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Sinfonia Concertante (1992)

Portrait du compositeur Koprowski, Peter Paul

Koprowski, Peter Paul

24 août 1947 -

Vue d'ensemble

Cette œuvre de 25 minutes en quatre mouvements devait être à l’origine un concerto pour violon, mais le compositeur en fit plutôt une sorte de concerto pour orchestre. Les ensembles en vedette sont un trio à cordes, un quatuor à cordes et un quintette à cordes; les instruments solistes sont le violon, la flûte, la clarinette, le basson, le cor, la trompette et les instruments de percussion. En savoir plus

Biographie

Lodz, Pologne, 24 août 1947;
vit à Lyndhurst (près d’Ottawa)

Peter Paul Koprowski est une personnalité marquante de la scène musicale canadienne depuis des décennies. Venu d’Europe, à l’instar de nombreux autres compositeurs qui se considèrent aujourd’hui, à bon droit, comme des citoyens canadiens à part entière, il a été naturalisé Canadien il y a de nombreuses années. Plusieurs de ses compositions font écho aux luttes politiques et aux conflits qui ont déchiré son pays natal.

Formation

Peter Paul Koprowski entreprend sa formation musicale à Cracovie, où il subit les influences de Scriabine, de Szymanowski et des polyphonistes de la Renaissance, notamment Ockeghem et Josquin, qui contribueront tous à forger son style. Il est vite remarqué pour son « talent exceptionnel », si bien qu’il ne met que la moitié du temps requis par les autres élèves, plus ou moins, pour obtenir son diplôme de l’Académie de musique de Cracovie. Par la suite, il étudie à Paris sous la férule de Nadia Boulanger, qui salue en lui « un véritable artiste » et « un compositeur de valeur ». Il poursuit subséquemment ses études en Angleterre et, finalement, à l’Université de Toronto, où il obtient son doctorat sous la tutelle de John Weinzweig. Il est naturalisé Canadien en 1976.

Professeur Koprowski

Peter Paul Koprowski enseigne la théorie musicale et la composition à l’Université de Toronto de 1971 à 1973, après quoi il enseigne pendant un an à l’Université McGill et, par la suite, à la University of Western Ontario. Il œuvre aussi comme compositeur en résidence à la Leighton Artists’ Colony, au Banff Centre for the Arts et à la Canadian Opera Company, où son opéra en un acte, Dulcitius, est créé en 1989.

La musique

Peter Paul Koprowski se considère lui-même, essentiellement, comme un compositeur de musique orchestrale; ses premières compositions dans ce domaine remontent à son adolescence. En 2007, sa pièce In Memoriam Karol Szymanowski, écrite en 1963 alors qu’il n’avait que seize ans, a été jouée dans le cadre d’un concert en l’honneur de l’Année Szymanowski en Pologne.

Son abondante production (il comptait déjà plus de quarante pièces à son actif quand il a obtenu son diplôme de l’Académie de Cracovie) comporte au-delà de cinquante œuvres de commande écrites pour des ensembles comme l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre philharmonique d’Oslo, l’Orchestre de chambre de Pologne, l’Esprit Orchestra (Toronto), le Quintette à vents de l’Orchestre philharmonique de Berlin, et l’Orchestre du Centre national des Arts. Son catalogue inclut de nombreux concertos, notamment pour flûte, pour accordéon, pour basson, pour trompette, pour violoncelle, et une œuvre concertante pour piano et orchestre (Souvenirs de Pologne).

Méditations sur le passé

Deux des œuvres les plus importantes de Peter Paul Koprowski sont des méditations symphoniques sur le passé du compositeur en Pologne : Behind the Iron Curtain (« Derrière le rideau de fer »), créé par l’Orchestre symphonique de Winnipeg en 2005, et la Sinfonia Concertante, une commande de l’Orchestre du CNA créée en 1992. Le compositeur décrit cette dernière pièce, une musique « à programme » de caractère métaphorique, comme « une description des tristes réalités que j’ai trouvées en Pologne quand j’y suis retourné en visite pour la deuxième fois » (en 1989). L’une de ses plus récentes œuvres orchestrales, Tapestries of Love pour soprano et orchestre, a été créée par l’Orchestre symphonique de Kingston et la soliste Maria Knapik en 2007. En plus d’être jouée un peu partout au Canada, cette œuvre a été entendue aux États-Unis (à Tanglewood) de même qu’à Caracas, au Venezuela.

