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Morawetz, Oskar
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Music For Dancing (1948)

Portrait du compositeur Beckwith, John

Beckwith, John

09 mars 1927 -

Vue d'ensemble

Cette partition éminemment plaisante et facile d'accès, de la plume d'un compositeur figurant parmi les plus prisés et les plus âgés du Canada, propose des rythmes excentriques, de l'humour et des impulsions indéniablement dansantes. En savoir plus

Connexion Musicale

Les structures musicales

Le module Les structures musicales examine comment les compositeurs canadiens Clermont Pépin, Murray Adaskin, John Estacio, John Beckwith, Godfrey Ridout and Jacques Hétu ont su utiliser avec créativité les structures et formes musicales traditionnelles. L’étude s’appuie sur des exemples de concertos, de suite, d’ouverture, de forme ternaire et de divertimento. En savoir plus

Biographie

Né à Victoria, Colombie-Britannique, le 9 mars 1927;
vit actuellement à Toronto.

Les ancêtres de John Beckwith se sont installés en Nouvelle-Écosse au XVIIIe siècle, mais il est né lui-même à Victoria, à l'autre bout du pays. Au cours de ses huit décennies d'existence, Beckwith a défendu la cause de la musique au Canada, en tant que compositeur, éducateur, administrateur, auteur, pianiste, critique, communicateur et commentateur à la radio. Sa musique, plus que celle de beaucoup de ses collègues, se distingue par un élément canadien.

Études… et enseignement

À 18 ans, Beckwith quitte l’Ouest du pays, pour venir d'étudier le piano à Toronto avec Alberto Guerrero, le professeur qui va exercer sur lui l’influence la plus marquante. À l'Université de Toronto, il prend également des cours de composition avec John Weinzweig. En 1950, grâce à une bourse de l'Association canadienne de hockey amateur, il part étudier la composition à Paris avec Nadia Boulanger. À son retour, il commence à enseigner à la Faculté de musique de l'Université de Toronto en 1952, à titre de chargé de cours à temps partiel. En 1955, il est nommé enseignant à plein temps et continuera à enseigner au sein de cet établissement pendant 35 ans, jusqu'à son départ en retraite en 1990. Il est doyen de la Faculté de musique de 1970 à 1977. Robert Aitken et Bruce Mather ont suivi ses cours. Après son départ officiel en retraite, il poursuit certaines activités publiques et donne notamment une tournée de conférences en Australie en 1992. Il est compositeur invité au New Music Festival de Hong Kong en 1996 et professeur invité à l'Université de l'Alberta en 1997.

La musique de Beckwith

Depuis qu'il a commencé à composer, Beckwith a toujours eu le souci d'exprimer la spécificité canadienne dans sa musique. Cette volonté se manifeste déjà dans la Great Lakes Suite, composition qui évoque un music hall des années 1920, une salle de bal victorienne, une excursion en canot et un patter song. La région du sud de l'Ontario est un décor qui apparaît également dans les opéras de Beckwith, notamment dans Crazy to Kill (1989), œuvre qui est peut être le premier opéra « policier » du monde. Avec Crazy to Kill, Beckwith collaborait pour la troisième fois avec le poète et dramaturge James Reaney qui était son grand ami depuis leurs années d'études. Beckwith a fait appel dans ses compositions à des textes d'autres grands auteurs canadiens, notamment Margaret Atwood (The Trumpets of Summer, The Journals of Susanna Moodie), Jay Macpherson (Jonah) et Margaret Laurence (Stacey).

La filière Shakespeare

Shakespeare joue également un rôle dans une des compositions les plus importantes de Beckwith, The Trumpets of Summer, œuvre commandée par la CBC à l'occasion du quatrième centenaire du barde, en 1964. Cependant, plutôt que d'utiliser les propres textes de Shakespeare, comme l'ont fait d'innombrables autres compositeurs, Beckwith demanda à Margaret Atwood, qui préparait alors son doctorat, d'écrire pour lui un texte qui illustrerait la façon dont Shakespeare en est venu à faire partie de l'expérience canadienne : Shakespeare à l'école, une troupe de théâtre minable présentant Jules César, un débat sur le droit d'auteur, le Festival de Stratford, etc. ainsi que divers thèmes tels que les saisons de la nature et les saisons de la vie.

