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24:06

Simulacrum (1987)

  • Compositeur: Anhalt, Istvan
  • Chef d'orchestre: Chmura, Gabriel
  • Date de concert: 1987-10-07
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Anhalt, Istvan

Anhalt, Istvan

12 avr. 1919 -

Vue d'ensemble

Dans Simulacrum, Anhalt tente de traduire en musique l'idée d'illusion, de souvenir ou de reflet - un simulacre - « en cherchant à établir des liens, des relations et des correspondances entre le passé et le présent ». En savoir plus

Biographie

Né à Budapest, Hongrie, le 12 avril 1919;
vit actuellement à Kingston.

Comme beaucoup de Canadiens, István Anhalt est né dans un autre pays, dans son cas, la Hongrie. Et pourtant, le musicologue Sandy Thorburn l'a qualifié de « compositeur canadien par excellence ». À 91 ans (le 12 avril 2010), Anhalt est le doyen des compositeurs canadiens de sa stature, après Otto Joachim, qui a huit ans et demi de plus que lui. En tant que compositeur, professeur, chef d'orchestre, auteur, penseur et bâtisseur de départements de musique universitaires, Anhalt a laissé une marque indélébile sur plusieurs générations de compositeurs, musiciens et universitaires canadiens. Il a été nommé Officier de l'Ordre du Canada en 2003 et il détient des doctorats honorifiques de l'Université McGill et de l'Université Queen’s.

Hongrie… Paris… Canada

Né en Hongrie, il était presque inévitable qu'Anhalt gravite autour de son célèbre compatriote Zoltán Kodály, avec qui il a étudié de 1937 à 1941, à l'Académie royale de musique de Hongrie. Alors que la guerre faisait rage en Europe, il est conscrit dans l'armée hongroise en 1942. Deux ans plus tard, il réussit à s'échapper et demeure dans la clandestinité jusqu'à la fin de la guerre. En 1946, il se rend à Paris pour continuer ses études au Conservatoire et prend des leçons particulières avec Nadia Boulanger et des cours de piano avec Soulima Stravinsky (le fils d'Igor). Anhalt émigre au Canada en 1949, grâce à une bourse Lady Davis dont l'objectif était d'inciter des intellectuels apatrides à venir s'établir au Canada. Il a obtenu la nationalité canadienne en 1955.

Carrière universitaire

À Montréal, il enseigne à la Faculté de musique de l'Université McGill où il met sur pied le Département de composition. En 1964, il crée le Studio de musique électronique de la faculté qui est encore florissant aujourd'hui. À l'époque, c'est le deuxième studio de ce genre au pays, après celui de l'Université de Toronto. En 1971, Anhalt change d'établissement et exerce ses fonctions administratives et éducatives à l'Université Queen’s à Kingston (Ontario), où il contribue à faire du Département de musique un des meilleurs du pays. Après avoir pris sa retraite de l'université en 1984, Anhalt continue à composer, peut-être même à un rythme encore plus soutenu qu'auparavant.

Musique électronique

C'est dans le domaine de la musique électronique que la contribution d'Anhalt est la plus remarquable. En effet, il a été un des premiers champions de ce type d'écriture. Entre 1959 et 1961, il travaille au laboratoire de musique électronique du Conseil national de recherches à Ottawa, aux laboratoires de Bell Telephone à Murray Hill (New Jersey), de même qu’au Centre de musique électronique de Columbia-Princeton. En 1959, Anhalt organise à l'Université McGill un concert de musique électronique qui a été sans doute le premier événement du genre au Canada. Ce concert présentait des compositions de Hugh LeCaine, Karlheinz Stockhausen, John Bowsher et d'Anhalt lui-même.

Œuvres orchestrales

L'année même où il organisa le premier concert de musique électronique du Canada (1959), Anhalt présenta également sa première œuvre instrumentale de grande envergure intitulée Symphonie, qu'il dirigea à Montréal au cours d'un concert commémorant le 200e anniversaire de la fondation de la première collectivité juive au Canada. La Symphony of Modules est une autre de ses grandes œuvres qu'il acheva en 1967. Vingt années s'écoulèrent avant qu'Anhalt ne revienne à l'écriture purement instrumentale. En 1987, l’Orchestre du CNA créa Simulacrum, une œuvre qui figure dans la Frise chronologique. Ensuite, il produisit coup sur coup SparkskrapS et Sonance•Resonance (Welche Töne?) en 1988 et en 1989. Carl Morey et Betty Nygaard King écrivent, dans L’Encyclopédie de la musique au Canada, que ces compositions « illustrent une technique fréquemment utilisée dans la musique d'Anhalt : un développement à partir d'idées qui ne sont pas proprement musicales mais qui, dans un ouvrage particulier, deviennent centrales. Les trois œuvres pour orchestre des années 1980 traitent chacune d'un aspect universel du processus de la mémoire, évoquant tour à tour la puissance individuelle de la mémoire, la mémoire inconsciente et disjointe des forces en opposition dans la création. » Deux des œuvres les plus récentes d'Anhalt – Twilight Fire (2002) et The Tents of Abraham (2004) – sont également des compositions orchestrales.

