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Mercure, Pierre
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Brott, Alexander
Jouer

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Suite hébraïque (1961)

Portrait du compositeur Glick, Srul Irving

Glick, Srul Irving

08 sept. 1934 - 17 avr. 2002

Vue d'ensemble

Glick s’est inspiré de la musique et de la culture juives dont il était très imprégné pour écrire plusieurs de ses compositions, y compris celle-ci. En savoir plus

Connexion Musicale

Influences culturelles et connexions mondiales

Le module Influences culturelles et connexions mondiales explore la façon dont les compositeurs canadiens Glenn Buhr, José Evangelista, Steven Gellman, Srul Irving Glick et Kelly-Marie Murphy de la fin du 20e siècle se sont inspirés de la musique issue de différentes cultures. En savoir plus

Biographie

Toronto, 8 septembre 1934;
Toronto, 17 avril 2002

La musique de Srul Irving Glick témoigne de son profond attachement à la foi hébraïque. Son père était chantre à Toronto, et bon nombre de ses compositions sont écrites pour chantre avec chœur ou avec divers instruments. Il a créé un style éminemment personnel, fusionnant de façon magistrale la musique contemporaine, les techniques classiques et le lyrisme juif.

Les débuts

Glick obtient son baccalauréat en musique de l’Université de Toronto en 1955, et sa maîtrise du même établissement en 1958. Il étudie aussi la composition auprès de Darius Milhaud à Aspen, au Colorado, et sous la férule de Louis Saguer et Max Deutsch à Paris.

Une filiation religieuse

Une grande partie de l’imposant catalogue de Glick est basée sur des textes liturgiques ou poétiques. « Ma famille a toujours entretenu des liens étroits avec la musique », expliquait-il. « Mon père était chantre [à la synagogue]. Quand j’étais enfant, je chantais dans ses chœurs, et nous chantions couramment en famille pendant le Shabbat ou à l’occasion d’autres fêtes religieuses. Le goût de la musique juive a été la source d’inspiration non seulement de [la Suite hébraïque no 1] mais aussi de beaucoup d’œuvres du genre qui ont suivi. » Glick a écrit près de 200 pièces liturgiques. Il était particulièrement estimé pour sa musique chorale.

Activités complémentaires

Glick a rempli les fonctions de compositeur en résidence à la synagogue Beth Tikvah de Toronto, dont il a dirigé le chœur dès 1969, ainsi que celles de directeur du programme musical de la synagogue Beth Tikvah et directeur de l’organisme Jewish Music Toronto. Il a aussi œuvré comme réalisateur à la radio anglaise de Radio-Canada/CBC (1962-1986) et professeur au Conservatoire royal de musique et à l’Université York, tous deux situés à Toronto. La Glick Society a été mise sur pied « pour promouvoir la musique et le souvenir du compositeur. Nous nous sommes engagés à faire la promotion de ses œuvres au moyen d’exécutions publiques et d’enregistrements, et à veiller à ce qu’elles soient toujours publiées et accessibles. » 

Œuvres de commande

Glick a reçu sa première commande en 1964 et a écrit presque exclusivement sur commande par la suite. La liste des artistes et ensembles qui lui ont commandé des pièces se lit comme un gotha de la musique canadienne : Alexander Brott et l’Orchestre de chambre de McGill, Boris Brott et l’Orchestre philharmonique de Hamilton, les Chamber Players of Toronto, l’ensemble Canadian Brass, les Elmer Iseler Singers, l’Orchestre symphonique de Kingston, le Chœur Mendelssohn de Toronto, le Quatuor à cordes d’Orford, le Quatuor à cordes Saint-Laurent, l’Orchestre symphonique de Toronto, le Chœur de chambre de Vancouver, l’Orchestre symphonique de Victoria, le pianiste Anton Kuerti, les violonistes Jacques Israelievitch et Steven Staryk, l’altiste Rivka Golani, la violoncelliste Ofra Harnoy, la harpiste Judy Loman, le ténor Jon Vickers et bien d’autres. Prix,

Honneurs et récompenses

En 1993, Glick a reçu la médaille du Gouverneur général à l’occasion du 125e anniversaire de la Confédération « pour son apport à la culture canadienne ». L’année suivante, il était nommé membre de l’Ordre du Canada pour ses « réalisations exceptionnelles (…) au service du Canada et de l’humanité en général ». Il a obtenu, de plus, le prix Kavod de la Cantors’ Assembly of America « pour son dévouement de toujours à la musique de la synagogue, de ses chantres et de leur chant », le prix Yuvel, le prix J. I. Segal, le prix Solomon Schechter International et le prix Ateret Kavod (couronne d’honneur) de l’organisme United Synagogues of America. Il a aussi été membre honoraire (Honorary Fellow) du Collège royal canadien des organistes. Pour ses activités dans les champs de la réalisation, de l’enregistrement et de la programmation à la radio anglaise de Radio-Canada, il a remporté le Grand Prix du Disque à sept reprises de même qu’un prix Juno.

