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06:46

Jyotir (1989)

  • Compositeur: Buhr, Glenn
  • Chef d'orchestre: Bernardi, Mario
  • Date de concert: 1996-07-04
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Buhr, Glenn

Buhr, Glenn

18 déc. 1954 -

Vue d'ensemble

Jyotir, tout comme Akasha, œuvre jumelle, traduit la fascination du compositeur pour la culture de l'Inde. Jyotir (mot sanskrit qui signifie « éclat ») est une œuvre de cinq minutes qui se caractérise par une exubérance joyeuse, une écriture virtuose pour les bois et une improvisation au tambour solo, vers la fin. Le matériau mélodique se déploie sur une pulsation à 16 temps, à la manière de la musique indienne. En savoir plus

Connexion Musicale

Influences culturelles et connexions mondiales

Le module Influences culturelles et connexions mondiales explore la façon dont les compositeurs canadiens Glenn Buhr, José Evangelista, Steven Gellman, Srul Irving Glick et Kelly-Marie Murphy de la fin du 20e siècle se sont inspirés de la musique issue de différentes cultures. En savoir plus

Biographie

Né à Winnipeg, le 18 décembre 1954;
vit actuellement à Winnipeg et Waterloo.

Glenn Buhr s'est fait connaître sur la scène nationale lorsque les orchestres symphoniques de Toronto et de Montréal ont créé ses grandes œuvres orchestrales, à la fin des années 1980. Sa réputation s'est confirmée lorsqu'il a fondé, avec le chef d'orchestre Bramwell Tovey, le Festival de musique nouvelle de l'Orchestre symphonique de Winnipeg, en 1990. Par ailleurs, il a occupé le poste de compositeur en résidence de l'Orchestre symphonique de Winnipeg et de commissaire du Festival de musique nouvelle, de 1990 à 1996.

D’étudiant à professeur

Glenn Buhr (prononcer « Bi-your ») a étudié la musique à l'Université du Manitoba (baccalauréat en 1979), à l'Université de Colombie-Britannique (maîtrise en 1981) et à l'Université du Michigan (doctorat en 1984). Il a eu notamment pour professeurs Stephen Chatman, Leslie Bassett, William Albright et William Bolcom. Tout de suite après la fin de ses études, il obtient un poste à l'Université Wilfrid Laurier à Waterloo (Ontario) où il enseigne encore aujourd'hui. Il est actuellement professeur de composition et, depuis 1998, professeur de recherche universitaire, premier artiste créateur à recevoir ce titre à l'université.

Inspiré par Lear, Tolkien et la culture de l'Inde

Musicien aux intérêts variés et à l'imagination féconde, Buhr a produit un catalogue éclectique d'œuvres qui dénotent un intérêt profond pour la culture de l’Inde et le fantastique. The Jumblies, œuvre pour soprano et orchestre met en musique des poèmes d'Edward Lear, auteur célèbre pour ses textes absurdes, ses limericks et ses néologismes. The Cycle of Spring, œuvre pour mezzo-soprano, chœur mixte et orchestre, contient des textes en sanskrit. Parmi ses compositions d'inspiration indienne, il faut citer Akasha, Jyotir (deux œuvres qui figurent dans la Frise chronologique du CNA) et Kamamaya (sur des textes tirés d'ouvrages sanskrits). Il a trouvé son inspiration chez Tolkien pour le poème symphonique Beren and Lúthien (couronné par le prix de la SOCAN), The Tale of Tinúviel pour ténor et harpe, et Níniel pour soprano et ensemble de chambre.

Commandes et compositions

Il a reçu des commandes de sources prestigieuses telles que l'Orchestre symphonique de Montréal (Ecstasy, 1988), l'Orchestre symphonique de Toronto (Lure of the Fallen Seraphim, 1987), le Concours international de musique de Montréal (Ananda, 1989), la SRC (Danses abstraites, 1986), la pianiste Janina Fialkowska (Foxnocturne, 1996) et le Quatuor à cordes Penderecki (Quatuor à cordes no 1 en 1993 et no 4 en 2010).

Cathedral Songs (1995) est une des œuvres les plus importantes du compositeur, conçue spécialement pour l'architecture particulière de l'Atrium Barbara Frum au Centre de radiodiffusion de la CBC à Toronto. Au fil des ans, Buhr a composé des concertos pour violon, alto et soprano (Jumblies) et des concertos pour piano, basson et trompette (deux pour chacun de ces instruments), ainsi qu'un double concerto pour flûte et harpe, un triple concerto pour violon, clarinette et piano, et une œuvre concertante mettant en vedette le violon et le violoncelle aux côtés de l'orchestre (Two Songs with Doubles).