Beckwith, l’auteur

Pendant la plus grande partie de sa vie, Beckwith s'est donné pour objectif personnel de défendre la cause de la musique canadienne. Il a été une des chevilles ouvrières d'une encyclopédie consacrée à la musique canadienne, dont la première édition est parue en 1981. En outre, il est l'auteur de nombreux articles de cet ouvrage. De 1948 à 1965, il exerce, à titre occasionnel ou régulier, les fonctions de critique musical au Globe and Mail et au Toronto Daily Star. De 1966 à 1971, il rédige les notes de programme de l'Orchestre symphonique de Toronto. De 1953 à 1963, il est rédacteur pour la CBC, soit comme pigiste, soit comme membre du personnel, et il a préparé des documentaires radiophoniques sur des compositeurs tels que Hindemith, Boulez, Bartók et Berlioz. L'éditeur Golden Dog Press a publié en 1997 un recueil de 25 de ses articles sous le titre Music Papers.

Le festival Music at Sharon

« Music at Sharon », un festival qui se tenait chaque année au mois de juin dans une petite ville au nord de Toronto, figurait aussi parmi les centres d'intérêt personnels de Beckwith. À compter de 1981, il a participé à ce festival à titre de conseiller à la programmation, d'arrangeur et d'interprète. Par ailleurs, il a fourni au festival environ 200 partitions, y compris la partition restaurée d'un des premiers opéras canadiens, Lucas et Cécile, de Joseph Quesnel. En 1996, il a composé les Sharon Fragments pour chœur a cappella. Cette œuvre, une des compositions les plus fréquemment jouées de Beckwith, s'inspire d'un épisode historique (une secte religieuse du XIXe siècle appelée les Enfants de la paix, qui était connue pour son amour de la musique). Dans la même veine, Beckwith a transcrit, arrangé ou reconstruit de nombreuses autres œuvres de l'histoire canadienne. Selon l'Encyclopédie de la musique au Canada, c'est « un travail fait avec passion, appuyé par une solide érudition, un goût sûr et une intuition de l'essence du matériel concerné, le tout animé par le respect et un sens de ses responsabilités envers la musique et ses créateurs. »

Prix et distinctions

Beckwith a reçu pas moins de cinq doctorats honorifiques de prestigieuses universités canadiennes : McGill, Mount Allison, Queen’s, l’Université de Victoria et l'Université de Guelph. En 1972, il obtient la médaille du Conseil canadien de la musique et, en 1987, il est nommé membre de l'Ordre du Canada.

Programme de concert

John Beckwith : Né à Victoria (Colombie-Britannique), le 9 mars 1927; vit actuellement à Toronto

C'est en 1948 que Beckwith composa Music for Dancing – sa première commande professionnelle – pour le Forest Hill Community Centre de Toronto qui proposait une petite série de concerts. La version originale était une partition pour piano à quatre mains qui devait servir de canevas à une chorégraphie. Cependant, cette dernière ne vit jamais le jour, si bien que l'œuvre fut créée dans sa forme de concert. Peu de temps après, Beckwith transposa l'œuvre pour grand orchestre et, sous cette forme, la partition fut interprétée à plusieurs reprises, notamment par l'Orchestre symphonique de Toronto. Pourtant, le compositeur, insatisfait de cette version, la retira et décida de réorchestrer Music for Dancing pour un plus petit ensemble, en réponse à une commande du Ballet national du Canada, en 1959. Cette version a été présentée avec une chorégraphie, mais on entend beaucoup plus souvent cette musique comme pièce de concert.

