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Archer, Violet
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Weinzweig, John
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07:51

Célébration (1966)

  • Compositeur: Prévost, André
  • Chef d'orchestre: Mannino, Franco
  • Date de concert: 1984-11-07
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Prévost, André

Prévost, André

30 juil. 1934 - 27 janv. 2001

Vue d'ensemble

Comme le titre l'indique, Célébration est une œuvre qui célèbre un monument national, le monument à la mémoire des Pères de la Confédération à Charlottetown (Île du Prince-Édouard), qui ouvrit ses portes en 1964, afin de rendre hommage aux hommes qui s'étaient réunis dans cette ville un siècle plus tôt dans le cadre de la Conférence de Charlottetown. C'est également à cet endroit que se déroule chaque été le Festival de Charlottetown qui continue à présenter, année après année depuis sa création en 1965, la comédie musicale qui tient l'affiche depuis le plus longtemps au Canada, Anne of Green Gables: The Musical. En savoir plus

Connexion Musicale

L'esprit du temps

Les compositeurs canadiens témoignent souvent de leur époque dans leur musique. Le présent guide d'apprentissage illustre les techniques et les approches qu'utilisent les compositeurs pour réagir aux événements de leur époque. En savoir plus

Biographie

Hawkesbury (Ontario), 30 juillet 1934;
Montréal, 27 janvier 2001

André Prévost est né en Ontario mais sa famille venait de Saint- Jérôme, au Québec, où il a grandi. Il était issu d’une grande lignée qui a donné naissance à d’éminents artistes, musiciens, juges et politiciens québécois. Sa musique a été jouée abondamment un peu partout au Canada, en Europe, aux États-Unis, et aussi loin qu’en Corée, en Inde et en Nouvelle-Zélande. Il a été invité à trois occasions à écrire des pièces pour les concurrents du Concours international de musique de Montréal. L’une de ses œuvres les plus remarquables est Terre des Hommes, une pièce d’une durée de quarante-cinq minutes pour orchestre, trois chœurs et deux récitants, écrite pour l’inauguration de l’Expo 67 sur un poème de Michèle Lalonde. Selon Gilles Potvin, critique musical du journal montréalais Le Devoir, « peu d'œuvres musicales créées au Canada possèdent un souffle d'une telle intensité, une vision aussi vaste du monde. »

Les débuts

André Prévost naît au sein d’une famille passionnée de musique : son père, ses cinq frères et ses deux soeurs sont tous musiciens, bien qu’aucun d’entre eux n’en ait fait sa profession. Il reçoit l’essentiel de sa formation musicale au Conservatoire de Montréal, où il étudie l’harmonie et le contrepoint auprès d’Isabelle Delorme et de Jean Papineau-Couture, et la composition sous la férule de Clermont Pépin. En 1960, après neuf ans de Conservatoire, il va poursuivre sa formation pendant deux ans à Paris, auprès d’Olivier Messiaen et d’Henri Dutilleux. En 1964, il se rend au Berkshire Music Center, à Tanglewood, où il a pour professeurs les célèbres compositeurs états-uniens Aaron Copland, Gunther Schuller et Elliott Carter, ainsi que le professeur invité Zoltán Kodály; il retourne ensuite à Paris pour étudier la musique électroacoustique auprès de Michel Philippot. À l’automne 1964, Prévost se fixe dans la métropole québécoise pour se joindre au corps professoral de l’Université de Montréal, où il enseignera presque jusqu’à son dernier souffle, plus de trente ans plus tard.

La pensée musicale de Prévost

Prévost est reconnu comme un homme sérieux et réfléchi, qui médite souvent sur les forces à l’oeuvre derrière la création artistique et sur la place de l’homme dans l’univers. « Je ne peux simplement pas m’empêcher de faire passer mes préoccupations spirituelles dans mes œuvres », dira-t-il un jour. Dans une entrevue accordée en 1983, il déclarait : « Je pense que l’œuvre d’art est une œuvre spirituelle; il y a quelque chose de religieux dans l’art. Et en ce sens, je crois que c’est très primitif, et que nous poursuivons tous, tant que nous sommes, un absolu que nous voudrions bien atteindre et que nous n’atteignons jamais. Et si jamais un jour nous l’atteignons, c’est lorsque la vie telle que nous l’entendons – la vie humaine – cesse. Alors, c’est un absolu inaccessible; l’absolu ne fait absolument pas partie de notre vie humaine. Mais nous tendons tous vers cet absolu, qui est probablement le moteur qui fait que nous cherchons sans cesse. »

