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09:30

Esquisse (1947)

  • Compositeur: Morel, François
  • Chef d'orchestre: Bernardi, Mario
  • Date de concert: 1970-12-02
  • Enregistrement avec l'aimable autorisation de CBC Radio 2
Portrait du compositeur Morel, François

Morel, François

14 mars 1926 -

Vue d'ensemble

Esquisse est la première composition publiée par François Morel, mais on est loin d'un simple travail d'étudiant. Bien que cette œuvre ne soit pas totalement dénuée d'intérêt mélodique, ce qui intéresse Morel avant tout dans Esquisse, c’est la sensibilité aux nuances des sons et des couleurs – le son individuel de chaque instrument et les interactions entre les différentes sonorités. En savoir plus

Biographie

Né à Montréal, 14 mars 1926;
vit à Sainte-Foy (Québec)

La carrière de compositeur de François Morel remonte officieusement à 1953, lorsque Leopold Stokowski a dirigé la création mondiale de son Antiphonie au Carnegie Hall. Depuis, le compositeur a écrit plus de cinquante pièces, dont un grand nombre ont été jouées dans plusieurs grandes villes sur quatre continents.

Les débuts

François Morel naît dans une famille de musiciens. Ses deux parents ont une formation musicale, et l’un de ses oncles joue du violoncelle au sein de l’Orchestre symphonique de Chicago. Contrairement à la plupart de ses collègues de l’époque, il fait toutes ses études musicales au Québec et est l’un des premiers musiciens québécois à recevoir sa formation exclusivement au Conservatoire de musique de Montréal, qui n’existe que depuis un an lorsqu’il y fait son entrée en 1944. Il y étudie pendant neuf ans, et compte parmi ses professeurs Isabelle Delorme (harmonie, contrepoint, fugue) et Claude Champagne (composition). Peu après la fin de ses études, il s’associe à Serge Garant et Gilles Tremblay pour présenter un concert de musique moderne qui soulève les passions, au Conservatoire, le 1er mai 1954. François Morel y présente, en première canadienne, quelques pièces pour piano de Messiaen. En 1956, le collectif se réorganise sous le nom de Musique de notre temps, précurseur de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) qui sera fondée en 1966 et demeure florissante de nos jours.

La filière montréalaise

La musique de François Morel a été largement diffusée par des orchestres canadiens de premier plan, en particulier l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). En 1960, Igor Markevitch dirige la création de Boréal. L’Orchestre symphonique de Toronto inscrit cette pièce au programme de sa tournée au Japon et en Chine en 1978, et de nouveau en 1997. En 1962, l’Orchestre symphonique de Montréal crée une autre composition qui deviendra l’une des plus fréquemment exécutées de François Morel, L’Étoile noire, inspirée du tableau homonyme du peintre québécois Paul-Émile Bourduas. En 1976, le même orchestre crée Jeux, une œuvre commandée au compositeur pour l’inauguration de la 78e session du Comité olympique, en prélude à l’ouverture des Jeux de Montréal. En 1980, sa pièce Melisma pour piano et orchestre est l’œuvre imposée au quatorzième Concours musical international de Montréal. En 1988, l’Orchestre symphonique de Montréal crée Aux couleurs du ciel, une œuvre inspirée de l’ouvrage Poussières d’étoiles de l’astrophysicien Hubert Reeves, et en 2006, l’OSM crée Passage à l’aube à la faveur d’un concert donné en l’honneur du quatre-vingtième anniversaire de naissance du compositeur.

Au service de Radio Canada

François Morel œuvre pour la Société Radio Canada (SRC) à titre de compositeur, de consultant, de recherchiste, d’animateur et de chef d’orchestre indépendant pendant près de vingt-cinq ans (1956-1979), une collaboration qui produit de la musique pour un grand nombre de séries et de dramatiques télévisées. On peut citer, entre autres, L’Heureux Stratagème, The Andersonville Trial, Piège pour un home seul, Quelle Famille et Grand-papa. La SRC lui commande aussi, pour ses concerts, les pièces Spirale, Quatuor à cordes no 2, Prismes-Anamorphoses, Trajectoire et Radiance.

Œuvres récentes

Au cours des années 1990, François Morel écrit essentiellement pour les instruments à vent. Pour septuor de cuivres et percussions, il compose Lumières sculptées : Litanies de la réconciliation (1992); pour quatuor de cors et tuba, Les Éphémères (1995); pour douze saxophones, Strophes, séquences, mouvements (1999); et pour bois, cuivres, piano, harpe et percussions, Calligraphies sonores (2002). Il compose aussi pour instruments seuls : Stèle pour clarinette (1991), Ekleipsis pour marimba (1993) et Miroir pour basson (2001). L’une des pièces les plus inusitées du catalogue de François Morel est sans contredit Les Récifs du rêve, un concerto pour deux pianos (pour la main gauche seulement) et orchestre.

