Précédent Circle, Triangle, 4 Squares (1963)
Brott, Alexander
Suivant Célébration (1966)
Prévost, André
Jouer

Taille du fichier: 14.58 Mo

Ce fichier audio dépasse les 6 Mo

12:08

Prelude - Incantation (1964)

  • Compositeur: Archer, Violet
  • Chef d'orchestre: Hetu, Pierre
  • Date de concert: 1976-02-05
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Archer, Violet

Archer, Violet

24 avr. 1913 - 21 févr. 2000

Vue d'ensemble

Les pièces de Shakespeare ont inspiré une quantité phénoménale d'œuvres musicales, surtout le Songe d'une nuit d'été. Malgré son titre générique, c'est le cas de cette œuvre de Violet Archer, une évocation instrumentale de trois chœurs de fées provenant de cette fantaisie dramatique où les confusions d'identité viennent exacerber les querelles conjugales. En savoir plus

Connexion Musicale

Du texte à la musique

Du texte à la musique se penche sur des compositions orchestrales inspirées par la littérature à partir d'œuvres des compositeurs canadiens Linda Bouchard, Oskar Morawetz, Gary Kulesha, Violet Archer et Robert Turner. En savoir plus

Biographie

Montréal, 24 avril 1913;
Ottawa, 21 février 2000

Peu de compositeurs canadiens ont eu une carrière aussi richement variée et accomplie, ont glané autant de prix et d'honneurs et ont été aussi prolifiques que Violet Archer. La plupart des compositeurs canadiens gravitent autour de Toronto ou de Montréal. À ce titre, Violet Archer fait exception. En effet, bien qu'elle soit née à Montréal et décédée à Ottawa, elle a passé la majeure partie de sa longue carrière à Edmonton. En fait, c'est elle qui, pratiquement seule, a mis cette ville – et la province où elle se situe – sur la carte musicale du Canada.

Les années de formation

Bien que le nom « Archer » suggère une origine anglaise, la famille de cette compositrice était bel et bien d'ascendance italienne. Lorsque ses parents se sont installés à Montréal, ils ont ajouté derrière leur patronyme Balestrerisa traduction en anglais. C'est ainsi que Violet s'appelait « Violet Balestreri Archer ». Le prénom de la compositrice est aussi la version anglaise de Violetta, le nom d'une héroïne extrêmement populaire de l'opéra italien (La Traviata de Verdi). Son talent est précoce et, dès l'adolescence, elle compose et elle travaille comme accompagnatrice au piano, elle joue de l'orgue dans plusieurs églises de Montréal et elle donne des leçons de musique. Diplômée de l'Université McGill en piano et en composition, Violet Archer utilise l'argent qu'elle a durement gagné pour prendre des leçons particulières avec Béla Bartók à New York, puis avec Paul Hindemith à l'Université Yale (grâce à des bourses du gouvernement du Québec), obtenant une maîtrise en composition en 1949. Plus tard, elle a aussi étudié la musique électronique à Toronto et en Angleterre.

L’influence de Bartók et de Hindemith

Parmi tous les professeurs que Violet Archer a eus au cours de sa vie, il faut accorder une attention spéciale à Bartók et Hindemith, qu'elle considérait comme « les plus grands génies musicaux du [XXe] siècle ». Bartók lui a ouvert les portes du monde de la musique populaire. Le maître utilisait bien entendu des exemples musicaux de sa Hongrie natale, laissant à son élève le soin d'assimiler les leçons et d'en appliquer les principes pour s'inspirer de la musique folklorique du Canada dans ses propres compositions. Auprès de Hindemith, elle a appris la discipline – comment préparer à l'avance la structure d’une composition plutôt que de laisser les choses s'enchaîner d'elles-mêmes. Hindemith lui a aussi inculqué la nécessité d'apprendre comment fonctionne chaque instrument et l'importance pour le compositeur de connaître les interprètes à qui son travail est destiné.

Activités d'enseignement

Même si Violet Archer n'avait pas composé une seule note de musique, on se souviendrait d'elle malgré tout pour son remarquable travail de pédagogue. Elle a enseigné à plusieurs générations d'étudiants en composition dans trois universités américaines (North Texas State, Cornell et, pendant huit ans, à l'Université de l'Oklahoma) et dans deux universités canadiennes, notamment l'Université de l'Alberta. Lorsque ce dernier établissement universitaire lui a offert un poste de professeur en 1962, le Département de musique offrait un programme de trois ans dont l'enseignement était dispensé par quatre professeurs. Au moment de son départ en retraite, en 1978, le département disposait d'un effectif d'une trentaine d'enseignants et s'était imposé comme un des plus dynamiques au Canada. Mme Archer a toujours eu la réputation d'être un professeur exigeant, qualité qu'elle avait héritée de Hindemith. Cependant, cette rigueur lui était dictée par son amour profond et inné de la musique, un sujet qu'elle prenait très à cœur. Allan Gorden Bell fut un de ses nombreux élèves à l'Université de l'Alberta. Il enseigne aujourd'hui dans l'autre grande école de musique de la province, à l'Université de Calgary, et figure également parmi les compositeurs les plus en vue du Canada.

