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Gitanjali (1992)

Portrait du compositeur Schafer, R. Murray

Schafer, R. Murray

18 juil. 1933 -

Vue d'ensemble

« Murray Schafer a une affinité spéciale pour la voix humaine, écrit le compositeur Larry Lake, en particulier la voix féminine. Lorsqu’il combine cette affinité avec son talent pour la couleur orchestrale, les résultats sont assez spectaculaires. » Ce phénomène est merveilleusement évident dans Gitanjali, un cycle de mélodies mettant en musique cinq poèmes d’extase et de joie du poète indien Rabindranath Tagore (1861-1941). Gitanjali contient quelques-unes des sonorités les plus belles et les plus sensuelles écrites pour orchestre au cours des cinquante dernières années. En savoir plus

Biographie

Né à Sarnia, Ontario, le 18 juillet, 1933;
habite maintenant à Indian River, Ontario

Compositeur canadien le plus en vue, R. Murray Schafer s’est révélé, en cette ère de spécialisation à outrance, un véritable homme-orchestre. Il est renommé sur la scène nationale et à l’échelle internationale non seulement pour sa démarche de compositeur, mais également à titre d’éducateur, d’environnementaliste, d’homme de lettres, de visualiste et d’éveilleur de consciences. Après avoir obtenu une licence en piano des Royal Schools of Music (Angleterre), il a poursuivi ses études au Royal Conservatory of Music et à l’Université de Toronto, avant d’aller parfaire sa formation en Autriche et en Angleterre.

La diversité de ses centres d’intérêt trouve écho dans la formidable étendue de son œuvre : ouvrages savants, œuvres dramatiques, pièces pour chœurs amateurs et professionnels, œuvres orchestrales créées sur commande pour les orchestres symphoniques de Toronto, de Montréal, de Kyoto, de Tokyo et plusieurs autres, en plus d’un cycle de onze quatuors à cordes et de nombreuses compositions pour voix soliste avec accompagnement au piano ou à l’orchestre. Il faut ajouter à cela le monumental PATRIA, son cycle de douze drames musicaux reliés entre eux dont plusieurs ont été présentés dans des lieux inusités, ou à des moments précis de la journée ou de l’année.

Inventeur du terme « soundscape » (que l’on peut traduire par paysage sonore ou environnement sonore), M. Schafer est à l’origine d’une nouvelle discipline, l’écologie acoustique, qu’il a développée dans le cadre du World Soundscape Project (« projet mondial d’environnement sonore ») dont il s’est fait le fer de lance à l’Université Simon Fraser à Vancouver au débuts des années 1970. Il a décrit ces recherches dans plusieurs publications, notamment The Tuning of the World (en français : Le Paysage sonore, un ouvrage traduit en plusieurs langues et constamment réédité depuis trente ans). La notion de « paysage sonore » embrasse toutes les disciplines qui traitent du son, et l’intérêt croissant pour la recherche sur le paysage sonore partout dans le monde a mené à la formation du World Forum for Acoustic Ecology (WFAE – « forum mondial pour l’écologie acoustique ») en 1994. Le WFAE organise des congrès internationaux et publie un journal intitulé Soundscape. Toute cette activité a influencé d’innombrables compositeurs dans le monde entier et orienté les propres œuvres environnementales de M. Schafer.