Koprowski par lui-même

L’esthétique musicale de Peter Paul Koprowski s’inscrit « dans la tradition des compositeurs qui ont tenté d'effectuer une synthèse. Je suis moins intéressé par le développement du langage que par la façon dont on l'utilise. » Autrement dit, sa musique peut être qualifiée de néoromantique, avec un langage harmonique pouvant rappeler des compositeurs comme Nielsen, Sibelius et Mahler.

Prix et récompenses

Parmi les nombreux prix qu’il collectionne depuis l’adolescence, mentionnons le prestigieux prix Jules-Léger (remporté deux fois, en 1989 et en 1994), et le prix national de musique Jean A. Chalmers, assorti d’une bourse de 25 000 $, qui lui a été décerné pour quatre de ses compositions : Symphony of Nordic Tales (No 5), l’ouverture de concert Saga, le Concerto pour alto et Ancestral Voices. Dans le communiqué annonçant ce prix, on mentionnait que le jury avait cité la « grande beauté » de sa musique, sa « maîtrise de l’écriture orchestrale » et sa « remarquable » aptitude à s’exprimer dans un langage qui lui est propre, tout en soulignant le caractère « expressif » et l’aspect « très élaboré » de son œuvre qui, tout en faisant montre d’un art consommé, ne sacrifie en rien sa capacité « d’émouvoir et d’enthousiasmer les auditoires ». En 2005, il a reçu la croix de chevalier de l’Ordre Polonia Restituta de son pays natal, « un grand honneur auquel je ne m’attendais pas ».

Plus récemment, en novembre 2009, il était au nombre des trois compositeurs canadiens (les deux autres étaient John Estacio et Ana Sokolovic) auxquels le Centre national des Arts a attribué des bourses de 75 000 $ pour écrire trois œuvres chacun, lesquelles seront jouées par l’Orchestre du CNA au cours des cinq prochaines années. Les compositeurs lauréats contribueront aussi à la formation des participants à l’Institut estival de musique du CNA.

Programme de concert

Peter Paul Koprowski : Né à Lodz, Pologne, le 24 août 1947; vit actuellement à Lyndhurst (près d’Ottawa)

La Sinfonia Concertante est une commande de l'Orchestre du CNA qui fut créée sous la direction de Franz-Paul Decker le 24 février 1992. Koprowski fait remarquer : « La Sinfonia Concertante est une œuvre métaphorique, une musique à programme. Elle décrit la triste réalité que j'ai constatée lors de mon second retour en Pologne. Ma famille semblait vivre dans un climat d'apathie et de peur et dans des conditions de pauvreté. À l'époque, le pays était sur le point de vivre un changement de régime politique. La Sinfonia Concertante est une sorte de commentaire qui tourne parfois à la satire et qui consigne essentiellement mes réactions personnelles face à un monde que j'avais bien connu au cours de ma jeunesse. »

Cette œuvre de 25 minutes comprend quatre mouvements dont le troisième et quatrième s'enchaînent directement, sans aucune pause. À l'origine, c'était un concerto pour violon que l'on avait commandé au compositeur, mais comme le soliste qu'il avait en tête n'était pas disponible, Koprowski transforma l'œuvre en une sorte de concerto pour orchestre. Les ensembles en vedette sont un trio à cordes, un quatuor à cordes et un quintette à cordes; les instruments solistes sont le violon, la flûte, la clarinette, le basson, le cor, la trompette et les instruments de percussion. Le compositeur décrit chaque mouvement comme suit :

