Précédent La symphonie n° 4 en la majeur « Italienne », op. 90 (1831)
Mendelssohn, Félix
Suivant La belle Mélusine, ouverture (1834)
Mendelssohn, Félix
Jouer

Taille du fichier: 15.91 Mo

Ce fichier audio dépasse les 6 Mo

11:03

Les Hébrides, opus 26 (La Grotte de Fingal) (1832)

  • Compositeur: Mendelssohn, Félix
  • Chef d'orchestre: Pinnock, Trevor
  • Date de concert: 1995-02-08
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Mendelssohn, Félix

Mendelssohn, Félix

03 févr. 1809 - 04 nov. 1847

Vue d'ensemble

Alors qu'il visitait les îles Hébrides (un archipel au large de la côte écossaise), Mendelssohn s'inspira d'une grotte qu'il avait explorée là-bas (la grotte de Fingal) pour créer cette magistrale évocation du sombre mystère de cette merveille de la nature et de la mer menaçante qui l'entoure. En savoir plus

Biographie

Né le 3 février 1809, à Hambourg;
décédé le 4 novembre 1847, à Leipzig

Pendant de nombreuses années, on a souvent qualifié Félix Mendelssohn de « gentil compositeur de génie ». Les points de vue ont évolué et l'on a cessé de souligner son côté « gentil » (Mendelssohn a écrit beaucoup de musiques qui sont loin d'être gentillettes et la vie n’a pas été plus tendre avec lui qu’avec d’autres), mais chaque fois que l'on parle de ce compositeur, il est toujours question de son génie. En effet, Mendelssohn était un génie. Bien sûr, il y a différents degrés dans le génie. Souvent, ce terme sert à désigner un jeune homme possédant un certain talent. Normalement, on qualifie de génies de grandes figures comme Bach , Chopin et Liszt. Avec Mendelssohn, cependant, le mot prend pratiquement un sens nouveau.

Génie adolescent

À neuf ans, Mendelssohn donnait des récitals de piano en public. Trois ans plus tard, il avait composé trois opéras. À 14 ans, son catalogue comprenait déjà une douzaine de symphonies pour cordes. À 16 ans, il avait composé un octuor à cordes et à 17 ans, l'Ouverture du Songe d’une nuit d'été . Ces deux dernières œuvres figurent parmi les musiques les plus parfaites jamais écrites par un compositeur, quel que soit son âge. Même Mozart n’écrivait pas une musique de cette qualité lorsqu'il avait cet âge. De fait, on peut probablement affirmer sans crainte de se tromper que personne dans l'histoire, à l'exception peut-être du compositeur viennois Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), n'a composé une musique aussi soignée à un aussi jeune âge. À cette époque de sa vie, le jeune Félix avait l'avantage de disposer d'un orchestre privé pour expérimenter ses idées musicales. Bien sûr, cela devait aider, mais le génie était inné.

Son propre orchestre

Un orchestre privé? Pour un adolescent ? Mendelssohn est un des rares artistes nés dans la richesse et le luxe. Son grand-père paternel était le célèbre philosophe juif Moses Mendelssohn, grande figure de la philosophie des Lumières. Son père Abraham et un de ses oncles fondèrent en 1804 une banque qui finança la résistance contre Napoléon; cette banque survécut jusqu'en 1938, puis elle fut fermée par les nazis. Cependant, on ne peut pas dire que les Mendelssohn étaient des gens riches et oisifs. Leur famille encourageait vivement les activités intellectuelles et la poursuite de l'excellence. Félix avait des précepteurs qui lui enseignaient non seulement les matières musicales – violon, orgue, piano, chant, direction d'orchestre, théorie et composition – mais également les langues (anciennes et modernes), la philosophie, l’histoire, la littérature, la peinture et beaucoup d'autres matières. ( L’Ouverture La Belle Mélusine de Mendelssohn reflète son excellente connaissance de la littérature.) À 20 ans, l'Université de Berlin lui offrit un poste d'enseignant (qu’il refusa). La même année, il décida d'entreprendre lui-même la préparation et la direction de La Passion selon saint Mathieu de Bach, première représentation publique depuis un siècle de cette œuvre d'une durée de trois heures qui entraîna la redécouverte du grand compositeur.