Programme de concert

Srul Irving Glick : Né à Toronto, le 8 septembre, 1934; décédé à Toronto, 17 avril 2002

La musique d'Irving Glick révèle ses liens étroits avec la religion juive. Son père était chantre à Toronto et Glick a écrit plusieurs compositions destinées à un chantre accompagné d'un chœur et/ou d'un ensemble instrumental. Il a été compositeur en résidence à la synagogue Beth Tikvah à Toronto, dont il a dirigé le chœur dès 1969; directeur du programme Musica Beth Tikvah; et directeur de Jewish Music Toronto.

Glick a composé sa Suite hébraïque no 1 en 1961, lors de son séjour à Paris. « Absent de Toronto depuis deux ans, je commençais à m'ennuyer de mon pays et de ma famille, écrivait-il. C'est alors que j'ai décidé d'écrire une œuvre pour mes parents. La musique avait toujours été présente dans ma famille. Mon père était chantre et, lorsque j'étais enfant, je chantais dans ses chœurs et il n'était pas rare que l'on chante en famille pendant le sabbat et à l'occasion de certaines fêtes religieuses. L'amour de la musique juive est la source d'inspiration de cette œuvre et de beaucoup d'autres compositions ultérieures. » (Glick écrira cinq autres œuvres portant le titre de Suite hébraïque.)

Chacun des six mouvements brefs de cette œuvre d'une dizaine de minutes recrée une différente atmosphère ou décrit un aspect de la vie juive. Le compositeur écrit :

« Le premier numéro de la suite est un chant sacré. Ce mouvement recréé en quelque sorte l'atmosphère des chants de mon père, bien que le style en soit différent. Le deuxième mouvement est une danse chassidique. Il illustre la joie qu'exprime la danse vécue comme une prière. Le troisième mouvement, intitulé Hora, est une danse israélienne. Je ne pense pas toutefois que quelqu'un puisse un jour danser la hora sur cette musique, mais j'ai cherché à retrouver l'esprit de cette danse. Le quatrième numéro est une berceuse et c'est le seul mouvement pour lequel j'ai utilisé un thème qui n'est pas une composition originale. En effet, le thème qui m’a servi pour cette berceuse était un air que mes parents me chantaient lorsque j'étais bébé. Le cinquième mouvement, appelé Dialogue, évoque une scène pastorale dans laquelle un motif domine la discussion, tandis qu'un autre motif, jusque-là dominé, explose tout à coup avec fureur. Le dernier mouvement, Danse en cercle, est une ronde tourbillonnante apparentée à la hora. Pour exécuter les danses de ce type, les danseurs forment généralement un cercle, les bras sur les épaules, et les figures de danse varient pour chaque type de musique. »

La Suite fut créée sous la forme d'un arrangement que le compositeur avait réalisé pour clarinette et piano, en 1963, après son retour au Canada. Elle existe également dans diverses versions pour quatuor avec clarinette, quatuor à cordes, orchestre à cordes et orchestre complet.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1961

Histoire, politique et affaires sociales

  • La population du Canada dépasse la marque des 18 millions.
  • La Banque canadienne de commerce et la Banque impériale du Canada se fusionnent et deviennent la Banque de commerce canadienne impériale (CIBC).
  • Le premier ministre John Diefenbaker est le premier dirigeant étranger à rendre visite au nouvellement élu président américain Kennedy à Washington, D.C.
  • John F. Kennedy entreprend son premier voyage à l’étranger en tant que président et se rend à Ottawa pour discuter avec le premier ministre Diefenbaker des questions de l’Asie et de Cuba.
  • Le premier ministre israélien Ben-Gurion visite Ottawa.
  • Le Service universitaire canadien outre-mer est fondé par des représentants de 21 universités et 22 organisations canadiennes.
  • Le Conseil national indien est établi pour permettre aux autochtones du Canada de présenter un front politique commun sur plusieurs points.
  • La Saskatchewan est la première province à adopter la controversée loi sur l’assurance-maladie.
  • Les États-Unis intensifient leur participation à la Guerre du Vietnam en triplant les effectifs de troupes américaines afin d’empêcher une prise de pouvoir communiste dans le sud du Vietnam.