En 1975, R. Murray Schafer a quitté le département des Communications de l’Université Simon Fraser pour se consacrer à ses activités de compositeur et d’écrivain indépendant en Ontario. Établi en milieu rural, il a eu l’occasion d’œuvrer au sein des collectivités de Maynooth et de Peterborough, illustrant de façon remarquable comment les artistes contemporains peuvent intégrer leur démarche aux sociétés dans lesquelles ils vivent. À Maynooth, il a fondé le Maynooth Community Choir, un chœur amateur avec lequel il a écrit et produit la pièce de théâtre musical Jonah. Il a choisi sa deuxième demeure rurale près de Peterborough afin d’y travailler à des projets artistiques de concert avec la population. La présentation de Patria 3 : The Greatest Show à Peterborough, en 1987 et 1988, faisait appel à la participation de nombreux talents amateurs locaux. Pendant les quelques années où il a assuré la direction artistique du Festival of the Arts de Peterborough, il a contribué à faire d’un petit événement local, à la programmation traditionnelle, un festival artistique ambitieux et diversifié qui s’est attiré à la fois un fort soutien local et une reconnaissance nationale. M. Schafer encourage les artistes à puiser leur inspiration dans les richesses de la culture locale et de leur environnement immédiat. La splendeur de la nature canadienne constitue le décor du prologue de Patria, intitulé The Princess of the Stars, qui a été présenté plusieurs fois en plein air un peu partout au Canada. Deux autres œuvres également conçues pour être jouées en plein air, The Enchanted Forest et The Palace of the Cinnabar Phoenix, ont été présentées dans la réserve forestière et faunique d’Haliburton en 2005 et 2006, respectivement.

Au-delà de son œuvre de dramaturge, d’éducateur, de journaliste musical et de pionnier de la recherche en matière d’environnement sonore, on lui doit aussi d’importants travaux à titre de musicologue, d’homme de lettres, d’écrivain et de visualiste. Son livre intitulé E.T.A. Hoffman and Music constitue le premier ouvrage d’érudition sur ce sujet, et son Ezra Pound and Music est une référence en littérature et en musique. En plus de ses écrits en prose, il est l'auteur d'un certain nombre de créations de fiction, comprenant les nouvelles Dicamus et Labyrinthos et Ariadne, qui mettent en valeur ses talents de calligraphe et d'artiste visuel. On peut aussi constater ses dons de visualiste dans les illustrations et les notations graphiques qui émaillent bon nombre de ses partitions, dont plusieurs sont exposées dans des musées et des galeries d’art.

M. Schafer est particulièrement renommé pour ses écrits portant sur l’enseignement de la musique, notamment The Composer in the Classroom (1965), Ear Cleaning (1967), Creative Music Education (1976), A Sound Education (1992) et HearSing (2005). Ses livres ont été traduits en de nombreuses langues, et ses méthodes novatrices sont utilisées dans des salles de classe partout dans le monde.

Dans les années 1980, M. Schafer a écrit des concertos pour flûte, pour harpe et pour guitare, trois quatuors à cordes, et plusieurs pièces de musique de chambre et œuvres orchestrales, en plus d’honorer les commandes qui continuent d’affluer aujourd’hui encore. Son amour des voix féminines en solo, en particulier, lui a inspiré de nombreuses compositions. Il a notamment écrit, pour le riche mezzo-soprano de sa partenaire Eleanor James, de la musique de chambre exigeante (Tanzlied pour voix et harpe, Tantrika pour voix et percussions) ainsi que des pièces pour voix et orchestre (Letters from Mignon et Thunder/Perfect Mind). Ces œuvres, de même que la version orchestrée de ses Minnelieder, ont fait l’objet d’un récent enregistrement lancé par la marque ATMA Classique en mai 2007 qui a récolté les éloges de la critique. Mme James a aussi tenu des premiers rôles dans la plupart des drames musicaux du cycle Patria.

L’éclectisme de R. Murray Schafer contredit les généralisations usuelles au sujet du style; on peut décrire son œuvre comme une synthèse des techniques d’avant-garde du XXe siècle et de l’esprit romantique du XIXe siècle. En 1977, il a reçu le titre de Compositeur de l’année décerné par le Conseil canadien de la musique et le prix Jules Léger pour la nouvelle musique de chambre, deux distinctions qui étaient alors accordées pour la première fois. En 1980, il a été couronné du Prix international Arthur-Honegger; en 1985, il a mérité le prix national du Banff Centre for the Arts et en 1987, il est devenu le tout premier lauréat du prix Glenn Gould, une récompense triennale assortie d’une bourse de 50 000 dollars. M. Schafer détient sept doctorats honorifiques de différentes universités au Canada, en France et en Argentine. Yehudi Menuhin saluait en lui « une imagination et une intelligence hautement originales et d’une grande puissance dynamique, dont les multiples expressions personnelles et les aspirations sont en accord total avec les besoins urgents et les rêves de l’humanité d’aujourd’hui. »

