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Sérénade pour cor anglais, trompette et cordes (1984)

Portrait du compositeur Hayes, Gary

Hayes, Gary

14 déc. 1948 -

Vue d'ensemble

En musique classique, une sérénade est généralement considérée comme une pièce de musique légère en plusieurs mouvements, de caractère agréable et d'écoute facile. La musique de Gary Hayes répond à cette définition, mais elle s’écarte de la tradition en donnant des rôles de solistes à deux des instruments inhabituels, un bois (le cor anglais, instrument mal nommé, puisqu'il n'est ni un cor, ni anglais) et un cuivre (la trompette). En savoir plus

Biographie

Hamilton, Ontario, 14 décembre 1948;
vit à Ottawa

S’il fallait évoquer la carrière de Gary Hayes en un seul mot, c’est le terme « éclectisme » qui conviendrait le mieux. Bien qu’il figure ici à titre de compositeur, il est en fait surtout connu comme l’un des plus importants réalisateurs de disques et ingénieurs du son du Canada. Ses champs d’intérêt sont aussi vastes que le pays où il vit, allant des groupes rock aux orchestres symphoniques, du jazz au bluegrass.

Études

Gary Hayes grandit à Grimsby, en Ontario, où il étudie le violon et les percussions, instruments qui occuperont plus tard une place prépondérante dans sa démarche de compositeur. Il étudie ensuite la composition à l’Université de Toronto auprès de John Beckwith et de John Weinzweig. Ce dernier, en particulier, exercera une profonde influence sur la façon dont Gary Hayes envisagera la composition, notamment en ce qui concerne l’utilisation inventive des instruments.

Premières compositions

Dans ses premières compositions, Gary Hayes fait l’essai d’une grande variété de procédés et de techniques de composition : dodécaphonisme (Falling Leaves, 1970), atonalité libre (Two Songs, 1970), technique aléatoire et éléments d’improvisation (Dog, 1971), motifs tonals récurrents sur fond de variations rythmiques (Mists and the Dreams of Mists, 1973), parodies de chant grégorien (Dementia II, 1974) et spatialisation (Convolutions, 1975). Cette démarche inspirera le commentaire suivant à l’épouse du compositeur, Florence Hayes : « Avec ces premières compositions, Gary Hayes s’est doté d’un style qui caractérise la plupart de ses œuvres subséquentes. Même s’il poursuit ses expériences avec les techniques d’avant-garde, sa musique revêt toujours un aspect familier ou traditionnel. »

Une existence de pigiste

Au terme de ses études à l’Université de Toronto, Gary Hayes travaille comme pigiste, remplissant les fonctions les plus variées dans le monde de la musique : compositeur et directeur musical pour des productions théâtrales, « artiste en classe » pour la commission scolaire de North York (Toronto), technicien du son et éclairagiste en tournée pour le duo de chanteurs folk Ian et Sylvia Tyson, coordonnateur technique et membre du conseil d’administration du festival folk Mariposa de Toronto, et guitariste et chanteur folk dans les bars et les cafés du sud de l’Ontario, où il fait équipe avec David James Bowen.

Array

En 1971 se produit un événement qui déterminera la suite de sa carrière lorsqu’il devient l’un des membres fondateurs d’Array, un collectif de compositeurs qui décident de se regrouper pour faire connaître leurs œuvres. Gary Hayes se souviendra d’Array comme d’une « sorte de laboratoire d’idées réunissant six esprits musicaux sur le point d’entreprendre des carrières professionnelles. » Bon nombre de ses premières pièces seront créées dans le cadre de concerts présentés par Array. L’une d’elles, Pythian I pour soprano, guitare/mandoline, piano, percussions, violon, alto et violoncelle (1973), remporte le prix du Conseil des arts de l’Ontario à titre de meilleure pièce d’un compositeur ontarien dans le cadre du Concours de jeunes compositeurs organisé conjointement, en 1973, par la Société Radio-Canada et le Conseil des Arts du Canada.

Cap sur Ottawa

En 1975, Gary Hayes déménage à Ottawa, où il s’établit comme réalisateur d’émissions musicales à la radio de Radio-Canada/CBC. Dans ces fonctions, il réalise les émissions Music of the 20th Century, Lunch Hour Concerts (à l’origine de la série Ottawa in Concert) et Artscape, en plus d’organiser les concerts d’Espace Musique et de réaliser des enregistrements de l’Orchestre du Centre national des Arts, ainsi que des albums de l’Orchestre symphonique de Nepean et du groupe de musique populaire Mirth. Il œuvre à présent comme ingénieur du son et réalisateur indépendant et possède sa propre étiquette, CanSona Arts Media, qu’il a fondée en 1995.

Autres activités à Ottawa

À Ottawa, Gary Hayes poursuit aussi sa démarche de compositeur, écrivant des œuvres sur commande pour des organisations et des groupes aussi prestigieux que l’ensemble Canadian Brass, l’Orchestre du Centre national des Arts, l’Esprit Orchestra, l’ensemble New Music Concerts, le Pierrot Ensemble, les Cantata Singers of Ottawa et plusieurs autres. Il est aussi l’un des membres fondateurs et le président en exercice des Ottawa New Music Creators, un organisme mis sur pied en 2007 dans le but d’encourager et de soutenir la création de musique nouvelle par les compositeurs et les interprètes de la Région de la capitale nationale.