Voix

Près de la moitié des compositions d'Anhalt font appel à la voix. Le vif intérêt qu'il porte à la voix ainsi qu'au rôle et aux fonctions de la musique vocale amène le compositeur à consacrer à ce sujet un ouvrage complet intitulé Alternative Voices, publié en 1984. Dans cet ouvrage innovateur, il se penche sur la façon dont les compositeurs (notamment Berio, Ligeti et Lutoslawski), à partir de 1945 environ, utilisent la voix avec toute l'étendue et la variété des sons qu'elle peut produire. L'ouvrage examine aussi leur façon de traiter un texte et contient des idées frappantes sur la nature et le pouvoir des divers types d'émissions vocales présentes dans l'art et dans la société. Dans l'hommage qu'il a rendu à Anhalt lorsque celui-ci a pris sa retraite de l'Université Queen’s, en 1984, William Benjamin a qualifié cet ouvrage de « grande aventure intellectuelle menée par un homme qui ne peut faire autrement que d'être à l'avant-garde de l’art et d'être interpellé par les innovations que la plupart remettent en question ou même méprisent ».

Programme de concert

István Anhalt : Né à Budapest, Hongrie, le 12 avril 1919; vit actuellement à Kingston

István Anhalt composa sa première œuvre instrumentale de grande envergure, intitulée Symphony, en 1959. La Symphony of Modules, achevée en 1967, est une autre de ses grandes productions. Vingt ans s'écoulèrent avant qu'Anhalt ne revienne à l'écriture purement instrumentale. Le 7 octobre 1987, l'Orchestre du CNA créa Simulacrum, le premier volet d’un triptyque orchestral dont les deux autres œuvres sont SparkskrapS et Sonance•Resonance (Welche Töne?), créées en 1988 et 1989. Carl Morey et Betty Nygaard King notent dans l’Encyclopédie de la musique au Canada que ces compositions « illustrent un trait caractéristique de l'inspiration du compositeur : un développement à partir d'idées qui ne sont pas proprement musicales mais qui, dans un ouvrage particulier, deviennent centrales. Les trois œuvres pour orchestre des années 1980 traitent chacune d'un aspect universel du processus de la mémoire, évoquant tour à tour la puissance individuelle de la mémoire, la mémoire inconsciente et disjointe des forces en opposition dans la création. »

À la fin de l'année 1986, après la première de son grand opéra Winthrop, Anhalt fut invité à composer une œuvre pour l’Esprit Orchestra d’Alex Pauk à Toronto. Ayant déjà accepté cette commande, il n'était pas prêt à envisager de travailler concurremment sur une deuxième commande pour l'Orchestre du CNA. En revanche, il accepta l'invitation de Chmura de venir assister à un concert à Ottawa, invitation qu'il se félicita plus tard d'avoir acceptée (« … un musicien et chef d'orchestre de grand talent, et un orchestre remarquablement sensible et raffiné », écrira-t-il par la suite.) Aussi, lorsque Chmura lui demanda d’écrire une composition pour son concert inaugural à titre de directeur musical, l'automne suivant, Anhalt se laissa convaincre. Le compositeur raconte : « Sur la route, en revenant d'Ottawa, les premières idées musicales commencèrent à tourner dans ma tête. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de composer la pièce pour Chmura et l'Orchestre du CNA en premier et celle destinée à Pauk et à l’Esprit Orchestra dans un second temps. Puis, tout a été très vite. En l'espace de trois mois, j'avais terminé la partition pour Ottawa. »

Qu'est-ce qu'un simulacre? Anhalt nous fournit une explication : « C'est une image, un portrait, un reflet dans un miroir ou dans l'eau, une ombre, une chose imaginée, le souvenir d'un temps révolu (cet aspect m’intriguait beaucoup), une imitation, un mirage, peut-être, et toutes sortes d'autres choses. » Dans son travail de composition, Anhalt a été amené à chercher des liens, des relations et des correspondances entre le passé et le présent. Alan Gillmor fait remarquer que dans Simulacrum, « la notion de temps comme concept linéaire est une illusion, un mirage, car le passé, le présent et l'avenir sont des “ enchevêtrements organiques ” que l'on peut démêler, ou des “ chaînes de cellules mémorielles connectables ” [selon les propres termes d'Anhalt]. On y trouve des citations de la Passion selon saint Matthieu de Bach, du Rosenkavalier de Strauss, d’Aïda et d’Otello de Verdi, ainsi que de mélodies sépharades – œuvres qui ont, d'une manière ou d'une autre, marqué l'enfance d'Anhalt. « Les citations qu'Anhalt incorpore dans Simulacrum, écrit Gordon E. Smith, sont véritablement intégrées à la trame musicale de la composition, de la même manière – métaphoriquement parlant – que les mécanismes du souvenir sont enfouis dans la conscience humaine. »

