Précédent Primus Tempus (1994)
Gougeon, Denis
Suivant Spirit Trail (1994)
Bell, Allan Gordon
Jouer

Taille du fichier: 21.02 Mo

Ce fichier audio dépasse les 6 Mo

17:30

Let Me Die Before I Wake (1994)

  • Compositeur: Harman, Chris Paul
  • Chef d'orchestre: Bernardi, Mario
  • Date de concert: 1994-10-27
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Harman, Chris Paul

Harman, Chris Paul

19 nov. 1970 -

Vue d'ensemble

Le titre fantaisiste de cette œuvre n'a pas grand-chose à voir avec la musique elle-même. Il permet toutefois d'attirer l'attention sur l'enchaînement dramatique des événements sonores qui mènent progressivement à l'aboutissement de deux énormes climax. Cette progression s'accompagne d'une fascinante palette de sons intrigants. En savoir plus

Biographie

Toronto, 19 novembre 1970;
Vit à Montréal

Chris Paul Harman est l’un des compositeurs canadiens les plus accomplis de la génération montante, bien qu’il soit essentiellement autodidacte. À tout juste quarante ans, la liste des prix et des honneurs qu’il a déjà reçus ferait l’envie de bien des compositeurs deux fois plus âgés.

Autodidacte et précoce

Chris Paul Harman prend des leçons particulières de violoncelle, de guitare et de musique électronique à l’adolescence, mais c’est essentiellement en autodidacte qu’il se tourne vers la composition. La plupart de ses œuvres sont écrites pour orchestre ou pour ensemble instrumental, et ont été jouées par des organisations et des personnalités canadiennes aussi prestigieuses que l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre symphonique de Toronto, l’Orchestre de la radio de Radio-Canada, l’Orchestre du Centre national des Arts, l’Orchestre symphonique de Winnipeg, l’Esprit Orchestra, le New Music Concerts Ensemble, le violoniste Jacques Israelievitch, l’altiste Rivka Golani, le hautboïste Lawrence Cherney et bien d’autres. À l’étranger, le Noordhollands Philharmonisch, l’Orchestre philharmonique de Séoul et l’Orchestre symphonique de Tokyo ont joué ses œuvres. En outre, sa musique a été diffusée dans plus de vingt-cinq pays. En 2005, il a été nommé professeur adjoint de composition à l’Université McGill.

Des titres étonnants

Beaucoup de compositions de Chris Paul Harman portent des titres étranges, étonnants ou fantaisistes. En voici quelques exemples : Let Met Die before I Wake (« Laissez-moi mourir avant que je ne m’éveille ») pour orchestre, C SectionSection C ») pour violon et petit orchestre, .25 pour guitare seule, Ringing (« Sonnerie ») pour flûte et piano, Euthanasia (« Euthanasie ») pour cor, violon, piano et percussions, December (« Décembre ») pour deux guitares et gamelan, Indeterminate As of Yet (« Indéterminé jusqu’à présent ») pour ruban magnétique, All about Me – Part I (« Tout sur moi – Première partie ») pour instruments électroniques et narrateur, et Transfigured Night (« Nuit transfigurée ») pour guitare électrique, voix et piano.

Des liens privilégiés avec la SRC

Déjà en 1986, alors qu’il est toujours adolescent, Chris Paul Harman est finaliste au Concours national des jeunes compositeurs de la Société Radio-Canada (SRC). Quatre ans plus tard, il remporte le premier prix au même concours pour sa pièce orchestrale Iridescence (« Irisation »). Son association avec la SRC se poursuit, donnant lieu à près d’une dizaine de commandes, y compris un concerto pour flûte (Catacombs) créé par Robert Cram et l’Orchestre de Radio-Canada à Vancouver en 2000. Une autre commande de la SRC, en 1996, donne naissance à sa pièce The Dawn of Each New Day Brings Us Each a Little Closer to Our Inevitable Demise (« L’aube de chaque nouveau jour nous rapproche tous un peu plus de notre inévitable disparition »).

Autres prix et récompenses

En 1991, sa pièce Iridescence est sélectionnée par la Tribune internationale des compositeurs, à Paris, dans la catégorie des compositeurs de moins de trente ans. Trois ans plus tard, son Concerto pour hautbois est choisi par le même forum comme œuvre recommandée dans la catégorie générale. En 2001, Uta reçoit une mention honorable à la Semaine internationale de musique Gaudeamus. La même année, Amerika remporte le prix Jules-Léger de la nouvelle musique de chambre. Cette œuvre est aussi finaliste pour le Prix de composition de la Fondation Prince Pierre de Monaco. Plus récemment, en 2007, Chris Paul Harman remporte à nouveau le prix Jules-Léger de la nouvelle musique de chambre, cette fois pour Postludio a rovescio, une oeuvre pour flûte, clarinette, violon et violoncelle. En annonçant son choix, le jury déclare : « Cette pièce est un tour de force acoustique. Elle est bien structurée et est élaborée de façon convaincante et imaginative. C’est une composition vraiment impressionnante, pleine de délices sonores qui, du début à la fin, retiennent l’intérêt des auditeurs. » Le prix Jules-Léger est l’une des plus prestigieuses récompenses décernées à des musiciens au Canada; il a été remporté par plusieurs autres compositeurs qui figurent dans la Chronologie du CNA, à savoir Peter Paul Koprowski, Bruce Mather, Michael Colgrass, John Rea, Michel Longtin, Brian Cherney, Serge Garant et R. Murray Schafer.