Prévost sur la composition

À la faveur de la même entrevue, Prévost abordait en ces termes lumineux le sujet de la composition : « Si c’est seulement l’instinct qui gouverne une composition, je crois que la portée de cette œuvre, la plupart du temps, sera extrêmement limitée – elle manquera de souffle. Il faut donc qu’il y ait, comme je le dis souvent, une conjugaison entre l’instinct et l’intelligence, ou l’intellect, plus exactement, de sorte qu’on ne sache pas très bien ce qui est intellect et ce qui est instinct. Et d’ailleurs, chez les musiciens que j’admire le plus (…) – prenons Lutoslawski pour maintenant et Beethoven pour avant – pour moi, c’est ce qui fait vraiment leur grandeur. C’est qu’il y a un mariage – je ne dirais pas parfait, mais enfin, une sorte de conjugaison – de ces deux aspects de la manière de penser les sons qui sont extraordinairement homogènes. Si on analyse dans ses parties une œuvre de Beethoven, par exemple, on va toujours trouver quelque chose. C’est une musique qui ne vieillit pas; elle est toujours remplie de sève et, à l’analyse, on trouve des choses absolument admirables. Mais ce n’est pas que des questions d’analyse. Il y a aussi de l’indéfinissable, si je puis dire. Et c’est ça qui fait le charme, la grandeur, la profondeur de ces œuvres. »

La série Chorégraphie

Tout comme les cinéastes et les écrivains, il arrive qu’un compositeur écrive une série ou une suite découlant d’une première œuvre. Ainsi, John Weinzweig et Murray Adaskin ont tous deux produit plusieurs pièces dans le cadre de leurs séries respectives de Divertimento; Serge Garant a composé trois Offrandes et autant de Circuits; Bruce Mather a écrit cinq Madrigals; et R. Murray Schafer, sans doute aiguillonné par le phénomène des suites au cinéma, a écrit un Son of Heldeleben (« Le Fils de Heldeleben »). Pour André Prévost, ce sera la série Chorégraphie, quatre pièces pour orchestre toutes composées dans les années 1970. Pour chacune de ces oeuvres, le compositeur utilise le titre dans un contexte bien précis, décrivant les lieux et les milieux dans lesquels la vie se déroule, où elle est « dansée », pour ainsi dire. Ces lieux se situent, selon lui, au cœur de la conscience humaine. Ce que Prévost exprime dans cette série de compositions, c’est sa propre vision de l’univers dans toute sa complexité, dans sa réalité « exaltante » et « déprimante »; en bref, dans sa globalité.

La musique de Prévost et la danse

Un nombre étonnant de partitions de Prévost ont donné lieu à des chorégraphies, même si ce n’était pas l’intention du compositeur au moment où il les a écrites. Une seule pièce de la série Chorégraphie a reçu ce traitement (la première), mais en plus de cette composition, le Groupe Nouvel’Aire a ajouté, en 1973, six autres de ses oeuvres à son répertoire : la Sonate pour violon, la Sonate pour violoncelle, Diallèle, Évanescence, Fantasmes et le Quatuor à cordes no 2. Cinq ans plus tôt, le Toronto Dance Theatre avait aussi réglé son ballet Primordial sur la Sonate pour violon, et en 1980, le Ballet national du Canada a intégré Fantasmes à son ballet Newcomers, chorégraphié par Brian Macdonald. (Des extraits musicaux de Harry Freedman et de John Weinzweig étaient aussi inclus dans Newcomers.)

Prix et honneurs

En 1977, Prévost a reçu la médaille du Conseil canadien de la musique pour son « apport exceptionnel à la musique canadienne » et en 1985, le prix annuel pour la musique de concert de la Société des droits d'exécution du Canada. Il a été nommé officier de l’Ordre du Canada le 1er janvier 1986. Un auditorium à Saint-Jérôme a été baptisé en son honneur.

Programme de concert

André Prévost : né à Hawkesbury (Ontario), le 30 juillet 1934; décédé à Montréal, le 27 janvier 2001

Au cours du discours qu'il avait prononcé à l'occasion de la cérémonie d'inauguration du Centre national des arts de la Confédération à Charlottetown, le 6 octobre 1964, le premier ministre Lester B. Pearson avait déclaré : « [Le monument en mémoire des Pères de la Confédération] se veut un hommage à ces hommes célèbres qui ont fondé la nation. Il est cependant aussi dédié à la promotion de ces choses qui enrichissent l’esprit et ravissent le cœur, ces choses intangibles mais précieuses qui donnent un sens à la société et aident à en faire une civilisation et une culture. » Deux ans plus tard, dans la salle principale du Centre de la Confédération, l'Orchestre symphonique d'Halifax placé sous la direction de John Fenwick, exécutait pour la première fois, le 30 juillet 1966, Célébration d'André Prévost, une commande du Festival de Charlottetown destinée à souligner ce glorieux événement de l'histoire du Canada.