Un artisan doublé d’un alchimiste

François Morel définit lui-même son approche de la composition comme un artisanat sonore et une alchimie des couleurs. Lyse Richer parle d’une « vitalité, essentielle à l'oeuvre musicale, [qui] pénétrera la pensée [de François Morel] (...) Il demeure un compositeur aux couleurs très riches et aux sonorités éblouissantes. Il demeure également l'homme chez qui l'émerveillement gratuit et spontané cède le pas à la satisfaction provoquée par l'oeuvre bien faite et qui ‘sonne bien’. »

Enseignement et honneurs

François Morel enseigne l’analyse musicale, la composition et l’orchestration pendant près de vingt ans (1979-1997) à l’Université Laval à Québec. Il dirige aussi l’ensemble de musique contemporaine de l’établissement. L’université le nomme professeur émérite en 2000. Le compositeur reçoit le prix Serge Garant de la Fondation Émile Nelligan en 2003, et il est fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 1994. Parmi les nombreux honneurs qu’il a reçus, mentionnons encore le prestigieux prix Denise-Pelletier, la plus haute distinction attribuée par le gouvernement du Québec dans le champ des arts d’interprétation, en 1996.

Programme de concert

François Morel: Né à Montréal, le 14 mars 1926; vit actuellement à Sainte-Foy (Québec)

Œuvre d'une durée de neuf minutes, Esquisse est le premier opus publié par Morel, et sa composition remonte à 1946-1947. Elle fut créée par l'Orchestre de CBC/Radio-Canada à Montréal, sous la direction d'Alexander Brott, le 7 octobre 1947. À cette époque, Morel était plongé dans l'étude de la musique française, en particulier les partitions de Debussy et de Ravel. Esquisse est une œuvre directement inspirée par une des compositions de Debussy intitulée Nuages, le premier des trois Nocturnes pour orchestre.

Entre les premières mesures confiées à des paires de clarinettes et de bassons se déplaçant lentement en un mouvement parallèle et les pizzicatos à peine audibles des dernières mesures, on note dans les deux compositions de remarquables similitudes et analogies. Les deux œuvres privilégient une dynamique calme dépassant rarement le piano. Les effets de doux bercement et les textures diaphanes sont très en évidence. Les instruments sont utilisés avec parcimonie, mais également dans le but de proposer des combinaisons de couleurs imaginatives. Morel a même déclaré : « Lorsque je compose, je m'intéresse surtout à la sonorité et à l'orchestration. Ces deux aspects me paraissent beaucoup plus important que les thèmes. »

Comme Debussy, Morel exploite au maximum la section des bois. Mais si Debussy se sert du cor anglais dans les solos lyriques, Morel fait plutôt appel à la flûte. Dans la partition de Morel, les deux cors et les timbales n’interviennent qu’à l'occasion et avec une grande modération. En outre, Esquisse et Nuages ont la même armature de la clé : deux dièses pour les sections d'introduction et de conclusion, six dièses pour l'épisode central, même si, dans les deux cas, l'harmonie est plutôt modale que tonale. Et pour conclure l'analogie, on peut dire qu’Esquisse et Nuages invitent l'auditeur à créer ses propres impressions visuelles pour accompagner l'expérience auditive.

Robert Markow

Cette année dans l'histoire: 1947

Histoire, politique et affaires sociales

  • Le rationnement de nourriture en temps de guerre cesse.
  • L'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) est signé par le Canada et 22 autres pays à Genève.
  • Un comité parlementaire consulte les chefs indiens (Premières Nations) sur une politique indienne pour la première fois dans l’histoire canadienne.
  • Le gouvernement canadien passe la Loi sur la faune canadienne et établit une semaine qui, chaque année, fera la promotion de la conservation de la faune et des ressources naturelles.
  • La Loi sur l'immigration chinoise est révoquée par le parlement et les lois d'immigration sont élargies pour permettre l'immigration d'orphelins juifs.

Nature, science et technologie

  • Le premier téléphone de voiture est présenté par Bell.
  • La ville de Toronto vend ses 25 derniers chevaux Clydesdale utilisés pour l'enlèvement des déchets. (On en comptait 400 en 1929.)
  • Le prototype d'avion DeHavilland DHC-2 Beaver est testé en vol à Downsview, Ontario.

Arts, lettres et divertissement

  • Un groupe d'artistes réunis autour de l'artiste québécois Paul-Émile Borduas devient célèbre sous le nom des Automatistes. Le Calgary Group promeut l’art non-objectif dans l’Ouest.
  • Des centaines d’artistes soumettent leurs œuvres pour une exposition d’artistes canadiennes à se tenir au Riverside Museum à New York. Le soutien modeste du gouvernement fédéral est en fait le premier patronage gouvernemental du type au Canada.
  • Le peintre Jean-Paul Riopelle complète sa peinture Abstraction.
  • Lawren Harris complète sa première peinture abstraite géométrique Project.
  • Le Journal d'Anne Frank est publié.