En 1997, Buhr compose sa première symphonie qui sera suivie de deux autres, en 2001 et en 2008. En 2003, le Birmingham Royal Ballet crée son ballet intégral Beauty and the Beast à Birmingham, en Angleterre. Depuis, cette œuvre a été présentée en tournée à trois reprises au Royaume-Uni et jouée au total plus de 100 fois. Le ballet a aussi été présenté à Hong Kong (2005), au Japon (2008) et en Chine (2009).

Chef d'orchestre, mais aussi pianiste de jazz

En plus de composer, il arrive à Buhr de diriger de grands orchestres au Canada (entre autres ceux de Calgary, Edmonton, Toronto, Vancouver, Kitchener-Waterloo et, bien entendu, de Winnipeg) et de jouer du piano avec son ensemble du jazz, le Glenn Buhr Quartet. Avec cette formation, il a fait paraître deux CD et le deuxième (Thru the Wounded Sky) a d'ailleurs été salué comme le meilleur de l'année par le Globe and Mail. Buhr a enregistré la musique de ce CD après un périple routier de 15 semaines. Parlant de sa collaboration avec les musiciens de jazz, Buhr a déclaré : « J'ai beaucoup d'affinités avec les artistes de jazz. Ce sont tous des musiciens pleins d'imagination qui ont besoin de créer la musique au moment où ils l’interprètent. Dans mes compositions, l’improvisation est importante et aussi le jazz, mais je n’improvise pas toujours dans le style du jazz. Notre budget ne nous permettant pas de répéter avant nos concerts, j'introduisais les nouvelles compositions une à la fois et nous les développions peu à peu devant le public. Le jour après notre dernier concert, nous nous sommes retrouvés dans un studio et nous avons enregistré quelques prises de chacune des nouvelles compositions. »

Des prix… et des surprises!

Buhr a reçu de nombreux prix, notamment le prix de la SDE Canada, un prix de l'American Harp Society Composers Competition et le premier prix au concours italien Pro Loco Corciano. Après avoir été quatre fois mis en nomination pour un prix Juno, il s’était à peu près résigné à ne jamais gagner. Lors de sa cinquième mise en nomination, en 2006, il ne s’est même pas donné la peine de se rendre à Toronto pour la cérémonie. C'est cette année-là qu’il a remporté un prix Génie pour la chanson « When Wintertime » qu'il avait écrite sur des paroles de sa femme, la chanteuse et romancière Margaret Sweatman, qui interprétait également la chanson. Cette chanson est extraite du film noir Seven Times Lucky, tourné à Winnipeg, la ville natale du compositeur. D'ailleurs, Buhr avait signé toute la trame sonore du film qui propose des musiques allant du style orchestral en passant par les balades de Noël (l'histoire se déroule pendant la période des Fêtes) et le rhythm and blues.

Programme de concert

Glenn Buhr : Né à Winnipeg, le 18 décembre 1954; vit actuellement à Waterloo et Winnipeg

Jyotir a été composé pour le Canadian Chamber Ensemble en 1989 qui l’a créé, sous la direction de Raffi Armenian. Le compositeur décrit cette œuvre d'une durée de cinq minutes de la manière suivante : « C'est une brève étude d'écriture orchestrale virtuose. Elle est inexorablement rapide, et comprend plusieurs sections virtuoses pour les bois, ainsi qu'une improvisation au tambour solo, vers la fin. Comme son titre l'indique (jyotir est un mot sanskrit qui signifie « éclat »), cette œuvre est fortement influencée par la musique de l'Inde. Elle est construite sur une seule gamme de sept notes, sans aucune modulation, et présente un motif récurrent à 16 temps sur lequel se déploie le matériau mélodique. » Un motif de deux notes alterne avec des ornementations exécutées par les bois et des battements de tambour. La percussion joue un rôle de premier plan en maintenant une pulsation rythmique asymétrique et irrésistible.

Jyotir est le résultat d'un regain d'intérêt de Buhr pour la musique indienne qui avait tout d'abord piqué sa curiosité lorsqu'il était jeune étudiant, dans les années 1970. « À l'époque, je ne comprenais pas l'esthétique de cette musique, déclare-t-il dans les notes qui accompagnent l'enregistrement sur CD de Jyotir, mais j'étais très attiré par ces sonorités. Plus tard, lorsque je travaillais sur The Cycle of Spring, en 1988, j'ai renoué avec ma fascination pour cette musique grâce à un nouvel intérêt pour le théâtre sanskrit ancien. Dans cette tradition, les artistes mettent l'accent sur les émotions ressenties par l'auditoire et c'est un aspect dont j'ai pris conscience dans mes propres œuvres. Par exemple, lors de certaines représentations de The Cycle of Spring, j'inclus Akasha et Jyotir comme mouvements instrumentaux de danse afin de renforcer l'expérience émotionnelle des auditeurs. »