Célébration est une œuvre de huit minutes qui débute et s'achève comme il se doit avec d'éclatantes fanfares des cuivres et des instruments de percussion. Cependant, la musique se calme bientôt pour offrir des images plus contemplatives, voire nostalgiques, tout d’abord dans le long solo lyrique du hautbois, suivi par des passages similaires pour les autres instruments. Lorsque le matériau du début est de retour, il bénéficie d'une orchestration encore plus riche et se présente sur un rythme qui ressemble vaguement à celui d'une valse. La musique semble voguer vers une conclusion tranquille jusqu'à ce que l'irruption d'un dernier fragment de la musique de fanfare mette abruptement un terme à Célébration.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1966

Histoire, politique et affaires sociales

  • Fin de la Révolution tranquille, amorcée en 1960 alors que, sous Jean Lesage, le Parti libéral du Québec brise la mainmise de l'Union nationale, remportant 51,5% des votes.
  • Fin officielle du Baby Boom, décrit comme la période de taux de naissance haussé, qui a duré de la fin des années 1940 jusqu'en 1965 environ.
  • Les premiers échanges entre la France et le Québec sont instaurés en 1965-66. De 1966 à 1968, le gouvernement Johnson fera tous les efforts possibles pour que le français devienne la langue officielle au Québec. Le français devient obligatoire lors de l'étiquetage des produits alimentaires et un département de l'immigration est créé pour que les nouveaux arrivants atteignent un niveau adéquat de maîtrise de la langue.
  • L'Union nationale sous Daniel Johnson, Sr. est élue au Québec.
  • Les États-Unis annoncent qu'ils augmenteront de façon substantielle la présence de leurs troupes au Vietnam. Des manifestations se tiennent partout aux États-Unis contre la Guerre du Vietnam.

Nature, science et technologie

  • La ville de Montréal inaugure son système de métro.
  • La Commission de transport de Toronto inaugure la ligne de métro Bloor-Danforth.
  • Martin Richards met sur pied le Basic Combined Programming Language (BCPL).

Arts, lettres et divertissement

  • La Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) est fondée à Montréal grâce aux efforts de Wilfrid Pelletier, Jean Papineau-Couture, Maryvonne Kendergi, Serge Garant et Hugh Davidson.
  • La Contralto Maureen Forrester fait ses débuts américains dans le rôle de Cornelia dans l'opéra Giulio Cesare de Handel. Un professeur respecté, elle donnera aussi des cours de maître au Conservatoire royal de musique à Toronto.
  • Leonard Cohen chante deux de ses poèmes, Suzanne et Stranger au YMCA à New York. Ses lectures se transforment rapidement en séries de concerts.
  • Dans une entrevue publiée dans l'Evening Standard de Londres, John Lennon des Beatles déclare: « Nous sommes plus populaires que Jésus maintenant », suscitant une controverse aux États-Unis. Il s'excusera plus tard.
  • Swinging Radio England et Britain Radio commencent à diffuser sur la bande radio AM, avec un potentiel combiné de 100,000 watts transmis à partir d'un même navire ancré au large de la côte sud de l'Angleterre, en eaux internationales.
  • Star Trek, classique série télé de science-fiction, fait ses débuts avec un premier épisode intitulé « The Man Trap ».

Connexion Musicale

André Prévost (1934-2001) est né à Hawkesbury (Ontario) et mort à Montréal (Québec). Le compositeur a écrit cette musique enjouée pour célébrer l'inauguration du Centre de la Confédération à Charlottetown (Ile du Prince-Édouard), monument en hommage aux pères fondateurs du Canada qui s'étaient réunis dans cette ville un siècle plus tôt pour signer l'acte de naissance de la nation canadienne. Notez les fanfares des cuivres et des instruments de percussion et le long solo lyrique du hautbois. Cette musique fut jouée pour la première fois au Centre, en 1966, par l'Orchestre symphonique d'Halifax placé sous la direction de John Fenwick.

Le module L’Esprit du temps : Les compositeurs réagissent aux influences historiques examine quelques questions importantes concernant les compositeurs canadiens et leur place au XXe siècle. John Weinzweig, Michael Colgrass, Oskar Morawetz, Barbara Pentland, André Prévost et Claude Vivier ont vécu à des époques importantes de l'histoire et en ont subi l'influence. Leur musique fait écho à l'Holocauste, à la répression communiste de l'après-guerre, à la guerre du Vietnam, à l'assassinat de Martin Luther King et des Kennedy, aux manifestations pour la défense des droits civiques, à la montée du pouvoir noir, à la suppression de la démocratie en Tchécoslovaquie, à la lutte contre l’homophobie, à la pollution planétaire et à bien d'autres questions.?

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