De la musique pour ensembles variés

La plupart des compositions de Gary Hayes sont écrites pour des ensembles de chambre variés et souvent inusités : Surges pour cor, violon et piano, Dialogues pour flûte et orgue, Dementia I pour flûte, trompette et alto, Idiosyncrasies pour flûte, basson, violon et violoncelle, Musical Journal pour flûte, piano et percussions, ou encore Falling Leaves pour piano, percussions et cordes, pour ne citer que ces quelques exemples.

Programme de concert

Gary Hayes : Né à Hamilton (Ontario), le 14 décembre 1948; vit actuellement à Ottawa

Gary Hayes, qui est depuis longtemps un personnage important de la scène musicale d'Ottawa, a écrit en 1984 cette sérénade créée le 23 janvier 1985 par l'Orchestre du CNA, l'ensemble qui en avait fait la commande. Bramwell Tovey était au podium. À l'époque, le compositeur avait présenté ainsi son œuvre :

« La Sérénade pour cor anglais, trompette et cordes a fait l'objet d'intenses discussions entre le compositeur et le directeur du Département de musique du CNA, Costa Pilavachi. Il en a résulté une œuvre qui prend consciemment pour modèle la sérénade traditionnelle, dont il existe une quantité impressionnante d'exemples et de versions idéales, mais qui aborde cette forme selon ses propres critères.

Par comparaison aux sérénades du XVIIIe siècle, les instruments solistes occupent une place plus centrale au sein des quatre mouvements, mais moins que dans un concerto. Les quatre mouvements revêtent chacun un caractère distinct et suivent parfois un programme non précisé, mais ils sont également assez bien reliés par leur contenu thématique.

Si la sérénade traditionnelle se voulait être un divertissement par rapport à la monotonie ou aux tracas de la vie quotidienne, celle-ci se donne pour but de nous éloigner pendant quelques brefs instants de l'actualité du monde actuel marquée par les catastrophes et les actes de terrorisme, une sérénade pour un monde en désarroi. »

Hayes a peut-être choisi comme modèle pour sa sérénade d'une durée de 27 minutes une œuvre de son professeur John Weinzweig, le Divertimento no 1 pour flûte et cordes, composé en 1946, œuvre similaire par son intention et son caractère, qui est une des compositions canadiennes les plus souvent jouées. Hayes a peut-être aussi été influencé dans le choix de l’instrumentation par une autre œuvre relativement bien connue du compositeur américain Aaron Copland – Quiet City (1941) – également destinée à un ensemble de cordes avec un cor anglais et une trompette comme instruments solistes. Hayes a vraiment été inspiré d'associer ces deux instruments solistes, car leurs timbres sont remarquablement similaires et le compositeur exploite à fond cette qualité, leur confiant presque constamment des duos ou les faisant dialoguer l'un avec l'autre.

Le premier mouvement a un air guilleret qui rappelle le contrepoint rythmique de Stravinsky. Le deuxième mouvement en trois parties passe d'une introduction aux allures orientales à une section médiane plus chimérique, avant de s'achever avec une conclusion portant au calme et à la réflexion. Le troisième mouvement est lyrique, comme l'indique son titre, mais il se caractérise également par une activité rythmique excentrique et une harmonie piquante. Là encore, Stravinsky n'est pas loin. Le finale mène la Sérénade à une conclusion badine et animée.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1984

Histoire, politique et affaires sociales

  • Mené par Brian Mulroney, le parti progressiste-conservateur du Canada remporte 211 sièges de la Chambre des communes et forme le gouvernement majoritaire le plus important de l'histoire canadienne.
  • Le premier ministre canadien Pierre Trudeau annonce qu'il se retire.
  • Trudeau reçoit le Prix pour la paix Albert Einstein pour ses efforts encourageant le dialogue Nord-Sud et ses récentes initiatives personnelles pour diminuer les tensions de la Guerre froide.
  • Jeanne Sauvé devient la première gouverneure générale du Canada.
  • Les armoiries du Manitoba sont officiellement adoptées.
  • L'année s'achève sans que les terribles prédictions du célèbre roman de George Orwell 1984 ne se réalisent.

Nature, science et technologie

  • Le missile de croisière est testé pour la première fois au-dessus de l'Alberta, attaché à un bombardier B-52.
  • Marc Garneau devient le premier astronaute canadien en orbite, à bord de Challenger, lancée du Kennedy Space Center en Floride.
  • Le Macintosh d’Apple est le premier ordinateur personnel à utiliser une souris.

Arts, lettres et divertissement

  • Le Canada remporte un nombre record de médailles (84) aux Olympiques d'été, partiellement en raison des boycotts des jeux de la part des pays communistes.
  • Le film de Robert Cooper The Terry Fox Story remporte cinq Génies, dont meilleur film.
  • William Gibson écrit Neuromancer et invente le mot cyberspace.
  • James Cameron reçoit une reconnaissance internationale avec son film The Terminator.