Programme de concert

Raynond Murray Schafer : Né à Sarnia (Ontario) le 18 juillet 1933; vit actuellement à Indian River (Ontario)

Au fil des années, l'Orchestre du Centre national des Arts a interprété la musique de R. Murray Schafer à plus de trente reprises et dès 1973 (c'est-à-dire seulement quatre ans après la création de l'Orchestre), lorsqu'il lui commanda l'œuvre intitulée East. Depuis, l'Orchestre du CNA lui a commandé quatre autres œuvres : Cortège (1977), The Garden of the Heart (1981), Gitanjali (1992) et Dream-E-Scape (2009). Gitanjali fut créée le 14 mai 1992, sous la direction de Franz-Paul Decker, avec Donna Brown en soliste.

« Cette œuvre pleine de joie pour soprano lyrique et orchestre, explique Schafer, met en musique cinq poèmes d'extase de Rabindranath Tagore tirés du recueil intitulé Gitanjali. J’avais déjà mis en musique un de ces poèmes – “ Lumière! Ma lumière! ” –dans sa version originale en bengali, dans le troisième mouvement de Lustro (1972). En passant, je possédais autrefois un enregistrement de Tagore chantant ce poème ainsi que d'autres extraits de Gitanjali, mais mes compositions en sont très éloignées. Tagore avait traduit Gitanjali en anglais, avec l'aide de W.B.Yeats et les conseils d’Ezra Pound. Le succès de la version anglaise lui valut le prix Nobel de littérature en 1913; il fut le premier non-européen à remporter ce prix et lorsqu’il en fut avisé, il déclara : “ Comme ça, même un hindou peut recevoir ce prix? ”. Parmi toutes mes œuvres vocales pour soliste, Gitanjali est sans aucun doute la plus extatique. On y ressent l'influence de Richard Strauss, bien que les tonalités des mélodies ne lui soient pas vraiment redevables. J'ai composé cette œuvre pour Donna Brown, soprano à la voix sereine et souple. »

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1992

Histoire, politique et affaires sociales

  • L’UN reconnaît le Canada comme meilleur pays où habiter, selon le niveau d’éducation, l’espérance de vie et le niveau de vie des habitants.
  • Un référendum national rejette l’Accord de Charlottetown, un groupe d’amendements à la Constitution canadienne proposé par le gouvernement général et les gouvernements provinciaux.
  • Deux clauses sont ajoutées à la Constitution canadienne pour reconnaître les peuples autochtones comme étant Indiens, Inuit et Métis et ayant droit aux droits et traités autochtones.
  • Le Traité de Maastricht, fondateur de l’Union européenne, est signé aux Pays-Bas. Le traité a mené à la création de l’euro en 1995.

Nature, science et technologie

  • Roberta Bondar devient la première femme canadienne (et première Canadienne depuis Marc Garneau en 1984) à voyager dans l’espace.
  • Rudolph Marcus reçoit le Prix Nobel de chimie pour son travail sur les réactions de transfert d’électrons dans les sytèmes chimiques.
  • La célèbre astronome Helen Hogg reçoit la médaille commémorative.
  • Une fermeture de deux ans des pêcheries de morue est annoncée par le gouvernement fédéral.

Arts, lettres et divertissement

  • Le roman Le patient anglais de Michael Ondaatje remporte le prix du Gouverneur général et le Booker Prize. Il est le premier Canadien à se mériter ces deux honneurs simultanés.
  • Le romancier Roger Lemelin (La Famille Plouffe), auteur télé et correspondant (pour Time et Life), meurt.
  • Pierre Berton publie son récit historique Niagara: A History of the Falls.
  • Le dernier membre vivant du Groupe des Sept, A.J. Casson, s’éteint.