Le tour d’Europe

Entre 20 et 24 ans, Mendelssohn fit le tour de l'Europe, comme c'était alors la coutume pour tous les jeunes gens de bonne famille. Cependant, Félix ne s'est pas contenté de parcourir l'Europe en se donnant du bon temps. En voyage, il adressait de longues lettres à sa famille et à ses amis; il peignait; il absorbait les richesses culturelles de tous les pays qu’il visitait, en particulier l'Italie; et il composait. Ses voyages en Europe inspirèrent plusieurs de ses œuvres les plus connues, notamment la Symphonie « Écossaise » , la Symphonie « Italienne » et l'Ouverture « Les Hébrides » (îles au large de l'Écosse).

Bartholdy

Mendelssohn était fier de son ascendance juive et, tout au long de sa vie, il s'est intéressé à tout ce qui relevait de la judaïté, y compris la lutte pour l'émancipation politique. Ses deux grands oratorios, Saint Paul et Elias , sont inspirés par des personnages de l'Ancien Testament. Cependant, son père était bien conscient que l'antisémitisme fermerait des portes à son fils au cours de sa carrière. C'est ainsi qu'à sept ans, Félix fut baptisé. Il se convertit à la foi luthérienne et ajouta à son patronyme le nom de « Bartholdy ». C'était le nom d'une propriété qui appartenait à un des oncles de Félix à Berlin, qui lui-même avait adopté ce nom lorsqu'il se convertit au protestantisme, en 1805; Félix fit de même. Son père souhaitait qu'il remplace le nom de « Mendelssohn » par celui de « Bartholdy », mais Félix préféra simplement l' ajouter à son nom de famille existant et il utilisa toute sa vie le patronyme composé de ces deux noms reliés par un trait d’union. De nos jours, on utilise invariablement le seul nom de Mendelssohn, pour des raisons pratiques.

Plus qu’un compositeur

Comme si la composition de chefs-d’œuvre ne suffisait pas à occuper notre homme (on devrait plutôt dire « jeune garçon »), Mendelssohn décida de s'intéresser à de nombreuses autres activités musicales. À ce titre, on le compare souvent à Leonard Bernstein – un musicien de notre époque. Il avait un talent exceptionnel, il était extrêmement brillant dans de nombreux domaines et il excellait dans tout ce qu'il touchait. C'était un pianiste remarquable. Un de ses contemporains décrit ainsi son talent de pianiste : « Son jeu au piano ressemblait au vol de l'alouette. Il avait une grande habileté, de l'assurance, beaucoup de force et d'aisance, ainsi qu'une sonorité tendre et pleine », des qualités que l'on note souvent aussi dans sa musique. Il fut un des grands chefs d'orchestre de son temps, une époque où la direction d'orchestre telle que nous la connaissons aujourd'hui était encore à ses débuts. Mendelssohn fut un des premiers chefs d'orchestre à utiliser une baguette. Il assuma les fonctions de directeur de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig et en fit un des meilleurs ensembles d'Europe. En tant qu’administrateur, il organisa et dirigea plusieurs festivals de musique en Allemagne et en Angleterre. En 1843, il fonda le Conservatoire de Leipzig. Il enseignait. Il donnait des conférences. Il se déplaçait constamment. Il travaillait sans relâche, au service de sa passion, la musique. Il était marié et il avait des enfants, mais sa vie de famille est restée essentiellement dans l'ombre.