Sa musique

Personne ne sait exactement combien d’œuvres a écrit Violet Archer. Elle-même ne le savait pas, mais il y en a beaucoup – environ 300 compositions où prédominent surtout la musique de chambre, la musique chorale et les mélodies. Elle a écrit aussi beaucoup de musique pour les élèves et les enfants. Ses compositions ont été jouées dans plus d'une trentaine de pays, sur cinq continents, y compris dans des pays aussi lointains que le Chili, la Thaïlande et la Nouvelle-Zélande. Son Concerto pour piano no 1 est généralement considéré comme le meilleur concerto pour cet instrument écrit de la main d'un compositeur canadien. Un bon nombre de ses œuvres sont inspirées par la poésie; elle a composé des mélodies et des cycles de mélodies sur des poèmes de Walt Whitman, T.S. Eliot, William Butler Yeats, Shakespeare, Walter de la Mare, e.e. cummings, Vachel Lindsay et Dorothy Livesay, ainsi qu'à partir de nombreux psaumes et de chansons folkloriques canadiennes.

Le Norton-Grove Dictionary of Women Composers décrit la musique de Violet Archer comme « dissonante sur le plan contrapuntique, mais en même temps d'une ingénuité rafraîchissante. Le style modal de ses débuts fait place à un style plus chromatique et, pendant un certain temps, dans les années 1950, l’influence d’Hindemith et de la Gebrauchsmusik [musique fonctionnelle] est vraiment évidente. […] Ses compositions sont généralement caractérisées par des textures sobres, presque minces, une habile manipulation de la forme et un traitement contrapuntique. Elle a exploré de nouvelles sonorités en utilisant le parallélisme et les airs folkloriques, tout en rejetant le sérialisme et la musique aléatoire. »

Prix, honneurs et distinctions

Au cours de sa longue carrière, Violet Archer s'est vu décerner pas moins de six diplômes honorifiques par des universités nord-américaines y compris son alma mater, l'Université McGill, en 1971, et par l'établissement qu'elle a le plus marqué de son empreinte, l'Université de l'Alberta, en 1993. Mme Archer a été nommée Officier de l'Ordre du Canada en 1983 et, l'année suivante, le Conseil canadien de la musique lui a décerné le titre de compositeur de l'année. En outre, elle a reçu le Great Canadian Award, ainsi que le prix Sir Frederick Haultain, le prix le plus prestigieux décerné par la province de l'Alberta à un de ses citoyens.

Un hommage spécial

En 1985, alors qu'elle avait 72 ans, Violet Archer a reçu un hommage spécial de la part des milieux musicaux de la ville dont elle avait tant contribué à enrichir la vie musicale au fil des années. Du 18 au 20 octobre de cette année-là s'était déroulé à Edmonton le Festival Violet Archer, le premier événement de ce type consacré à la musique d'un seul compositeur canadien vivant et le premier en Amérique du Nord à honorer une compositrice. Par ailleurs, Violet Archer figure au Cultural Hall of Fame d'Edmonton, ville où un petit parc porte également son nom.

Programme de concert

Violet Archer : Né à Montréal, le 24 avril 1913; décédé à Ottawa, le 21 février 2000

À part William Shakespeare, aucune autre figure littéraire n'a inspiré autant d’œuvres musicales de la part d'aussi nombreux compositeurs. À lui seul, le Songe d'une nuit d'été contient au moins vingt passages différents qui ont été mis en musique. Benjamin Britten, Carl Orff, Franz von Suppé et une douzaine d'autres compositeurs ont repris l’argument du Songe pour créer des opéras, sans parler de l'incomparable musique de scène que la pièce a inspirée à Mendelssohn. Le merveilleux monde féerique imaginé par Shakespeare a fait vibrer la corde poétique de nombreux compositeurs, dont Violet Archer. Dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire du « Barde de Stratford », en 1964, l'Orchestre symphonique d'Edmonton commanda à Archer la composition de Prélude-Incantation, dont l'inspiration repose sur trois des chansons du Songe d'une nuit d'été. L'orchestre donna la première mondiale de cette œuvre sous la baguette de Pierre Hétu, son directeur musical de l'époque, le 28 novembre de « l'année Shakespeare».

Cette œuvre d'une douzaine de minutes comprend deux parties distinctes reliées par un passage de transition. Si les deux parties exploitent le même matériau mélodique et harmonique, elles sont de nature totalement différente. Le Prélude est rapide, puissant, énergique, agité et fait appel la plupart du temps à l'orchestre au complet. Les passages de transition mettent en vedette d'abord la clarinette, puis la clarinette basse, et ensuite la flûte, avant de laisser place à l'Incantation, une musique lente, calme et solennelle qui prend l'allure d'une procession rituelle.

