Une maquette, maints usages
par Rae Ackerman
Découvrez l’usage que font de la maquette les différents participants à une production. Rae Ackerman est directeur des Vancouver Civic Theatres (théâtres municipaux de Vancouver), et il était directeur de production du Théâtre anglais du Centre national des Arts quand les archives ont commencé à être développées. Ses écrits témoignent de l’enthousiasme qui régnait dans la production, au CNA, dans les premières années du Centre.
La maquette revêt des sens bien distincts pour différentes personnes.
Le concepteur du décor
C’est l’expression la plus précise et complète, en trois dimensions et à l’échelle, du ou des décor(s) conçu(s) pour le spectacle. Elle doit tout d’abord correspondre à la fois à la vision du concepteur scénographe et à celle du metteur en scène, en plus de satisfaire aux exigences techniques inhérentes au texte. C’est l’outil de prédilection pour communiquer au metteur en scène, aux interprètes, aux constructeurs et autres concepteurs (costumes, éclairages, etc.) l’aspect général du nouvel univers qui sera mis en place pour le spectacle en question, une fois achevé.
Certains concepteurs – Brian Jackson était remarquable à cet égard – construisent d’emblée la maquette du décor, sans esquisses ni rendus préliminaires. Brian travaillait directement à partir du balsa et du carton à dessin. Parfois, il remaniait entièrement sa maquette ou en construisait une seconde, voire une troisième, après en avoir parlé avec le metteur en scène, ou encore si une estimation des coûts révélait que son projet de décor était trop onéreux. D’autres concepteurs scénographes préfèrent travailler à partir d’esquisses et de rendus, parfois même de plans techniques et d’élévations, avant de construire la maquette.
Le metteur en scène
La maquette est la meilleure description picturale possible de la vision du concepteur du décor. C’est aussi le meilleur outil dont le metteur en scène dispose pour visualiser la mise en place du spectacle, la disposition et le déroulement de chaque scène, les entrées et les sorties. La maquette sert ensuite de cadre de référence pour les échanges subséquents avec les autres membres de l’équipe de production.
Les concepteurs des costumes et des éclairages
La conception du décor établit la palette de couleurs sur laquelle tout le reste devra se détacher. La maquette amène parfois les autres concepteurs à demander des changements de couleurs ou de textures afin d’accommoder les costumes ou les éclairages; par exemple, des tissus diaphanes et flottants ne peuvent être agencés avec des murs en stuc.
La régie et les interprètes
Comme les autres intervenants, la maquette leur permet de se figurer l’environnement dans lequel ils vont devoir évoluer, bien mieux que ne peuvent le faire de simples lignes tracées avec du ruban gommé sur le plancher de la salle de répétition, leur procurant un cadre de référence utile pour déterminer les déplacements des interprètes et des accessoires de jeu. La maquette aide souvent à établir le climat de la pièce et des différentes scènes. Dès le début des répétitions, il n’est pas rare que l’on s’arrache la maquette entre la salle de répétition et les différents ateliers.
Le directeur de production/directeur technique
Une fois que ces personnes dotées d’un solide sens pratique ont fini d’admirer l’esthétique de la conception, la maquette devient leur outil privilégié pour évaluer les coûts et déterminer la meilleure façon d’aborder les éventuels changements de décor, les effets spéciaux et la construction proprement dite.
L’atelier de construction des décors
La maquette revêt un grand intérêt pour les constructeurs du décor, bien entendu. Ils ont pour tâche de reproduire cette délicate miniature en grandeur nature. Même s’ils travaillent beaucoup à partir de dessins techniques, ils se reportent toujours à la maquette pour mieux comprendre quel devra être l’aspect du décor une fois achevé. La maquette est souvent le seul point de repère sur lequel peuvent s’appuyer les peintres du décor.
L’atelier des accessoires
Les artisans de l’atelier des accessoires puisent aussi beaucoup de renseignements et d’inspiration dans la maquette elle-même. Parfois, ils l’utilisent essentiellement pour coordonner l’apparence globale et le traitement des aspects visuels du spectacle. Dans certains cas, surtout si le concepteur de la maquette se double lui-même d’un habile artisan, bon nombre des accessoires sont déjà détaillés dans la maquette proprement dite. Et c’est sans compter cette zone grise entre les fabricants des accessoires et les constructeurs du décor, appelée « habillage du décor », qui concerne tous ces objets fixés aux différents éléments du décor contribuant à définir le lieu, le temps et le contexte de l’histoire.
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