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Glick, Srul Irving
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11:20

Divertissement (1957)

  • Compositeur: Mercure, Pierre
  • Chef d'orchestre: Bernardi, Mario
  • Date de concert: 1971-10-06
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Mercure, Pierre

Mercure, Pierre

21 févr. 1927 - 29 janv. 1966

Vue d'ensemble

Le titre suggère une musique enjouée et l'orchestration pour cordes seules peut sembler « légère », mais les apparences sont parfois trompeuses. Mercure nous convie à une expérience émotionnelle intense avec cette oeuvre brève et compacte, pleine d'urgence rythmique, de surprises harmoniques et de couleurs sombres. En savoir plus

Biographie

Montréal, 21 février 1927;
environs d’Avallon, France, 29 janvier 1966

Le 29 janvier 1966, le Canada a perdu l’un de ses jeunes compositeurs les plus prometteurs quand Pierre Mercure, à trente-huit ans seulement (soit au même âge que Mendelssohn), a trouvé la mort dans un accident de la route survenu près d’Avallon, entre Paris et Dijon, au centre de la France. Dans sa brève carrière, il s’est hissé au premier rang des compositeurs canadiens contemporains et a manifesté une remarquable propension à progresser sans rien perdre de son intégrité artistique. « Il avait l’oreille d’un musicien, l’œil d’un artiste visuel, et le sens du mouvement d’un réalisateur de la télévision », ainsi que l’a souligné le compositeur Udo Kasemets.

Études à Montréal et à Paris

Pierre Mercure entreprend sa formation professionnelle au Conservatoire de Montréal et poursuit ses études, par intermittence, à Paris. Trois autres compositeurs québécois qui séjournent à Paris à l’époque – Gabriel Charpentier, Jocelyne Binet et Clermont Pépin – influenceront profondément le jeune compositeur dans sa quête d’indépendance artistique. À leur contact, il se consacre avec un intérêt croissant à la musique concrète, à la musique aléatoire et, surtout, à l’intégration de différents véhicules artistiques (théâtre, cinéma, danse, peinture, sculpture).

Mercure est un homme d’une vaste érudition. Au Conservatoire de Montréal, il étudie l’harmonie et la composition sous la férule de Claude Champagne. De plus, il apprend à jouer pas moins de six instruments : le piano, l’orgue, la flûte, le violoncelle, la trompette et le basson – qui deviendra son instrument de prédilection. Au début de la saison 1947-1948, il est engagé par Wilfrid Pelletier comme bassoniste au sein de l’Orchestre symphonique de Montréal. Il reste membre de l’orchestre jusqu’en 1952, avec toutefois un hiatus au cours de la saison 1949-1950 alors qu’il séjourne à Paris, étudiant d’abord brièvement la composition auprès Nadia Boulanger et, par la suite, l’orchestration auprès d’Arthur Hoérée et la direction d’orchestre auprès de Jean Fournet. À l’été 1951, il se rend à Tanglewood pour suivre les cours de Luigi Dallapiccola, l’un des chefs de file du dodécaphonisme, avec qui il se lie d’amitié. Mercure rejettera plus tard le sérialisme, qu’il juge trop contraignant. Jeune compositeur ambitieux et aventureux, il est en quête de nouveaux territoires musicaux à conquérir.

Les premières compositions

La première composition importante de Mercure est une musique de scène basée sur Alice au pays des merveilles (1947). L’année suivante, il compose Kaléidoscope, une fantaisie orchestrale de onze minutes qui deviendra l’une de ses œuvres les plus jouées. Dans cette composition, Mercure manifeste une maîtrise de la palette orchestrale particulièrement remarquable, venant d’un jeune compositeur qui en était alors à son premier essai pour l’orchestre entier. Toujours en 1948, il écrit une autre pièce orchestrale, Pantomime, qui « illustre le mieux les intentions du compositeur, à savoir celles de développer un style personnel et indépendant tout en restant musicalement objectif, c'est-à-dire à travers l'étude des contrastes dans les lignes, à travers l'étude de la forme et de nouvelles sonorités » (Centre de musique canadienne). Son Divertissement, une œuvre de douze minutes écrite en 1957, est essentiellement tonal, malgré ses harmonies piquantes, et contient des passages d’un grand lyrisme sonore.

La Société Radio-Canada

En janvier 1952, Mercure entre au service de Radio-Canada, devenant du même coup le tout premier réalisateur d’émissions musicales pour la télévision. De 1954 à 1959, il produit plus de quarante émissions de la série L’Heure du concert. Il est aussi responsable des émissions Jazz Workshop, Music Hall, Pays et merveilles et plusieurs autres. « Il s'impos[e] », écrit Lyse Richer dans l’Encyclopédie de la musique au Canada, « par la qualité alliée à une recherche visuelle constante, souvent teintée d'audace. »

La musique électroacoustique

Vers la fin des années 1950 et le début des années 1960, Mercure s’immerge dans l’univers, alors balbutiant, de la musique électronique. Cet intérêt est attisé par un voyage en Europe qu’il effectue en 1957-1958, au cours duquel il entre en contact avec Pierre Schaeffer et son Groupe de recherches musicales. Parmi ses œuvres de cette période, construites à partir de sons concrets modifiés par des moyens électroniques, mentionnons Répercussions, Structures métalliques I et II, Incandescence et Improvisation.

