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Concerto pour violon et orchestre, opus 62 (1970)

Portrait du compositeur Mannino, Franco

Mannino, Franco

24 avr. 1924 - 01 févr. 2005

Vue d'ensemble

Le catalogue du compositeur et chef d'orchestre Franco Mannino était déjà extrêmement bien fourni lorsqu'il occupait le poste de directeur musical de l'Orchestre du Centre national des Arts, mais il a mis très peu de ses oeuvres au programme au cours de son mandat. Voici l'occasion d'entendre une de ses oeuvres de grandes dimensions avec le violon solo de l'Orchestre en soliste. En savoir plus

Biographie

Né à Palerme (Italie), 24 avril 1924;
décédé à Rome, 1er février 2005

Les Canadiens, en particulier ceux qui vivent à Ottawa, se souviendront toujours de Franco Mannino, d’abord et avant tout, comme directeur musical de l’Orchestre du Centre national des Arts de 1982 à 1986. Malgré son énorme catalogue de près de 500 œuvres, le compositeur et chef d’orchestre Mannino n’a programmé que très peu de ses propres compositions pendant qu’il était en poste à Ottawa.

Pianiste, auteur et compositeur

Franco Mannino amorce sa carrière musicale comme pianiste, donnant son premier récital à seize ans. Après la Deuxième Guerre mondiale, il est le premier pianiste italien invité à se produire aux États-Unis. Dans les années qui suivent, Mannino devient aussi un écrivain confirmé, avec six ouvrages publiés. Mais il s’illustre surtout comme compositeur, fort d’un catalogue qui compte près de 500 pièces, dont un bon nombre voient le jour à la suite de son séjour au Canada. Son catalogue comporte douze symphonies et au-delà d’une dizaine d’œuvres théâtrales. Il collabore aussi à plus de cent longs-métrages, en qualité de compositeur ou de directeur musical, auprès de réalisateurs aussi prestigieux que John Huston, Leonide Moguy, Mario Soldati et Luchino Visconti.

Chef d’orchestre

Comme chef d’orchestre, outre l’Orchestre du CNA, Mannino a dirigé beaucoup d’autres ensembles, particulièrement en Italie et en Russie. Il est aussi monté sur le podium au Japon à plusieurs occasions, et il a été le premier Italien invité à diriger des orchestres à Beijing et à Shanghai. Avant son passage à Ottawa, il a œuvré comme directeur artistique du théâtre San Carlo de Naples, et après son départ du CNA, il a dirigé l’Accademia Filarmonica à Bologne. On lui doit aussi de nombreux enregistrement, y compris quatre avec l’Orchestre du CNA et plus d’une vingtaine avec l’Orchestre philharmonique de Leningrad. Pendant qu’il était en poste à Ottawa, il a dirigé l’orchestre dans sa première tournée asiatique en 1985.

Des prix et un vibrant adieu

En un peu plus de cinquante ans de carrière, Mannino a récolté au-delà d’une vingtaine de prix et de récompenses. L’un des tout premiers fut le prix Diaghilev, qui lui fut décerné en France en 1956 en tant qu’auteur de la « meilleure création musicale de l’année » pour son ballet Mario e il mago (« Mario et le magicien »), sa première œuvre pour la scène, sur un livret de Luchino Visconti adapté de la nouvelle homonyme de Thomas Mann. (Le compositeur canadien Harry Somers a tiré du même récit un opéra de trois heures, qui fut créé à Toronto en 1992.) Avant son départ du pays en 1986, le gouvernement canadien a organisé un Festival Mannino en hommage à son apport à la vie musicale du Canada. Parmi les autres prestigieuses récompenses qu’il a reçues, mentionnons la médaille d’or que lui a décernée le président de la République italienne.

Programme de concert

Franco Mannino: né à Palerme (Italie); décéde à Palerme (Italie), le 24 avril 1924;

Toute œuvre de compositeur expose sous une nouvelle forme tous les problèmes reliés à la composition – problèmes de structure, de mélodie, d'harmonie et de rythme sans omettre ceux occasionnés par l'instrumentation et Ie dynamisme de l’œuvre.

Toutes ces composantes - et bien d'autres – façonnent Ie langage musical et sont soumises à des règles classiques tout en remettant en cause leur existence.
Dans Ie cas d'une œuvre concertante pour soliste et orchestre, les problèmes d'équilibre et de contrastes entre ces deux «entités» sont certainement plus manifestes.