Surmenage, épuisement et mort

Cependant, il y avait un prix à payer pour ce tourbillon d'activités. Même les génies sont mortels et dès la mi-trentaine, Mendelssohn souffrait déjà de ce que nous appelons aujourd'hui le syndrome de l'épuisement professionnel. Les dernières années de sa brève existence furent empoisonnées par toutes sortes de maladies de plus en plus fréquentes. Au printemps 1847, au terme d'une épuisante tournée de direction d'orchestre en Angleterre, il écrivait à son ami Karl Klingemann : « Encore une autre semaine comme celle-ci et je suis mort! » Quand il fut de retour à Leipzig, il apprit, à son grand désespoir, que Fanny, sa sœur bien-aimée, était morte d'une congestion cérébrale. Félix ne se remit jamais totalement de ce choc. À son tour, il subit lui aussi une congestion cérébrale. Un repos en Suisse ne lui fut pas d'un grand secours. Il commença à marcher avec le dos voûté. Il devint de plus en plus déprimé. Il conserva malgré tout un emploi du temps aussi chargé qu'avant. Un peu plus tard au cours de la même année, il fut à nouveau terrassé par la maladie. Le 28 octobre, il fit une autre congestion cérébrale et mourut une semaine plus tard. Ce fut une perte terrible pour tout le monde de la musique.

Le legs durable de Mendelssohn

Le compositeur et critique Robert Schumann , qui était contemporain de Mendelssohn, le qualifiait de « Mozart du XIXe siècle ». Il voulait souligner par là que la musique de Mendelssohn était imprégnée des qualités que nous admirons tant chez Mozart – textures transparentes (on peut toujours entendre exactement ce que joue chaque musicien), économie de moyens, sens de la proportion, structures cohérentes, équilibre et élégance de la forme – toutes des caractéristiques du classicisme. Rien de révolutionnaire. Rien d'excessif. Ce qui manquait à Mendelssohn – et que Mozart acquit à la maturité – c'était le sens de l'aventure, de l’audace harmonique, de l'exploration, afin de forcer les auditeurs à s'ouvrir à de nouveaux horizons musicaux. Cependant, il ne faut absolument pas y voir un défaut. Ce que Mendelssohn a fait, il l'a fait extrêmement bien.

Grande admiration

Nous devons nous rappeler que Mendelssohn était universellement admiré de son vivant, privilège que partagent très peu d'autres grands compositeurs et certainement pas la plupart de nos musiciens préférés (Bach, Mozart, Beethoven et Stravinsky notamment). Parmi les contemporains de Mendelssohn, même les compositeurs d'avant-garde qu’étaient Berlioz et Liszt ne tarissaient pas d'éloges à son égard. Aujourd'hui, nous aussi nous exprimons notre admiration. Et n'oublions pas que l'année 2009 marque le 200e anniversaire de sa naissance. La musique de Mendelssohn demeure, à juste titre, au premier plan du répertoire orchestral, comme nous pouvons le constater dans la programmation que nous propose année après année l'Orchestre du CNA.

Programme de concert

Félix Mendelssohn : (Né le 3 février 1809, à Hambourg; décédé le 4 novembre 1847, à Leipzig)

Félix Mendelssohn avait 20 ans en 1829, lorsqu'il entama un long voyage en Europe que son riche père avait les moyens de lui offrir. Le compositeur trouva au cours de ses pérégrinations, l'inspiration pour certaines de ses œuvres les plus connues, notamment la Symphonie «Italienne» (no4), et deux œuvres consacrées à l'Écosse, la Symphonie «Écossaise» (no3) et l'ouverture Les Hébrides (qui sont toutes deux au programme du concert de ce soir).

L'Écosse était tout particulièrement attirante pour Mendelssohn, en raison de sa sensibilité romantique et de sa tendance à rechercher l'inspiration musicale dans des paysages pittoresques. C'est un voyageur enthousiaste qui découvre les chutes d'eau, les vallées, les fleurs sauvages, les forêts et les falaises escarpées d'Écosse. Au début du mois d'août, Mendelssohn et son compagnon de voyage Karl Klingemann (un jeune diplomate et poète allemand) atteignent la côte ouest et s'embarquent à destination des Hébrides, un archipel d'environ 500 îles pittoresques et accidentées où la plupart des gens parlent le gaélique et vivent encore comme leurs ancêtres, de l'élevage de vaches et de moutons, continuant à tisser le tweed Harris et à cultiver l'orge, l'avoine et les pommes de terre. La plus connue des îles est Skye, mais c'est l'île de Staffa qui fit la plus grande impression sur le jeune Mendelssohn, car on y trouve la spectaculaire grotte qui porte le nom de Fingal, un héros populaire.

