchaine les rythmes entrainants propres à la musique slave et tchèque. Trois sections Ie composent; I'allegro d'ouverture est suivi d'un andante cantabile, puis on revient à I'allegro d'introduction, qui trouve sa conclusion dans une coda pleine d'allant.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1948

Histoire, politique et affaires sociales

  • L’Assemblée des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En accord avec celle-ci, le droit des femmes à l’emploi et au salaire égal devient politique officielle canadienne.
  • Louis St-Laurent est élu premier ministre.
  • Le Canada envoie des observateurs militaires au Cachemire après la première guerre entre l’Inde et le Pakistan.
  • Une inondation au Manitoba laisse 2,500 personnes sans résidence. Des inondations en Colombie-Britannique en déplacent 9,000.
  • Les Juifs canadiens commencent à émigrer dans le nouvellement formé état d’Israël. En 1998, leur nombre atteintra 8,000.
  • Le pacifiste et chef indien Mahatma Gandhi est assassiné par Nathuram Godse.

Nature, science et technologie

  • Le Canada devient le premier pays à offrir un service par avion pour toutes les livraisons de lettres en première classe.
  • La compagnie de chemin de fer Bangor & Aroostook inaugure le premier train de passagers propulsé au diesel.
  • L’armée de l’air israélienne est formée, en même temps que le nouvel état d’Israël.
  • Columbia Records présente le premier disque 331/3 tours LP (« long playing »), qui permet d’enregistrer environ 25 minutes de musique par côté, plutôt que les 4 minutes du disque 78 tours, standard précédent de l’industrie.

Arts, lettres et divertissement

  • Borduas publie le manifeste Refus global, éclipsant celui du groupe d’Alfred Pellan Prisme d’yeux. Borduas est renvoyé de son poste de professeur à l’École du meuble de Montréal.
  • Roger Lemelin publie son roman Les Plouffe, qui devient matière de l’émission de radio (et plus tard télé) populaire La Famille Plouffe.