Un événement exceptionnel à Montréal

En août 1961, Mercure organise un festival d’avant-garde à Montréal auquel il convie une liste impressionnante de compositeurs de tout premier plan, pour ne mentionner que John Cage, Serge Garant, Mauricio Kagel, Kalrheinz Stockhausen, Christian Wolff et Iannis Xenakis. Malheureusement, la Semaine internationale de musique actuelle restera une expérience sans lendemain, mais cet événement ouvrira la voie à la SMCQ (Société de musique contemporaine du Québec), créée en 1966 et reconnue, aujourd’hui, comme l’un des plus importants diffuseurs de musique moderne canadienne et étrangère au Canada.

Programme de concert

Pierre Mercure : Né à Montréal, le 21 février 1927; décédé à Avallon, France, le 29 janvier 1966

Jusqu’à sa mort tragique au début de 1966 dans un accident de voiture survenu au centre de la France, Pierre Mercure a visé à la perfection par un souci constant de la très haute qualité tant de sa propre musique et de ses réalisations pour le réseau français de télévision à Montréal, que de la musique des autres.

Né à Montréal en 1927, il devient l’élève de Claude Champagne, qui lui enseigne la rigueur du métier et lui transmet cette exubérance du geste que l’on retrouve chez tant de ses disciples. C’est à cette époque qu’il compose ses premières œuvres; en 1947, il écrit la musique d’Alice au pays des merveilles. Cependant, l’univers de Mercure se transforme lorsque, deux ans plus tard, il se rend à Paris. Il y subit des influences diverses, depuis la minutie de langage de Nadia Boulanger, grande prêtresse de Stravinski, jusqu’à la hardiesse tonale d’un Pierre Schafer, « inventeur » de la musique concrète.

Ses premières œuvres, telles Alice et Kaléidoscope, qui marque en tournant la musique canadienne, se distinguent par un style moderne et entrainant, à la manière de Honegger. Les études qu’il poursuit à Paris et ses contacts ultérieurs avec Luigi Dallapiccola et Richard Maxfield élargissent encore ses horizons par une expérimentation poussée des textures et de la densité des sons. Sa dernière composition, Lignes et points, achevée en 1966, représentera l’aboutissement et le point culminant de ses recherches.

C‘est à la demande de la fondation Lapitsky qu’en 1957, Pierre Mercure compose son Divertissement pour l’Orchestre de chambre de McGill. L’œuvre est interprétée pour la première fois à Montréal le 26 mars de la même année, sous la direction d’Alexander Brott. La partition oppose la sonorité ténue du quatuor à cordes à la plénitude de l’ensemble. Dans cette découpe franche en trois mouvements, on remarquera plus particulièrement l’ambiance paisible de l’adagio et l’humeur enjouée du rondo final.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1957

Histoire, politique et affaires sociales

  • La Chambre des communes adopte à l’unanimité la Loi sur l'assurance-hospitalisation et les services diagnostiques, qui offre un plan d’hospitalisation public subventionné par les gouvernements fédéral et provincial.
  • John Diefenbaker devient le 13e premier ministre canadien.
  • Lester B. Pearson devient le premier Canadien à remporter le Prix Nobel de la paix.
  • La voie maritime du Saint-Laurent est ouverte.
  • La reine Elizabeth II ouvre le parlement canadien; elle est le premier monarque à le faire.
  • Le Traité de Rome établit la Communauté économique européenne (CEE).
  • L’Égypte ouvre le Canal de Suez de nouveau au transport maritime.

Nature, science et technologie

  • L’URSS lance Sputnik-I, un satellite artificiel, qui inaugure l’âge de l’espace.
  • Le Canada et les États-Unis signent l’accord NORAD qui offre une surveillance aérienne, une souveraineté du ciel et la défense des deux pays.
  • L’Hamilton Watch Company lance la première montre électrique.

Arts, lettres et divertissement

  • La Chambre des communes passe la Loi du Conseil du Canada « pour promouvoir l’étude, l’appréciation et la production d’œuvres dans les domaines des arts, des sciences humaines et sociales ».
  • Les Grands Ballets Canadiens sont fondés à Montréal par Ludmilla Chiriaeff.
  • Le critique littéraire et théoricien Northrop Frye publie son Anatomy of Criticism, généralement considéré comme l’une des œuvres de théorie littéraire les plus importantes parues au 20e siècle.
  • Merrymaking (1860) de Cornelius Krieghoff devient célèbre alors que la presse annonce sa vente à Lord Beaverbrook pour un surprenant 25,000 $.
  • L’artiste William Ronald favorise la visite du puissant critique d’art de New York Clement Greenberg qui découvre certains des membres de Painters Eleven à Toronto. Ronald devient l’un des plus jeunes membres de ce groupe d’artistes à exposer à la Kootz Gallery de New York.
  • Elvis Presley fait ses débuts canadiens au Maple Leaf Gardens de Toronto.