Nature, science et technologie

  • La thalidomide devient légalement accessible aux femmes canadiennes pour les aider à lutter contre les nausées de grossesse et l’insomnie. Moins d’un an après, le medicament est retiré des tablettes quand on se rend compte qu’il cause d’horribles malformations congénitales.
  • L’Empress of Canada, le nouveau vaisseau amiral du Canadien Pacifique fait son premier voyage de Liverpool à Montréal. Il sera le dernier des grands bateaux du CP et continuera de faire le voyage jusqu’en 1971, quand il sera vendu à Carnival Cruises.

Arts, lettres et divertissement

  • Le réseau de télévision canadien commence ses opérations avec des stations dans les villes importantes canadiennes.
  • L’auteure et militante urbaine Jane Jacobs publie son acclamé livre The Death and Life of Great American Cities (La mort et la vie des grandes villes américaines).
  • Le Temple de la renommée du hockey et des sports ouvre ses portes au public à Toronto.
  • Sam Sniderman (« Sam the Record Man ») ouvre son magasin emblème sur Yonge Street à Toronto. La chaîne devait comprendre plus de 130 magasins dans les années 1980 mais fera faillite au tournant du siècle, les habitudes des consommateurs ayant changé drastiquement.
  • Le natif d’Ottawa Paul Anka écrit le thème musical du premier Tonight Show animé par Johnny Carson.
  • Farley Mowat publie le populaire roman pour enfants Owls in the Family (Des chouettes dans la famille).
  • Hugh McLennan publie Seven Rivers of Canada (Sept fleuves du Canada).
  • Luciano Pavarotti fait ses débuts opératiques dans le rôle de Rodolfo dans l’opéra La bohème en Italie.

Connexion Musicale

Srul Irving Glick (1934-2002) est né à Toronto et a été très jeune initié à la musique. Son frère était un clarinettiste accompli et son père était cantor, chargé de chanter dans les offices religieux, à la synagogue comme à la maison. Glick a fait ses études à l’Université de Toronto et à Paris, en France. Par la suite, il a enseigné la musique au Conservatoire royal de musique ainsi qu’à l’Université York, a été réalisateur à la CBC et directeur de chœur ainsi que compositeur en résidence à la synagogue Beth Tikvah, où il a composé la majeure partie de ses œuvres liturgiques. M. Glick est un des compositeurs canadiens les plus prolifiques et, en 1992, pour souligner le 125e anniversaire de la Confédération, il a reçu la médaille du Gouverneur général « pour sa contribution à la culture canadienne ». La Suite hébraïque no 1, dédiée à ses parents, a été composée en 1961 et témoigne de l’importance qu’attache Glick au judaïsme. Chacun des six mouvements de cette œuvre représente une différente ambiance ou encore une description d’un aspect du mode de vie juif.

Les compositeurs scrutent leur milieu à travers différentes lunettes et composent ainsi leur musique en réponse au monde qui les entoure. Il arrive que cette lunette soit celle de la musique émanant d’une culture particulière, que cette dernière soit la leur ou non. Les œuvres étudiées dans le module Influences culturelles et connexions mondiales proposent toutes des références culturelles. De telles références musicales nous invitent, en tant qu’auditeurs, à percevoir le monde d’un point de vue autre que le nôtre, confirmant du coup l’universalité de l’expérience humaine.

Influences culturelles et connexions mondiales propose une série d’activités d’écoute et d’apprentissage conçue de manière à amener les élèves à identifier, d’une part, les références culturelles que l’on peut entendre dans les œuvres des compositeurs canadiens Glenn Buhr, José Evangelista, Steven Gellman, Srul Irving Glick et Kelly-Marie Murphy, et à tenter, d’autre part, de comprendre les raisons pour lesquelles ces compositeurs ont introduit ces références culturelles dans leurs œuvres. Les élèves sont également appelés à examiner les facteurs qui poussent les compositeurs à s’abreuver à la fontaine musicale de différentes cultures – qu’il s’agisse de la leur, ou que celle-ci leur soit tout à fait étrangère. Enfin, les élèves ont l’occasion de composer une courte œuvre musicale qui s’inspire des influences musicales qu’ils viennent d’étudier.

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