Les poèmes des fées qui ont inspiré Prélude-Incantation sont « Over hill, over dale » (II/1), « Now the hungry lion roars » (V/1) et « You spotted snakes with double tongues » (II/2), qui est une berceuse. La partition de Violet Archer est purement instrumentale, mais les auditeurs curieux pourront écouter la musique de scène composée par Mendelssohn où ces poèmes sont mis en musique.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1964

Histoire, politique et affaires sociales

  • La Commission royale sur les services de santé recommande une assurance-maladie nationale.
  • Le gouvernement fédéral émet des numéros d'assurance sociale pour rationaliser les procédures administratives.
  • Une loi pour créer un nouveau drapeau canadien est passée à la Chambre des communes.
  • Leonard Braithwaite, premier noir canadien à être élu à la législature canadienne, attaque lors de son premier discours la loi permettant les écoles où la ségrégation est en vigueur.
  • Un raz-de-marée à Port Alberni, en Colombie-Britannique, cause des millions de dollars de dommage.
  • Le Canada envoie 1 150 soldats canadiens à Chypre comme unité de maintien de la paix de l’UN.
  • La Commission des ressources aquatiques de l’Ontario confirme la contamination par radioactivité de l’eau aux abords des mines d’uranium d’Elliot Lake, même si le premier ministre ontarien John Robarts insiste qu'il n'y a aucun danger.

Nature, science et technologie

  • Le département canadien des mines et des études techniques et celui de l’armée complètent la carte la plus détaillée du Canada jamais complétée. Le processus prendra19 ans et l’échelle est de 4 milles au pouce.
  • La compagnie de soutien-gorge Canadelle de Montréal lance la Wonderbra, conçue par Louis Poirier. Il deviendra le soutien-gorge le plus vendu au monde.
  • Tim Horton des Toronto Maple Leafs et Ron Joyce (un ancien policier) fondent la maintenant omniprésente chaîne de café et beignes, en ouvrant un premier restaurant à Hamilton.

Arts, lettres et divertissement

  • Les architectes Parkin, Bregman et Hamann collaborent avec le consultant Ludwig Mies van der Rohe pour réaliser l’International Style Toronto Dominion Centre de Toronto.
  • Les architectes Affleck, Desbarats, et associés lancent le phénomène canadien répandu des villes intérieures avec la Place Bonaventure, Montréal.
  • Les deux premiers prix annuels Molson, fondés grâce à une dotation au Conseil du Canada de la Fondation de la famille Molson, sont attribués à l’historien Donald Creighton et au poète Alain Grandbois.
  • Glenn Gould se retire de la scène et se consacre exclusivement au studio d’enregistrement.
  • William Kurelek peint In the Autumn of Life (À l’automne de la vie).
  • Margaret Laurence publie son premier roman acclamé The Stone Angel (L’ange de pierre).
  • Leonard Cohen publie son recueil de poésie Flowers for Hitler.
  • Gilles Vigneault écrit la chanson Mon pays pour le film Il a neigé sur la Manicouagan.
  • Marshall McLuhan publie son important livre Understanding Media (Comprendre les médias).
  • Richard Burton et Elizabeth Taylor se marient à Montréal. C’est leur premier de trois mariages ensemble.
  • 3,000 fans accueillent les Beatles à l'aéroport international de Toronto.

Connexion Musicale

C’est afin de célébrer le 400e anniversaire de la naissance de Shakespeare, en 1964, que Violet Archer écrivit cette pièce de 12 minutes pour l'Orchestre symphonique d’Edmonton. Le merveilleux monde féerique du Songe d’une nuit d'été a inspiré Archer et de nombreux autres compositeurs. Cette composition est en deux parties – un prélude rapide suivi d'une lente incantation. Les deux sections partagent certaines idées mélodiques et harmoniques qui sont reliées entre elles sur le plan thématique. Violet Archer précise à l'intention des auditeurs quels sont les trois poèmes de Shakespeare qui lui ont servi d'inspiration. Ils sont reproduits ici.

Le module Du texte à la musique se penche sur des compositions orchestrales inspirées par la littérature. Nous avons retenu cinq compositeurs canadiens – Linda Bouchard, Oskar Morawetz, Gary Kulesha, Violet Archer et Robert Turner. Les sources d’inspiration de ces œuvres musicales sont très variées – romans d’amour du Moyen Âge (Exquisite Fires de Bouchard), contes de fées (Overture to a Fairy Tale de Morawetz), The Waves de Virginia Woolf (The Boughs of Music de Gary Kulesha), Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (Prélude-Incantation de Violet Archer) et poème du Canadien Earle Birney (Group of Seven de Robert Turner).

Dans certains cas, le texte littéraire sert d'inspiration générale au climat musical, dans d'autres cas il fait office de support plus précis pour la musique et dans un cas seulement, c'est le texte lui-même qui est mis en musique. Les activités d'écoute guidée et d'apprentissage invitent les élèves à s'intéresser à l'histoire qui a inspiré la musique et à voir comment la musique peut refléter, renforcer ou souligner le texte.

En savoir plus