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1989

Histoire, politique et affaires sociales

  • Le Canada rappelle son ambassadeur en Chine, dans le sillage du massacre de la place Tiananmen Square  à Beijing.
  • Heather Erxleben gradue de la base militaire canadienne de Wainwright, devenant la première femme soldat.
  • La Commission canadienne des droits de la personne statue que les couples homosexuels peuvent constituer une famille.
  • Audrey McLaughlin est élue chef du NPD en remplacement d'Ed Broadbent et devient la première femme à diriger un parti national au Canada.
  • Marc Lépine tire 14 étudiantes et en blesse 13 autres à l’École Polytechnique de Montréal, suscitant une nouvelle série de discussions sur la violence et le contrôle des armes à feu.
  • L'Exxon Valdez renverse 240,000 barils (11 millions de gallons) de pétrole dans le Détroit Prince William après s’être échoué en Alaska.
  • Les révolutions de 1989 balaient le bloc de l’Est, annonçant la fin de l’Union soviétique et l’ère post-Guerre froide.

Nature, science et technologie

  • Un missile de croisière américain utilisant une technologie « de camouflage » est testé pour la première fois au-dessus du Canada.
  • Une équipe de scientifiques du Canada et des États-Unis annoncent avoir trouvé le gène défectueux causant la fibrose kystique.
  • Le gouvernement fédéral annonce des coupes substantielles à VIA Rail; plus de la moitié des services sera annulé l'année suivante.
  • L'Agence spatiale canadienne est créée.

Arts, lettres et divertissement

  • L'ex premier ministre Pierre Trudeau lance son nouveau livre Meech Lake, Trudeau Speaks, dans lequel il conseille vivement de tenter une nouvelle ratification du controversé Accord du Lac Meech.
  • Farley Mowat publie The New Found Land.
  • Le Musée des beaux-arts du Canada de Moshe Safdie ouvre ses portes.
  • Le Musée canadien de la civilisation ouvre à Hull. Sa mission est de « préserver et promouvoir le patrimoine du Canada et… de jouer un rôle dans l’affirmation de l’identité canadienne ».
  • La Motion Picture Academy of Arts and Sciences remet à l'Office national du film un Oscar honorifique en reconnaissance de son 50e anniversaire et pour son dévouement à l'excellence artistique, créatrice et technologique.
  • L'ayatollah Ruhollah Khomeini met la tête de l’auteur des Versets sataniques Salman Rushdie à prix pour 3 millions de dollars américains.

Connexion Musicale

Glenn Buhr (né en 1954, à Winnipeg, au Manitoba) est un compositeur prolifique dont les œuvres ont été reprises par des ensembles de musique chambre, des solistes et des orchestres à travers le monde. Buhr est un ardent défenseur de musique nouvelle au Canada et a été un des cofondateurs du Festival de musique nouvelle de l’Orchestre symphonique de Winnipeg. Ses œuvresAkasha (Sky) et Jyotir sont toutes deux des commandes reçues d’ensembles canadiens; elles ont été influencées par la culture et la musique en provenance de l’Inde. Écoutez la façon dont ces œuvres illustrent leur nom : akasha, en sanskrit, signifie espace ou ciel, alors que jyotir signifie brillance.

Les compositeurs scrutent leur milieu à travers différentes lunettes et composent ainsi leur musique en réponse au monde qui les entoure. Il arrive que cette lunette soit celle de la musique émanant d’une culture particulière, que cette dernière soit la leur ou non. Les œuvres étudiées dans le module Influences culturelles et connexions mondiales proposent toutes des références culturelles. De telles références musicales nous invitent, en tant qu’auditeurs, à percevoir le monde d’un point de vue autre que le nôtre, confirmant du coup l’universalité de l’expérience humaine.

Influences culturelles et connexions mondiales propose une série d’activités d’écoute et d’apprentissage conçue de manière à amener les élèves à identifier, d’une part, les références culturelles que l’on peut entendre dans les œuvres des compositeurs canadiens Glenn Buhr, José Evangelista, Steven Gellman, Srul Irving Glick et Kelly-Marie Murphy, et à tenter, d’autre part, de comprendre les raisons pour lesquelles ces compositeurs ont introduit ces références culturelles dans leurs œuvres. Les élèves sont également appelés à examiner les facteurs qui poussent les compositeurs à s’abreuver à la fontaine musicale de différentes cultures – qu’il s’agisse de la leur, ou que celle-ci leur soit tout à fait étrangère. Enfin, les élèves ont l’occasion de composer une courte œuvre musicale qui s’inspire des influences musicales qu’ils viennent d’étudier.

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