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08:36

Double Concerto pour alto et violoncelle (2008)

Portrait du compositeur Forsyth, Malcolm

Forsyth, Malcolm

08 déc. 1936 -

Vue d'ensemble

Biographie

Né à Pietermaritzburg (près de Durban), Afrique du Sud, le 8 décembre 1936; décédé le 5 juillet 2011

Malcolm Forsyth est né en Afrique du Sud où il a obtenu son baccalauréat, sa maîtrise et son doctorat à l'Université du Cap. En 1968, il émigre au Canada après avoir passé les années 1960 à enseigner à l'Université du Cap, à jouer du trombone dans l'Orchestre symphonique du Cap et à écrire des orchestrations pour la South African Broadcasting Corporation. Forsyth est naturalisé canadien en 1974.

Le départ au Canada

Pourquoi Forsyth est-il venu au Canada? « J'ai émigré au Canada parce qu'il n'y avait pas d'avenir pour moi [en Afrique du Sud], étant donné que je suis d'origine anglaise et que le gouvernement d'alors était extrêmement nationaliste. Il fallait être Afrikaaner pour pouvoir réussir. D’autre part, j'avais très envie de venir en Amérique du Nord où il se passait tellement de choses. » Au Canada, Forsyth a poursuivi sa carrière de musicien en jouant du trombone dans l'Orchestre symphonique d’Edmonton – d'abord comme trombone basse, puis trombone solo (1968-1980) – et a également occupé un poste à l'Université de l’Alberta, où il a enseigné pendant 34 ans avant de prendre sa retraite en 2002. Depuis quelques années, Forsyth se consacre de plus en plus à la direction d'orchestre.

L'influence africaine

Un grand nombre de compositions de Forsyth sont très inspirées par le chant et la danse, en particulier les traditions des peuples indigènes d'Afrique (surtout celles des Zoulous). Dans la première œuvre importante qu'il compose au Canada – Sketches from Natal (1970) – il explore les rythmes tribaux de son Afrique du Sud natale. En vue du concert inaugural de l'Orchestre philharmonique de Natal (Durban), en 1982, il écrit ukuZalwa (mot zoulou qui signifie « renaissance »). Son concerto pour piano comprend de fréquents passages où des notes graves sont martelées à une même hauteur de son et sa première symphonie contient une imitation de chant de travail zoulou. Il a composé Siyajabula! We rejoice! (1994) pour célébrer l'avènement de la démocratie en Afrique du Sud. Les mouvements de sa troisième symphonie, sous-titrée African Ode, sont intitulés « Arbre de vie », « Aube africaine » et « Danse-chant (basé sur une mélodie gambienne) ». « L'africanité de Forsyth est profondément ancrée dans sa psyché », écrit Kathy Primos, une résidante d'Afrique du Sud qui a consacré son mémoire de maîtrise à Forsyth. « Et comme chez la plupart des gens qui ont vécu en Afrique, cette dimension fera toujours partie de son identité culturelle. […] Sa production est constamment traversée par des textures construites ou s'appuyant sur des ostinatos persistants et fréquemment superposés, caractéristiques des interactions complexes de la polyphonie africaine. »

L'influence canadienne

Le Canada a exercé lui aussi une forte influence sur la conscience musicale de Forsyth. Parmi ses œuvres inspirées par la culture canadienne, une des plus souvent jouées est la suite orchestrale intitulée Atayoskewin (1984), mot qui signifie « légende sacrée » dans la langue des Cris. Dans cette œuvre orchestrée avec imagination, il évoque « le soleil éclatant et l'air cristallin » du Nord de l'Alberta en hiver. Three Métis Songs from Saskatchewan (1975) est une autre de ses compositions qui est fréquemment interprétée. Dans Canzona, il intègre une incantation empruntée aux autochtones d'Amérique du Nord. Par ailleurs, il a écrit un morceau de trois minutes pour ensemble de concert qui porte le titre excentrique suivant : The Oh Canada Thing, or, A Dominion’s Dilemma (1992).

Autres compositions orchestrales

L'Orchestre du CNA a joué pas moins de cinq compositions de Forsyth : Sagittarius en 1976, la Symphonie no 2 en 1978, Atayoskewin et ukuZalwa, toutes deux en 1995, et Electra Rising en 1997. Depuis quelques années, cette dernière œuvre est sa composition la plus souvent interprétée. Amanda Forsyth, fille du compositeur et violoncelle solo de l'Orchestre du CNA, est la soliste qui interprète cette œuvre. Son double concerto pour alto et violoncelle, une des compositions orchestrales les plus récentes – et les plus originales – de son catalogue qui en contient environ 150, a été créé en octobre 2004 à Edmonton. Pour l'inauguration du Jack Singer Concert Hall à Calgary, en1985, il a semblé tout naturel de faire appel à Forsyth pour composer la fanfare Novum Spatium. Ses Six Fanfares olympiques ont été interprétées à l'occasion des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 1988 à Calgary.

Œuvres récentes

Parmi ses compositions récentes, il faut citer Lyric Essay pour hautbois, basson et piano (2008) et une œuvre pour violon solo et orchestre intitulée Trickster Coyote – Lightning Elk, créée par la jeune violoniste mohawk Tara-Louise Montour et l'Orchestre des jeunes d’Edmonton, en 2008. Afin de souligner le 75e anniversaire de Forsyth, en 2011, l'Orchestre du CNA et l'Orchestre symphonique d’Edmonton ont commandé conjointement une grande œuvre nouvelle pour chœur et orchestre. Le livret sera composé de textes de poètes canadiens.

Commandes et récompenses

Les artistes, ensembles et organismes musicaux les plus prestigieux du Canada continuent à adresser des commandes à Forsyth. Au fil des ans, il a écrit des musiques notamment pour Maureen Forrester, Judith Forst, Alain Trudel, Lawrence Cherney, Canadian Brass, l'Orchestre symphonique de Montréal, l'Orchestre symphonique d’Edmonton, le Concours international de musique de Montréal, la SRC, le Conseil des Arts du Canada et le Centre de musique canadienne. Forsyth a remporté son troisième prix Juno en 1998 avec Electra Rising. Il a reçu également d'autres honneurs et récompenses et a été désigné compositeur de l'année en 1989 en raison de l'exécution de ses œuvres plus d’une centaine de fois au cours d'une période de trois ans. En 2003, Forsyth est décoré de la Médaille du jubilé de la reine. Cette année-là, il devient également membre de l'Ordre du Canada.

Le credo artistique de Forsyth

Forsyth envisage la composition de la manière suivante, une conception très encourageante pour l'auditeur : « J'ai toujours eu conscience de ma responsabilité face au public. Je suis moi-même un auditeur consciencieux, convaincu que la musique de concert doit transporter les gens. Je suis comblé lorsque je peux me laisser emporter par un interprète ou une musique. Je garde l'idée de cette expérience en tête pour tout ce que je fais : transformer pendant quelques brefs instants le lieu où le public a pris place. » Kathy Primos reprend ce credo dans le commentaire suivant : « Sa musique reflète son appétit insatiable pour la vie et son désir irrésistible de le communiquer. »