Cette vaste grotte qui s'ouvre sur la mer mesure 75 mètres sur 14 et atteint une hauteur de 22 mètres. Le sol de la grotte est inondé par la mer et le long des parois se dressent d'énormes piliers de basalte qui firent dire à Klingemann que l'endroit ressemblait à «l'intérieur d'un orgue immense qui se dresse solitaire, noir, sonore et totalement inutile - envahi par la grisaille de l'océan.»

Mendelssohn a révisé plusieurs fois l'ouverture dont la longue genèse s'est étalée sur plusieurs années. C'est une des œuvres les plus parfaites du compositeur. Brahms qui n'était généralement pas très attiré par la musique descriptive ou à programme, disait qu'il donnerait volontiers tout ce qu'il avait composé pour pouvoir écrire une œuvre comme celle-là. Quant à Wagner, qui était plutôt avare de compliments sur la musique des autres, il comparait l'ouverture à «une aquarelle pleine d'imagination et de délicatesse, présentée avec un art consommé».

Mendelssohn développe les deux idées musicales principales de l'ouverture dans un mouvement de forme sonate: l'idée du «clapotis de la vague» présentée au commencement de l'œuvre; et une longue mélodie qui s'amplifie, destinée aux cordes basses et aux bois, que Tovey estimait être «la plus belle mélodie jamais écrite par Mendelssohn». Le développement se concentre sur le premier sujet, un petit motif remarquablement malléable que Beethoven aurait lui aussi aimé développer. La récapitulation débute de la même manière que le commencement de l'ouverture, mais le second thème est confié cette fois à la clarinette solo. C'est dans la coda que la musique atteint le paroxysme de l'émotion, avant une conclusion calme et lancinante semblable à «une mouette frôlant de son aile la crête d'une vague sur le point de se briser» (George H.L.Smith).

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1832

Histoire, politique et affaires sociales

  • Après six années de construction, le Canal Rideau Canal ouvre ses portes.
  • Des émeutes éclatent à Montréal et trois partisans de Daniel Tracey du Patri Patriote sont tués par les troupes du gouvernement. Néanmoins, le lendemain, on annonce que Tracey est élu à l'Assemblée législative pour Montréal-Ouest.
  • William Lyon Mackenzie part pour l'Angleterre avec une pétition de 25,000 noms exigeant plus de pouvoirs aux élus, mais son entreprise ne connaîtra pas le succès. Il est expulsé de l'Assemblée et réélu alors qu'il est à l'étranger.
  • Le bateau immigrant The Carrick arrive à Québec, débordant d'immigrants irlandais. Quelques-uns de ceux-ci sont atteints de choléra. La maladie fera environ 6,000 morts dans le Bas-Canada.

Nature, science et technologie

  • Charles Darwin accoste à San Tiago, Cap Vert, puis voyage vers le Brésil, Montevideo et Cape Receiver.
  • Le premier tramway d'Amérique entre en opération à New York. Le billet coûte 12 cents.
  • Les principes d'induction électromagnétique, de génération et de transmission sont découverts par Michael Faraday.

Arts, lettres et divertissement

  • Les cirques et ménageries présentés à Kingston et Brockville deviennent des attractions incontournables pour les familles qui les visitent régulièrement à partir de 1830.
  • John Richardson, premier romancier né au Canada, publie Wacousta; or The Prophecy: A Tale of the Canadas (Wavousta; ou La prophétie: un conte des Canadas).
  • Le ballet La Sylphide est créé à l'Opéra de Paris.
  • L'opéra de Gaetano Donizetti L'elisir d'amore est présenté pour la première fois à Milan.
  • Charles Lutwidge Dodgson, qui écrira Alice aux pays des merveilles en 1865 sous le pseudonyme Lewis Carroll, naît à Cheshire, en Angleterre.
  • Louisa May Alcott, auteure américaine de Little Women (Petites femmes), voit le jour à Germantown, Pennsylvanie.