« La musique est légère et pleine d'humour, écrit le compositeur, même si elle propose aussi des moments calmes de réflexion. Cette musique me paraît aujourd'hui un peu lointaine (après tout, je n'avais que 21 ans lorsque je l'ai composée!), mais je suis ravi qu'elle continue à intéresser des musiciens et des auditeurs. L'intérêt réside peut-être dans le fait qu’elle illustre les premières affinités stylistiques d'un musicien de ma génération; à l'époque, j'étais sous l'influence de la musique de Ravel, de Poulenc et de Walton (en particulier celle de Façade) – mais j'espère que je ne me suis pas contenté de les copier. Quand on écoute la « Valse », on peut également penser que je connaissais Satie. Pourtant, en 1948, je n'avais encore jamais entendu sa musique. »

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1948

Histoire, politique et affaires sociales

  • L’Assemblée des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En accord avec celle-ci, le droit des femmes à l’emploi et au salaire égal devient politique officielle canadienne.
  • Louis St-Laurent est élu premier ministre.
  • Le Canada envoie des observateurs militaires au Cachemire après la première guerre entre l’Inde et le Pakistan.
  • Une inondation au Manitoba laisse 2,500 personnes sans résidence. Des inondations en Colombie-Britannique en déplacent 9,000.
  • Les Juifs canadiens commencent à émigrer dans le nouvellement formé état d’Israël. En 1998, leur nombre atteintra 8,000.
  • Le pacifiste et chef indien Mahatma Gandhi est assassiné par Nathuram Godse.

Nature, science et technologie

  • Le Canada devient le premier pays à offrir un service par avion pour toutes les livraisons de lettres en première classe.
  • La compagnie de chemin de fer Bangor & Aroostook inaugure le premier train de passagers propulsé au diesel.
  • L’armée de l’air israélienne est formée, en même temps que le nouvel état d’Israël.
  • Columbia Records présente le premier disque 331/3 tours LP (« long playing »), qui permet d’enregistrer environ 25 minutes de musique par côté, plutôt que les 4 minutes du disque 78 tours, standard précédent de l’industrie.

Arts, lettres et divertissement

  • Borduas publie le manifeste Refus global, éclipsant celui du groupe d’Alfred Pellan Prisme d’yeux. Borduas est renvoyé de son poste de professeur à l’École du meuble de Montréal.
  • Roger Lemelin publie son roman Les Plouffe, qui devient matière de l’émission de radio (et plus tard télé) populaire La Famille Plouffe.

Connexion Musicale

D’abord écrite pour piano, Music for Dancing fut la première œuvre commandée à Beckwith; John Beckwith avait alors vingt-et-un ans. Après avoir mis de côté une première version, Beckwith a écrit la présente version pour The National Ballet of Canada. L’œuvre est une suite de mouvements légers et humoristiques pour la danse. Chaque mouvement porte un titre évocateur : Prelude, First Pantomime, Valse, Second Pantomime, Polka, Dance for Two et Round Dance. Ces courts mouvements forment un tout cohérent grâce à leurs rythmes toujours dansants.

Le module Les Structures musicales montre comment les compositeurs canadiens ont su utiliser avec créativité les structures et formes musicales traditionnelles. Les œuvres dont il est question dans ce module sont la Symphonie no 2 de Clermont Pépin, un divertimento de Murray Adaskin, Diversion for Orchestra, une ouverture de John Estacio, Frenergy, une suite de John Beckwith, Music for Dancing et deux concertos, Ballade pour alto et cordes, de Godfrey Ridout et Concerto pour flûte de Jacques Hétu, œuvre dont le mouvement central est de forme ternaire.

La plupart de ces structures sont des formes de composition issues des époques baroque et classique, mais les compositeurs du vingtième siècle qui les ont utilisées l’ont fait en y intégrant des techniques plus actuelles comme le sérialisme, l’atonalité ou encore des rythmes complexes ou qui se chevauchent. Le module Les Structures musicales décrit les origines de ces formes et examine comment les compositeurs canadiens les ont utilisées de façon innovatrice et avec créativité. Cette fusion de l’innovation et de la tradition constitue un exemple éloquent de la capacité des compositeurs à puiser aujourd’hui dans les enseignements du passé.

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