(Anhalt a commenté Simulacrum en détail au cours d'une causerie donnée à l'Université de Toronto en 1988 et publiée dans István Anhalt: Pathways and Memory, sous la direction de Robin Elliott et Gordon E. Smith, en 2001.)

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1987

Histoire, politique et affaires sociales

  • Le Canada introduit la pièce d'un dollar, rapidement surnommée le « loonie ». Le billet d'un dollar sera retiré en 1989.
  • Québec devient la première ville d'Amérique du Nord à devenir Patrimoine mondial de l'UNESCO.
  • La conférence des premiers ministres se tient au Lac Meech. Le premier ministre Brian Mulroney et les 10 premiers ministres provinciaux s'y rencontrent afin de redéfinir la position du Québec sur des questions constitutionnelles.
  • Le 19 octobre, « lundi noir », la bourse s'effondre, suscitant la chute la plus abrupte des titres depuis 1929.
  • Air Canada devient la première compagnie aérienne à adopter une politique d'interdiction de fumer. La cigarette est bannie sur tous les vols de court-courrier entre le Canada et les États-Unis.
  • Le Canada et les États-Unis se mettent d'accord sur les termes de l'accord du libre-échange.
  • Frobisher Bay, Territoires du Nord-Ouest, change son nom pour Iqaluit et deviendra éventuellement capitale du Nunavut.
  • Le Reform Party of Canada est fondé.
  • Les armoiries de la Colombie-Britannique sont officiellement adoptées.

Nature, science et technologie

  • Les chercheurs de l'Alberta découvrent pour la première fois des fœtus de dinosaures dans des œufs. Cette découverte permet de démontrer que les dinosaures vivaient en colonies et s'occupaient de leurs petits.
  • La Food and Drug Administration approuve l’AZT, médicament contre le sida.
  • La première transplantation cœur-poumons est pratiquée.

Arts, lettres et divertissement

  • L'auteure Margaret Laurence meurt.
  • Michael Ondaatje remporte un prix Trillium pour In the Skin of a Lion (Dans la peau d’un lion).
  • Le Conseil des arts du Canada établit le Prix de Rome qui reconnaît le travail des architectes canadiens. Les lauréats reçoivent des bourses leur permettant de vivre et travailler dans le quartier Trastevere de Rome.
  • Robertson Davies devient le premier Canadien à recevoir la médaille d'honneur en littérature du National Arts Club à New York.
  • Plusieurs chaînes canadiennes spécialisées obtiennent leur licence: YTV, VisionTV, CBC Newsworld, The Weather Network/MeteoMedia, et le poste de télé payante The Family Channel.

Connexion Musicale

Dans cette composition pour alto, récitant et orchestre, sept poèmes d'auteurs canadiens-anglais sont lus sur la musique, plutôt que chantés. Les auteurs des poèmes sont Barry McKinnon, Anne Marriott, George Johnston, Anne Wilkinson, Raymond Souster et Earle Birney, dont le texte est reproduit ici. Les poèmes sont agencés par thème selon un cycle allant de l'hiver à l’été. Le dernier numéro consacré au poème « On the Rouge » de Raymond Souster laisse l'auditeur sur une note chaleureuse et nostalgique.

Le module Du texte à la musique se penche sur des compositions orchestrales inspirées par la littérature. Nous avons retenu cinq compositeurs canadiens – Linda Bouchard, Oskar Morawetz, Gary Kulesha, Violet Archer et Robert Turner. Les sources d’inspiration de ces œuvres musicales sont très variées – romans d’amour du Moyen Âge (Exquisite Fires de Bouchard), contes de fées (Overture to a Fairy Tale de Morawetz), The Waves de Virginia Woolf (The Boughs of Music de Gary Kulesha), Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (Prélude-Incantation de Violet Archer) et poème du Canadien Earle Birney (A Group of Seven de Robert Turner).

Dans certains cas, le texte littéraire sert d'inspiration générale au climat musical, dans d'autres cas il fait office de support plus précis pour la musique et dans un cas seulement, c'est le texte lui-même qui est mis en musique. Les activités d'écoute guidée et d'apprentissage invitent les élèves à s'intéresser à l'histoire qui a inspiré la musique et à voir comment la musique peut refléter, renforcer ou souligner le texte.

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