Programme de concert

Chris Paul Harman : Né à Toronto, le 19 novembre 1970; vit actuellement à Montréal

Le titre fantaisiste de cette œuvre n'a pas grand-chose à voir avec la musique elle-même. Il permet toutefois d'attirer l'attention sur l'enchaînement dramatique des événements sonores qui mènent progressivement à l'aboutissement de deux énormes climax. Cette progression s'accompagne d'une fascinante palette de sons intrigants.

Let Me Die before I Wake est une commande de l'Orchestre du Centre national des Arts qui fut créée par cet ensemble le 26 octobre 1994, sous la direction de Mario Bernardi. Le compositeur n'avait que 24 ans à l'époque où il écrivit cette œuvre, mais sa musique était déjà jouée dans une vingtaine de pays. Harman présente comme suit cette composition d'une durée de 18 minutes :

« La caractéristique principale de cette œuvre est sa structure qui repose sur deux climax différents par leur nature et par leur développement. Le premier climax apparaît environ quatre minutes après le début de la pièce et la musique atteint ce paroxysme de manière directe, progressant de façon graduelle et régulière à partir du seuil d'audibilité. La musique atteint le second et principal climax environ 10 minutes après le premier, et seulement après plusieurs essais demeurés vains.

Alors que le premier climax est dense et de nature statique, le second se caractérise par une structure timbrale clairement audible et un profil mélodique défini avec précision. Le point commun de ces deux événements est que leurs énergies résiduelles ne sont jamais tout à fait résorbées. Cela fait que la musique est ainsi soumise à un état de tension nerveuse constante. »

Harman est essentiellement un compositeur autodidacte (tout comme Bach et Mozart, il a appris son métier en étudiant les partitions des compositeurs qu'il admirait, en particulier Witold Lutoslawski), mais il a acquis par lui-même un sens aigu de la couleur orchestrale, qualité très présente dans Let Me Die before I Wake. Cette composition se pare de sonorités cristallines et scintillantes obtenues en partie grâce à l'utilisation d'instruments aussi étranges qu'un harmonica de verre (ensemble de verres à pied partiellement remplis d'eau et frottés avec un doigt mouillé), des crotales (instruments de percussion composés d’une série de petits disques de bronze possédant une longue résonance) ainsi que des triangles, un tam-tam, un carillon et des cymbales.

Le titre de l’œuvre est une sorte de fantaisie qui ne donne pas d'indications réelles sur la façon dont il faut écouter cette musique. « C'est un souhait qu’il m'est parfois arrivé de formuler lorsque je m'écroulais sur mon lit après avoir travaillé pendant 18 heures de rang à la composition de Let Me Die before I Wake (Laissez-moi mourir dans mon sommeil) », a confié le compositeur. Le chef d'orchestre Mario Bernardi a donné les conseils suivants aux auditeurs, lors de la création de l'œuvre : « Dans cette musique, ne vous attendez pas à trouver de l'harmonie ou des airs reconnaissables. Essayez de l'écouter de manière différente et plutôt que de rechercher une mélodie, soyez sensibles à différents petits événements qui sont tous reliés les uns aux autres. »

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1994

Histoire, politique et affaires sociales

  • L'Accord de libre-échange nord américain (ALÉNA) entre les États-Unis, le Mexique et le Canada entre en vigueur le 1er janvier.
  • Jacques Parizeau du Parti québécois défait le Parti libéral du Québec, au pouvoir depuis neuf ans.
  • Nelson Mandela est intronisé premier président noir d’Afrique du Sud.
  • L’UNESCO inaugure la journée mondiale des professeurs.
  • Le président américain Bill Clinton et le président russe Boris Eltsine signent les Accords du Kremlin, qui stoppent la visée de missiles nucléaires vers des cibles dans les deux pays, et permet le démantèlement de l’arsenal nucléaire en Ukraine.

Nature, science et technologie

  • La première version du fureteur Netscape Navigator est lancée.
  • Le tunnel sous la manche, qui a pris 7 ans à compléter (et 15,000 travailleurs), ouvre entre l’Angleterre et la France. Les voyageurs peuvent passer en voiture d’un pays à l’autre en 35 minutes.

Arts, lettres et divertissement

  • Le Prix Giller (maintenant Prix Scotiabank Giller), le prix littéraire canadien le mieux doté, est établi par l’homme d’affaires torontois Jack Rabinovitch à la mémoire de sa femme Doris Giller. Une bourse de 50,000 $ est remise au meilleur roman ou recueil de nouvelles canadien de l’année.
  • Bill Richardson reçoit le Prix Stephen Leacock pour son livre Bachelor Brother’s Bed and Breakfast.
  • Le sixième film d’Atom Egoyan, Exotica, est lancé et remporte le prix de la critique (FIPRESCI) au Festival de Cannes.
  • La chanteuse canadienne Céline Dion épouse René Angélil. Elle lance Céline Dion à l’Olympia et devient l’artiste francophone connaissant les plus grosses ventes. Au Royaume-Uni, elle trône au sommet des palmarès au niveau album et singles.
  • Le comédien canadien John Candy meurt. Parmi ses films, on compte Splash, Stripes, Planes, Trains and Automobiles et son dernier, Canadian Bacon.
  • Kurt Cobain du groupe Nirvana meurt dans sa maison de Seattle, victime de ce qui sera officiellement considéré un suicide par coup de feu à la tête.