II est impossible d'analyser tous les éléments présents dans Ie concerto mais j'aimerais faire ressortir quelques points. Cette composition a été écrite au cours de I'été de 1970. Elle orne d'un nouveau fleuron un genre musical qui compte déjà un grand nombre de chefs-d'œuvre.

Ce qui frappe en premier lieu c'est de voir avec quelle aisance et avec quelle spontanéité Ie compositeur tire parti des nombreux aspects de la concertante La partie solo exige une grande virtuosité et une profonde connaissance du violon et ne tient pas compte des difficultés techniques ni de I'endurance de I'interprète. Une telle virtuosité néanmoins n'est pas une fin en soi vu que Mannino a I'âme d'un authentique créateur.

À cet égard, je vous invite à vous attarder sur les deux cadences du premier mouvement et sur les nombreux passages où la virtuosité instrumentale renforce Ie mode d'expression. II faut remarquer en outre que Ie langage musical utilisé est rattaché a la technique sérielle et que dans ce contexte I'aspect chromatique est aborde avec un grand sérieux, Le dernier mouvement – qui constitue traditionnellement un formidable apogée - destine au soliste, dès Ie début, une série de douze sons comportant plusieurs, variations et s'apparentant à une forme musicale de type rondo.

On pourrait mettre en exergue bien d'autres aspects de I'œuvre et notamment la trame orchestrale concise et élégante, les divers contrastes et I'esprit d'invention, autant de qualités qui contribuent à faire de ce concerto une composition originale et authentique.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1970

Histoire, politique et affaires sociales

  • Le gouvernement fédéral présente son livre blanc sur la conversion métrique.
  • L'âge légal pour voter aux élections fédérales passe de 21 à 18 ans.
  • Chaque province a maintenant un programme d'assurance-maladie.
  • La population canadienne atteint un sommet de 21 millions.
  • Le Front de Libération du Québec (FLQ) kidnappe l'attaché commercial de Grande-Bretagne James Cross et exige une rançon de 500,000 $ et la libération de 21 « prisonniers politiques ». Le FLQ est également responsable de l'enlèvement du ministre du travail du Québec Pierre Laporte, qui plus tard sera retrouvé mort dans le coffre d'une voiture.
  • La Crise d'octobre initiée par le FLQ pousse le gouvernement Trudeau à proclamer la Loi des mesures de guerre et à imposer la loi martiale. Des soldats sont dépêchés à Montréal pour protéger la ville d'éventuelles attaques terroristes.
  • Le Canada et la République populaire de Chine acceptent d'établir des relations diplomatiques. Les liens officiels avec Taiwan sont rompus.

Nature, science et technologie

  • La plus haute cheminée du monde (381 mètres) est complétée par Inco à Copper Cliff, près de Sudbury, Ontario
  • Shell Canada introduit l'essence sans plomb au pays.
  • L'utilisation de phosphates dans les savons à lessive est bannie au Canada.
  • Le bateau-citerne Arrow se fend en deux au Capbreton et provoque un déversement majeur de pétrole au large de la Nouvelle-Écosse.
  • La première proclamation de la Journée de la terre est présentée à par le maire de San Francisco Joseph Alioto.

Arts, lettres et divertissement

  • Le comité international olympique accorde à Montréal les Jeux olympiques d'été de 1976.
  • Une exposition de plus de 200 peintures du Groupe des Sept se tient au Musée des Beaux-arts du Canada à Ottawa. Elle marque le 50e anniversaire de la première exposition du groupe.
  • Le pavillon canadien à l'Expo 70 d'Osaka, conçu par Arthur Erickson, remporte un prix important d'architecture.
  • Anne Murray devient la première chanteuse canadienne à vendre plus d’un million aux États-Unis avec la chanson Snowbird.
  • L’historien Donald Creighton publie Canada’s First Century, 1867-1967
  • Robertson Davies publie le premier roman de sa trilogie de Deptford, Fifth Business.
  • Michael Ondaatje publie The Collected Works of Billy the Kid, qui remporte le Prix du Gouverneur général.
  • Anne Hébert publie le roman Kamouraska, qui remporte le Prix des Libraires en France.
  • Le film Mon Oncle Antoine est lancé et remporte 14 prix internationaux, devenant le premier film en français à attirer un public anglophone important.
  • Canadian Brass, « le meilleur ensemble de cuivres au monde » (Washington Post), est fondé.
  • Le peintre Lawren Harris, du Groupe des Sept, meurt.
  • Pierre Berton publie The National Dream: The Great Railway, 1871-1881.