« Le premier mouvement débute par un trio à cordes qui dépeint une atmosphère quasi pastorale. C'est l’impression fausse que reçoit le voyageur à son arrivée au pays, accueilli par de nombreux sourires officiels. Peu à peu, les choses changent, le masque se lézarde, laissant apparaître le visage hideux de la réalité. Aspirant à des choses moins matérielles, on est happé cependant par les souvenirs tragiques d’un passé récent. On entend l'écho des défilés de troupes nazies qui ramène en mémoire les défilés militaires communistes du mois de mai (sur des accents différents), l'étouffante présence policière et les instincts de survie qui se manifestaient dans ce contexte. Toutes les conditions sont réunies pour provoquer l'explosion qui, d'ailleurs, ne tardera pas à se produire. Les nombreuses “ musiques ” entrent en collision et l'atmosphère pastorale du début ne peut plus durer. Ce mouvement est vraiment un impromptu décrivant la vie dans mon pays natal, telle que je l'ai observée à cette époque.

Le deuxième mouvement tourne d'abord en dérision l'absurdité de certaines réalités, mais il montre surtout combien il est futile de tenter d'échapper à ces réalités. Simultanément, c'est une autre exploration du côté le plus sombre de la vie. Comme d'habitude, lorsque les pleurs ne sont plus d'aucune utilité, l'humour absurde devient le seul recours.

L'Aria, dans sa beauté toute simple, “ chante ” la grandeur de ce pays riche d’une histoire longue et illustre.

Le Finale apporte une certaine dose d'optimisme – au début tout au moins. Le manque de courtoisie et l'interférence (des autres instruments symbolisant la haine et l'intolérance) empêchent de maintenir le statu quo. Au cours de son solo, la flûte, continue à peindre le tableau d'un avenir meilleur, tout au moins pendant quelques instants. Lorsque le chant d'une procession religieuse fait son apparition, il devient évident que la musique, dans son frénétique prestissimo, va se fracasser contre un mur. Le résultat est une immense collision. Cette fois, l'impact est énorme, une véritable éruption volcanique. Le chaos est tel que l'espoir de retrouver un semblant de cohérence paraît désormais impossible. L'œuvre s'arrête assez soudainement, sur un accord soutenu évoquant la froideur du néant. »

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1992

Histoire, politique et affaires sociales

  • L’UN reconnaît le Canada comme meilleur pays où habiter, selon le niveau d’éducation, l’espérance de vie et le niveau de vie des habitants.
  • Un référendum national rejette l’Accord de Charlottetown, un groupe d’amendements à la Constitution canadienne proposé par le gouvernement général et les gouvernements provinciaux.
  • Deux clauses sont ajoutées à la Constitution canadienne pour reconnaître les peuples autochtones comme étant Indiens, Inuit et Métis et ayant droit aux droits et traités autochtones.
  • Le Traité de Maastricht, fondateur de l’Union européenne, est signé aux Pays-Bas. Le traité a mené à la création de l’euro en 1995.

Nature, science et technologie

  • Roberta Bondar devient la première femme canadienne (et première Canadienne depuis Marc Garneau en 1984) à voyager dans l’espace.
  • Rudolph Marcus reçoit le Prix Nobel de chimie pour son travail sur les réactions de transfert d’électrons dans les sytèmes chimiques.
  • La célèbre astronome Helen Hogg reçoit la médaille commémorative.
  • Une fermeture de deux ans des pêcheries de morue est annoncée par le gouvernement fédéral.

Arts, lettres et divertissement

  • Le roman Le patient anglais de Michael Ondaatje remporte le prix du Gouverneur général et le Booker Prize. Il est le premier Canadien à se mériter ces deux honneurs simultanés.
  • Le romancier Roger Lemelin (La Famille Plouffe), auteur télé et correspondant (pour Time et Life), meurt.
  • Pierre Berton publie son récit historique Niagara: A History of the Falls.
  • Le dernier membre vivant du Groupe des Sept, A.J. Casson, s’éteint.